Culture

dimanche 18 novembre 2018

Projection en avant-première du film Lotfi : Parcours héroïque du plus jeune colonel de l’ALN

PUBLIE LE : 02-04-2015 | 0:00

Quelques semaines après la projection du film biographique, Krim Belkacem, Ahmed Rachedi a signé hier un nouveau biopic du plus jeune colonel de l’Armée de libération nationale (ALN), à savoir le colonel Lotfi, Dghine Boudghene Bénali de son vrai nom.

Projeté en avant première à la salle Ibn Kheldoun d’Alger en présence de l’équipe du film, cette production du ministère des Moudjahidines retrace le parcours du militant, stratège de guerre, et homme politique Lotfi, depuis son engagement à partir de sa ville natale Tlemcen, jusqu’aux sommets de responsabilité qu’il a assurée à l’âge de 26 ans en tant que colonel. Le film axe, notamment sur la mort du colonel Lotfi tombé au champ d’honneur le 27 mars 1960 à Béchar, au sud algérien. Pour le réalisateur Ahmed Rachedi, ce film est une «référence documentaire visuelle de l’histoire de la Révolution algérienne». Il s’inscrit dans le cadre de la série de films faisant les louanges des chefs historiques de la guerre de Libération nationale. Il indique à cet effet que  Lotfi, se distingue de ses précédents films à savoir Mustapha Ben Boulaid et Krim Belkacem, par le fait que le protagoniste soit très jeune et d’une grande capacité intellectuelle extrêmement importante. «Le colonel Lotfi était instruit, c’était un lecteur vorace, il a donné un nouveau souffle à la Révolution algérienne, il était également un stratège hors pair et un grand homme de terrain, il avait l’Algérie au plus profond de son cœur, et le fait de se retrouver avec le grade de colonel à l’âge de25 ans prouve tout le bien que pensait de lui le commandement militaire de l’ALN», a, notamment indiqué Ahmed Rachedi à l’issue de la projection du film.
Le réalisateur est revenu sur la phrase culte «Un seul héros, le peuple» de la Révolution algérienne pour indiquer que des leaders de grande sagesse planifiaient et menaient les moudjahidines à exécuter les opérations. «Nous réalisons ce genre de films par devoir de mémoire, afin de rendre hommage aux grands moudjahidines qui ont sacrifié leur vie pour que l’Algérie vive libre et indépendante», a-t-il encore ajouté. Sur un scénario écrit par Sadek Bakhouche et Ahmed Rachedi, le film qui met en tête d’affiche l’acteur Youcef Sehairi dans le rôle du colonel Lotfi,  dépasse le timing d’un biopic pour une durée de 171 minutes. L’abus des scènes d’accrochages entre Moudjahidines et armée française et la longueur des séquences installent des passages à vide dans la trame. Le film met l’accent sur les premiers pas du colonel au maquis, ses promotions dans la hiérarchie militaire, sa rencontre avec sa femme Fatima Méchiche, son plan pour passer les lignes Challe et Maurice, ainsi que le rôle important qu’il a joué avec la délégation algérienne à l’extérieur, notamment en Egypte et à Tripoli. Le réalisateur a, par ailleurs, mis en exergue le grand nationalisme et l’esprit du sacrifice qui faisait du colonel Lotfi un leader du premier plan. Il ne cessait de répéter aux autre moudjahidines lors des réunions tenues à l’étranger à l’exemple de celle de Tripoli en 1960 la phrase suivante : «Que fait-on ici alors que nos frères meurent en Algérie. Nous devons rentrer au pays et prendre les armes». Chose que le colonel a pratique mentfaite en 1960 pour aller rencontrer son destin un certain 27 mars 1960 à Béchar. Une embuscade musclée a été préparée suite à un renseignement. Le chahid a rendu l’âme avec quatre de ses frères d’armes dont le commandant Ferradj dans d’âpres conditions. L’apothéose  fut grandiose, de la même dimension de la grandeur de son nationalisme et de son dévouement, il embrasse le sol algérien à son agonie.     
Kader Bentounès