Bordj Bou-Arréridj : Les quartiers renouent avec l’animation

Les habitants de la wilaya de Bordj Bou- Arréridj, qui sont restés cloîtrés chez eux durant le Ramadhan 2020, à cause de la pandémie de coronavirus, n’ont pas raté l’occasion de sortir la nuit durant la même période de cette année. Ils ont pris d’assaut les cafés qui ont ouvert leurs portes contrairement à l’année dernière, les espaces publics comme les jardins et les places, et même les structures culturelles qui ont accueilli elles aussi le public après une longue période de fermeture.
Des espaces comme la maison de la Culture ou le complexe culturel qui attiraient des milliers de spectateurs chaque année ont commencé à attirer les mélomanes et autres amateurs de théâtre qui les ont désertés de peur d’attraper la maladie. Il a fallu quand même observer un protocole sanitaire pour éviter cette situation. Ce n’était pas l’ambiance des grands jours pour ces espaces.
Mais la reprise du contact entre les artistes et leur public a donné chaud au cœur aux deux parties. Avec cette animation, les habitants de la wilaya sont revenus aux habitudes de l’avant-pandémie ou presque, puisque les visites familiales qui faisaient l’essentiel de l’animation durant le mois béni auparavant a manqué.
Beaucoup d’entre eux préféraient les lieux ouverts. Ce qui a donné aux rues et autres jardins des impressions de grandes concentrations. Un endroit comme la citadelle qui se trouve au centre de Bordj Bou- Arréridj, où sont proposés des jeux pour enfants, des bancs pour les visiteurs et plusieurs kiosques, est bondé chaque soir, à la grande joie des familles de la région. Cette animation a augmenté de plusieurs crans les derniers jours du mois béni, qui sonne comme une revanche sur l’histoire récente de la wilaya marquée par le confinement. Aïd-el-Fitr oblige, les magasins des vêtements et de chaussures attirent eux aussi beaucoup de monde.
Les commerçants qui ont accusé des pertes énormes l’année dernière se frottent les mains, puisque cette situation leur permet de rattraper le manque à gagner qu’ils ont enregistré. Ce succès a poussé des dizaines de jeunes à se lancer dans la filière le temps de quelques jours. Ils ont installé des tentes, des étals et des tables où ils proposent les mêmes articles à des prix concurrentiels. Un quartier comme El-Koucha, qui se trouve au centre-ville, est devenu la prédilection des acheteurs pour ce genre de produits. Ce quartier qui compte le maximum de vendeurs de vêtements et de chaussures a été transformé en un centre commercial à ciel ouvert.
Mais on n’y vend pas que ces produits. Des friandises, des jouets pour enfants et même des grillades sont proposés aux passants. Tout est bon pour exploiter la circonstance. Mais cette effervescence a donné une ambiance particulière à la ville. À El-Koucha, il est difficile de se frayer un chemin, tant tous les espaces sont occupés. Les trottoirs, les bas-côté et bien sûr les rues sont marqués par une circulation monstre. Le tout se fait dans un brouhaha indescriptible. Dommage que cette animation s’est faite au détriment du respect des mesures barrière. En effet, rares sont ceux qui portent la bavette. L’obligation de le faire s’arrête aux devantures des magasins ou elle est inscrite. Pour la distanciation sociale, il faudra repasser. D’autres endroits aussi attrayants comme les 300-Logements ou encore la route de Bir Snab, qui connaissent la même affluence, sont dans la même situation, comme si la pandémie avait disparu. C’est vrai que les affaires ont repris, la vie aussi. Mais ce relâchement risque de les tuer dans l’œuf. On comprend pourquoi le wali de Bordj Bou-Arréridj a tiré la sonnette d’alarme, à l’occasion de la réunion du comité de suivi du coronavirus, en appelant au renforcement des mesures de campagnes de sensibilisation et de désinfection des lieux publics. À propos de désinfection, les agents de nettoiement avaient fort à faire après l’extinction des feux à El- Koucha et les quartiers similaires. Le CET, qui gère la collecte des ordures, avait annoncé une augmentation certaine des déchets durant le mois béni, dont les cartons.
Mais ceux qui s’occupent de l’opération avaient apparemment l’esprit ailleurs ou même dans les achats à côté des citoyens.
F. D.

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