lundi 19 octobre 2020 15:50:36

Villages Illitene et Ath Mansour (Bouira) : «Rien n’est solitaire,tout est solidaire»

Pluies torrentielles. Vent rageant. Températures basses. Et soudain un temps printanier renaît, éclatant de ces éléments qui agissent librement à longueur de journée et de nuit, bien sûr. Le village Illitene, situé au piémont de Lalla Khedija, a connu les quatre saisons en l’espace de quelques jours.

PUBLIE LE : 25-04-2020 | 23:00
D.R
C'est dire, que de ce côté-ci du pays, la nature jouit encore de tous ses droits.
 
D’un quartier à l’autre, un calme absolu y règne. Les rares discussions, ébauchées par-ci et par-là, portent, toutes, sur le Coronavirus qui contamine la planète.  Gardant un œil sur le bilan et les différents scénarios qui foisonnent sur les réseaux sociaux, les habitants du village ont fait de la prévention et la vigilance leur mot d’ordre. Une attitude ferme est adoptée. 
L’organisation s’érige en une seconde nature. Des jeunes, à tour de rôle, sont «fixés» sur les deux entrées du village; l’une au lieudit «Vamar», côté Ath Hamadh, et l’autre, côté bas, menant à «Assif Assemadh». 
Une tente toute modeste est installée sur une route dégradée qui attend désespérément rénovation. Chaque véhicule ou engin qui passe sera désinfecté. En ces temps de Covid-19, Illitene s’appuie en grande partie sur les aides et l’esprit solidaire coutumier des villageois. Les bienfaiteurs sont là, présents. A chacun ses moyens. 
Certains assurent des approvisionnements, notamment aux nécessiteux. D’autres affirment leur entière disponibilité pour le transport. La citation de l’illustre Victor Hugo «rien n’est solitaire, tout est solidaire» prend tout son sens. Dans les après-midi, on voit quelques jeunes se permettre des séances de jogging au milieu d’une nature panoramique. Ce n’est pas tout. Les quartiers semblent prendre leur destin en main. 
 
Des travaux de rénovation son menés. 
Le village reprend de la couleur. Sur toutes les bouches, un seul vœu : que le Coronavirus «prenne ses valises et signe un aller sans retour», pour reprendre les propos d’un sexagénaire.  
Les femmes âgées, n’ayant pas accès à l’école, donc à l’alphabétisation, peinent à cerner l’alpha et l’oméga de la pandémie. «Cela ne vas pas durer», répètent-elles, d’une seule voix. Une autre destination nous conduit à Ath Mansour, un autre village de la daïra de M’Chedallah. Rien n’est laissé au hasard. Dès le 18 mars dernier, une cellule de crise est mise en place, pour commencer son activité le lendemain. 
Au début, les désinfections ont concerné les espaces alimentaires et les stations d’essence, parce que très fréquentés. Au fil des jours, les citoyens, unis comme un seul homme, procurent des groupes électrogènes, des citernes, des tracteurs… A Ath Mansour, la bienfaisance semble trouver son royaume. 
Etant à la tête de l’Association «Jeunesse sans frontières» qui a encadré les différentes opérations de solidarité, Nadir Betatache affirme que des sorties s’effectuent sur 10 à 15 sites.  Un sacerdoce quotidien. «Quoi de meilleur que de rentabiliser son effort et sacrifice en assistant les siens, notamment en cette dure épreuve ?», s’interroge notre interlocuteur. Les opérations de désinfection, affirme-t-il, se poursuivent sans répit, y compris en ce mois sacré de Ramadhan. On veille, comme à la prunelle de ses yeux, sur le dosage idéal en eau javellisée ou en chlore.  Des spécialistes en la matière sont sollicités. Et comme partout, cette crise sanitaire n’était pas sans conséquences sur le monde du travail, précisément sur les entreprises et les salariés. Nombreux parmi ces derniers se retrouvent, subitement, sans emploi.  Une situation difficile à gérer, sinon ingérable. Très active et forçant respect et admiration, l’Association JSF a entamé une campagne de collecte d’argent ou d’autres aides chez les entrepreneurs et émigrés. Ainsi, explique M. Betatache, trois cents parts sont dédiées exclusivement à ces gens sans emploi aujourd’hui.  
Le panier est riche. De la semoule, de l’huile, des produits alimentaires diversifiés. La collecte est à hauteur de 120 millions de centimes. L’Association ne compte pas marquer une pause en ce mois de jeûne. Au contraire. Les villageois se préparent. 
Une main forte sera prêtée notamment aux nécessiteux. Enfin, cet élan de solidarité n’est pas nouveau chez «Ath Mansour». 
L’Association JSF, affirme son premier responsable, a obtenu 10 autorisations du chef de daïra pour circuler même en moment de confinement. A Illitene, Ath Mansour ou les autres villages limitrophes, l’heure est à la solidarité, à l’entraide, et les habitants ne comptent pas baisser les bras. 
Fouad Irnatene
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