Nation

samedi 18 novembre 2017

51e anniversaire de l’IndEpendance : Mémoire et Miroir

PUBLIE LE : 07-07-2013 | 0:00

Transports d’armes
De l’odyssée du Dina au périple du Brézat

n Par Salah Arezki
 
L’histoire de la guerre de Libération n’est pas faite uniquement de hauts faits d’armes, et de succès politiques et diplomatiques. Il y a eu aussi derrière les combats sur le terrain, la bataille du renseignement, les manipulations, et les tentatives d’opposer la contre-révolution à la volonté du peuple algérien d’en finir avec la colonisation. C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’aventure, parfois épique, des transports d’armes par bateaux. 
 
Les services spéciaux français ont tenté de créer des contre-maquis, dirigés par des agents à leur dévotion, notamment avec l’opération «Oiseau bleu», en Kabylie, la «Force K» de Kobbus, alias Benhadj dans l’Ouarsenis, et le «fief» mobile de Bellounis. Des opérations destinées à déstabiliser et à faire imploser l’ALN, et qui ont été marquées, l’une après l’autre, par un échec cinglant. Parallèlement à ces tentatives d’enrayer les progrès et l’extension de la lutte armée, la puissance coloniale a mené des actions en vue de contrarier le ravitaillement en armes des combattants de l’ALN. C’est dans ce contexte que se situe l’arraisonnement de l’Athos, transportant 80 tonnes d’armes à destination de Tanger, au Maroc. Cet épisode est le plus connu, essentiellement parce que les médias français l’ont monté en épingle, et ont fait le maximum de bruit autour de l’arraisonnement du navire, le présentant comme une victoire décisive. Or, il n’en était rien puisque des dizaines d’autres «Athos», avant et après celui-ci, ont sillonné les mers, et acheminé leurs cargaisons à bon port. Ce fut le cas du yacht royal jordanien «Dina», littéralement pris à l’abordage et «réquisitionné» par un commando de l’ALN, ou du «Brézat», un navire bulgare qui réussit à déjouer le dispositif de surveillance français en Méditerranée.  
Tout a commencé avec une histoire d’ancienne princesse d’Egypte, celle de Dina, qui s’était vue offrir un yacht en cadeau de fiançailles par le Roi de Jordanie, à sa future, et éphémère reine (1). Le bateau de croisière était amarré dans une darse de Port-Saïd, attendant le bon vouloir de sa royale propriétaire, qui était alors en voyage de noces, lorsqu’il fût décidé entre Algériens et Égyptiens qu’il devait servir à des fins, disons moins aristocratiques, mais plus nobles. Plus tard, on a beaucoup fantasmé sur ce yacht royal, et l’épopée du transport d’armes a pris les allures d’un conte des Mille et une nuits, où le «Dina» aurait fait office de tapis volant. Certains auteurs ont même rapporté que la reine Dina n’a su qu’après l’indépendance de l’Algérie que son bateau avait contribué à la lutte armée, et à la victoire. La plupart des récits, le plus souvent alimentés par les débordements de l’imagination, ont pour source les témoignages des principaux protagonistes de l’odyssée du Dina, un scénario égypto-algérien. Si les péripéties du «Dina», et de sa cargaison d’armes, de Port-Saïd à Nador, alors enclave espagnole en territoire marocain, puis de Nador à Ghazaouet, ne soulèvent aucune contestation, les origines et les caractéristiques du bateau ne font pas l’unanimité. L’ancien chef des renseignements égyptiens, Fethi Dib (2), ne laisse aucune place au doute : le «Dina» était bien un yacht princier, dont un groupe de résistants algériens, parmi lesquels un certain Boumediène, avaient pris possession en février 1955, pour servir au transport d’armes. En revanche, pour ce qui est du bateau proprement dit, il n’est pas sûr qu’il se soit agi du yacht rutilant, et luxueux, qui a été décrit par maints historiens et écrivains. La première version, la plus crédible et qui contredit les affirmations selon lesquelles il s’agissait d’un yacht, viennent de l’un des responsables de l’expédition, Nadir Bouzar (3). Voici la description qu’il fait de «Dina» : « Peut-on appeler ça un bateau ? Onze mètres de long. Deux moteurs à mazout. Pas de radio. Une cale dont l’ouverture donne sur le pont arrière. Une chambre à moteurs. Une minuscule petite cale à l’arrière où peuvent se mettre deux ou trois hommes.» 
Toutefois, les quantités d’armes que ce «rafiot» est susceptible de transporter sont loin d’être négligeables, comme il l’affirme : « 21 tonnes d’armes automatiques et individuelles, de grenades et de munitions. Je me suis presque battu pour qu’on laisse embarquer les munitions en même temps que les armes et il a fallu abandonner 7 tonnes et demie des précieuses caisses sur le rivage pour disposer de la place nécessaire à un chargement prévu plus loin. Quelle rage ! Oui, l’émouvant départ ! Je vois encore le fournisseur d’armes, venu nous saluer sur notre rafiot, dans la rade, après que j’eus embarqué matériel et hommes.» 
Quoi qu’il en soit, les armes, ou du moins la plus grosse partie de la cargaison va arriver à destination, et une partie notable de l’odyssée va se jouer sur terre, entre Nador et Ghazaouet, d’où était venu le groupe d’une vingtaine de militants chargés par Ben M’hidi de convoyer les armes et les munitions. D’après le récit qu’en a fait le chef du groupe, Mohamed Sayah dit Si Slimane, le «Dina» était échoué, et les hommes durent plonger à plusieurs reprises, et dans une mer démontée pour récupérer les caisses d’armes et de munitions. Au total, 13,5 tonnes de matériel, notamment des fusils de guerre, des mitraillettes et des pistolets, seront récupérées, et acheminées en terre algérienne. Un an et demi plus tard, en octobre 1956, le sort sera moins favorable puisqu’une cargaison beaucoup plus importante va tomber entre les mains de l’ennemi, avec l’arraisonnement de l’Athos. Si les armes saisies ont constitué un manque à gagner pour la Révolution, les répercussions politiques et diplomatiques de cet acte de piraterie d’Etat seront désastreuses pour la puissance coloniale. De plus, en dépit du dispositif de maillage de la partie sud de la Méditerranée, d’autres bateaux comme le «Brézat», déjoueront ces embûches, et parviendront à livrer leurs cargaisons.
 
L’exploit du capitaine Valtchanov
 
C’est un épisode très peu connu de l’histoire des livraisons d’armes aux combattants de l’ALN, et dont nous devons les détails au récit, de notre ami Kamel Bouchama, ancien ministre et ancien ambassadeur. En juin 2012, Kamel Bouchama s’est rendu en Bulgarie, et il y a rencontré le capitaine Vassil Valtchanov, marin au long cours et héros de l’un des épisodes les moins connus de notre guerre de Libération. Il a acheminé, en effet, à bon port l’un des plus importants lots d’armes de guerre destinés à la lutte armée pour l’indépendance. C’est au début de l’année 1960, que deux ministres du GPRA, Abdelhamid Boussouf (Armement et liaisons générales) et Ahmed Francis (Finances) se rendent en Bulgarie pour négocier des livraisons d’armes. C’est ainsi qu’ils obtiennent, facilement, l’accord des autorités bulgares pour la fourniture de 2.000 tonnes d’armes, dont 240 tonnes de TNT et 4 canons antiaériens, qui seront acheminés par voie maritime, à bord du «Brézat». 
Et c’est précisément le capitaine Valtchanov qui aura la lourde charge de commander le navire et de le mener à bon port, en l’occurrence celui de Tripoli en Libye. Mais comme il faut déjouer la surveillance de l’armée turque, membre de l’OTAN ne l’oublions pas, et plus encore celle de la marine française, il fallait ruser, louvoyer.  Comme aucun navire ne pouvait franchir ce dispositif sans subir la fouille, et un grand nombre de bateaux avaient été arraisonnés, ou déroutés, à cause du contenu de leurs cales. Le manifeste du «Brézat» mentionnait le transport de machines, d’équipements divers, et d’engrais chimiques destinés à l’Albanie. Ainsi, après avoir suivi la route maritime vers l’Albanie, il bifurque vers la Crète, et de là, il met le cap directement sur Tripoli, et plus précisément sur un port plus discret sur la côte libyenne, où il jette l’ancre au mois de mai 1960. L’année d’après, un autre navire de même nationalité, le «Bulgaria», va acheminer 6.500 tonnes de matériel militaire, jusqu’à la ville marocaine de Tanger. Une revanche sur l’aventure inachevée de l’Athos, et de ses 200 tonnes d’armes saisies, un piètre butin au regard des quantités livrées par ces deux seuls navires bulgares.
S. A.
 
(1) Dina Abdelhamid a régné, en effet, moins d’un an, puisque le couple royal qui s’est formé en 1955 s’est disloqué en 1956.
(2) Djamal Abdenasser et la Révolution algérienne, par Fethi Dib.
(3) L’Odyssée du Dina, par Nadir Bouzar, préfacé par Ahmed Ben Bella (Bouchène-ENAG).
 

L’Algérie qui gagne 
 
 
L’Algérie célèbre le 51e anniversaire de son indépendance. Il faut dire que l’indépendance nationale arrachée au prix fort par nos valeureux martyrs et moudjahidines, a permis aux sportifs algériens de se distinguer dans différentes disciplines pour porter hauts les couleurs nationales. Ainsi, au bleu blanc rouge de la France, les sportifs algériens étaient fiers d’arborer le vert blanc rouge, couleurs du drapeau algérien, que nos différents champions ont honorés un peu partout dans le monde, en hissant haut l’emblème national.
 
Il est vrai qu’avant même le recouvrement de l’indépendance, des sportifs algériens ont réussi à s’illustrer, mais contraint de représenter, malgré eux, un pays qui n’était pas le leur. Une fois l’Algérie libre, ils étaient fiers de représenter leur patrie libérée du joug du colonialisme destructeur. L’Etat algérien s’est déployé à mettre en place les infrastructures nécessaires dans les différentes régions du pays afin de permettre aux amateurs de sport de pratiquer leur passion et favoriser l’émergence d’une élite nationale capable de faire bonne figure au sein du gotha continental, régional et international. L’Algérie a pu se distinguer dans diverses disciplines. La boxe, l’athlétisme, le handball, le football, le basket, le volley, le judo, le karaté et les arts martiaux, principalement, ont valu à l’Algérie de nombreuses distinctions.
 
 Ils nous ont fait rêver 
 
 Qui ne connaît pas dans le monde les Hassiba Boulmerka, Noureddine Morceli, Rachid Makhloufi, Rabah Madjer, Lakhdar Belloumi, Azziz Derouaz, Abdelkader Ould Makhloufi, Loucif Hamani, Mohamed Benguesmia, les frères Meridja, Salima Souakri, Said-Guerni Aissa Djabir, Benida Merah, Amar Benyekhlef et bien d’autres, beaucoup d’autres, qu’on ne pourra pas tous les citer malheureusement. Qui ne se souvient pas des premières médailles olympiques pour l’Algérie, décrochées brillamment par les boxeurs Mustapha Moussa et Mohamed Zaoui, qui avaient remportés le bronze lors des Jeux Olympiques de 1984, à Los Angeles (USA) ? Qui ne se souvient pas de l’exploit de l’EN 82, des Merzekane, Cerbah, Assad, Belloumi, Fergani, Zidane, Madjer, Mansouri, Kourichi, Dahleb et Guendouz qui a battu la grande équipe de la RFA des Rummenigge, Kaltz, Schumacher, Breitner et autres ? Qui ne se souvient pas des exploits de Morceli, champion olympique du 1500 m en 1996 à Atlanta, champion du monde 1500 m en 1991 à Tokyo, 1500 m en 1993 à Stuttgart, 1500 m en 1995 à Göteborg, record du monde 1500 m en 1992 en 3’28’’86, 1500 m en 1995 en 3’27’’37, Mile en 1993 en 3’44’’39, 2000 m en 1995 en 4’47’’88, 3000 m en 1994 en 7’25’’11 (rien que ça ! L’un des meilleurs athlètes de tous les temps sur la scène mondiale) ? Qui ne se souvient pas de Hassiba Boulmerka, championne d’Afrique 800 m en 2’02’’89, 1500 m en 4’08’’33, championne olympique 1500 m en 1992 à Barcelone, championne du monde 1500 m en 1991 à Tokyo, 1500 m en 1995 à Göteborg ? Qui ne se souvient pas  des six titres africains (1981, 1983, 1985, 1987, 1989, 1996) remportés haut la main, par l’EN de handball drivée par l’émérite Aziz Derouaz pour les cinq premières et Djaâfar Belhocine pour la 6e , avec de brillants éléments comme les Bouanik, Boudrali, Bendjemil, Azeb, Benmeghsoula, Bouzrar, Doballah, Bouchekriou and Co ? Qui ne se souvient pas de la fameuse talonnade de Madjer, cité jusqu’à aujourd’hui,  à chaque fois qu’un joueur de football fait le même geste magique, lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions qui a permis au FC Porto de remporter le trophée face à un géant du vieux continent, le Bayern Munich ? Qui ne se souvient pas de la phase finale de la CAN-1990 organisée chez nous, que l’EN drivée par feu Abdelhamid Kermali a gagnée sur une belle frappe de Chérif Oudjani ? Qui ne se souvient pas des belles consécrations du MCA, de la JSK et de l’ESS en coupe d’Afrique des clubs ? Tout ce beau monde et d’autres athlètes de différentes disciplines nous ont permis de vivre de bons  et grands moments. Ils nous ont permis de vibrer et de vivre les plus beaux moments du sport algérien. Il est certain que nous ne les avons pas tous mis en exergue aujourd’hui, mais nous voulions seulement dire, que notre beau et grand pays regorge de talents, d’hommes et de femmes capables de hisser haut l’emblème national qui flotte dans un pays libre au prix du sang de ses martyrs.
 
Quand Kassaman retentit dans tous les contrées du monde 
 
 Le sport peut être un indicateur illustratif de l’épanouissement d’une société. Taoufik Makhloufi, champion olympique des JO de Londres-2010, vient nous rappeler que l’Algérie qui gagne est toujours-là !  Lorsque retenti l’hymne national Kassaman dans les différentes contrées du monde, le peuple algérien qui retient son souffle avant les premières notes de l’hymne et qui essuie ses larmes de fierté et d’amour pour son pays, à la fin de l’hymne, ne peut ne pas avoir une profonde pensée pour les hommes et les femmes d’Algérie qui ont défié au prix de leur vie l’une des plus puissantes armées du monde pour que vivent libres les enfants d’Algérie. 
Le 5 Juillet que nous célébrons aujourd’hui, grâce à eux et aussi honoré d’une certaine façon à chaque fois qu’un athlète ou une équipe algérienne monte sur la plus haute marche du podium ou s’illustre d’une manière ou d’une autre. A ce moment-là, beaucoup d’entre nos martyrs ne peuvent qu’être fiers et dignes de ce qu’ils ont accompli avec bravoure, conviction et détermination en se dressant comme un seul homme contre le colonisateur. La dignité n’a pas de prix pour les hommes libres et les Algériens sont des hommes libres, leur lutte de Libération nationale en est une preuve. La glorieuse équipe de football du FLN, a elle aussi, contribué à travers le sport à faire connaître la cause nationale. Pour dire l’importance que revêt le sport…
M. A. A.  

Culture  
51 ans après l’indépendance : L’État au secours  de la créativité
 
51 ans après l’indépendance de l’Algérie, l’Algérien investit dans l’import-import et alourdit, chaque année, la facture des importations, mais ne misera pas un dinar sur la construction d’une salle de cinéma où d’un théâtre, ni ne mettra un sou pour la production d’un film ou d’une pièce théâtrale, ni par ailleurs dans l’édition d’un livre.
Un festival national des danses populaires s’achève, et un autre, celui de la chanson raï, prend le relais, et ce dans une même ville : Sidi Bel-Abbès. Après les journées cinématographiques, une autre manifestation du septième art se manifeste à Béjaïa, ville qui s’anime au même moment chaque soir avec des galas artistiques à la faveur d’un festival de la chanson kabyle. À Tizi Ouzou, la danse est célébrée. L’événement est international. Bref, du hawzi à Tlemcen, de la musique ancienne à Guelma, alors que Constantine, qui prépare sa grande messe pour 2015, parce que élue Capitale de la culture arabe, enchaîne avec des événements culturels. La ville des Ponts accueille,  désormais, de grandes pointures du jazz, le malouf préserve son statut quand même et les «Layali Constantine» maintiennent le rythme des soirées agrémentées de musique. 51 ans après l’indépendance de l’Algérie, la culture reprend son droit dans un pays, faut-il le rappeler, à chaque fois secoué, d’abord, par un terrible vent de l’extrémisme religieux qui interdit et ne tolère aucune expression artistique, ensuite durant une décennie par un terrorisme qui a menacé l’État dans son fondement. Des poètes, des chanteurs, des comédiens, des cinéastes, des écrivains sont assassinés alors que d’autres sont morts en terre étrangère d’un exil forcé.
Ce détour s’impose pour mesurer que ce qui se passe actuellement sur la scène nationale en matière de culture et mérite qu’on l’apprécie à sa juste mesure. Autrement dit, la tendance ambiante est à la banalisation, un peu comme si l’Algérien n’apprécie plus rien. Il a beau rallier Sétif en deux heures, Oran en trois heures, grâce à l’autoroute, il trouvera toujours quelque chose à redire. Et dire qu’il lui fallait deux à trois fois plus de temps, il y a, à peine quelques années, mais. Idem pour le métro, grâce auquel il faut à peine quinze minutes pour aller de la Grande-Poste à Hay El Badr. En voiture, cela demande au moins trente minutes. C’est pareil pour la culture. De pratiquement zéro événement, on passe à plus d’un cent cinquante festivals nationaux et internationaux, des voix brisent le silence pour crier «halte au gaspillage !» Ainsi donc, financer des événements culturels, des projets, la création artistique est du «gaspillage». Une position qui n’est pas loin de l’extrémisme religieux. Mais le pire aujourd’hui, l’inacceptable est sans doute le fait que ces voix qui s’insurgent se comptent aussi parmi «les alliés» logiquement de la culture. Marseille est capitale européenne de la culture, et en pleine crise financière et économique, de gros budgets sont alloués, mais personne, aucune voix n’est venue contester l’investissement dans les infrastructures et la création culturelles. C’est une affaire de culture, visiblement.
51 ans années après l’indépendance, alors que la chanson, le théâtre, le cinéma ont porté haut l’étendard de l’Algérie au combat contre le colonialisme, dans les tournées artistiques dans les pays qui ont soutenu le soulèvement du peule algérien, la culture est la passerelle idéale pour le rapprochement des peuples et des pays ; la culture reste la meilleure vitrine d’un État, la culture enfin reflète au mieux notre identité et notre ouverture sur les autres, leurs identités et leurs civilisations.
Et c’est pourquoi 51 ans après, l’Algérie finance toujours des projets culturels et investit dans des infrastructures culturelles pour que chaque algérien ait droit au Smic culturel, à savoir la possibilité de lire un livre dans une bibliothèque de sa ville où de son village, avoir le droit de voir un film au cinéma, apprécier une pièce théâtrale dans sa maison de la Culture, une exposition, un spectacle musical… Dans le domaine de la culture comme un peu ce qui se passe dans le secteur économique, 51 ans, c’est rien dans la vie d’un pays ; 51 ans, c’est court pour changer les mentalités, le cours des choses. On parle, depuis des années, de l’après-pétrole et de la diversification de notre économie, et nous sommes toujours dépendants des ressources financières du seul secteur des hydrocarbures.
51 ans après notre indépendance, force est de constater que l’État était et reste le producteur, l’unique, de la création artistique. Pourtant suite au premier choc pétrolier qui a déstabilisé l’Algérie faute de recettes financières, l’initiative privée a droit de cité. Dans le domaine culturel, des coopératives de cinéma et de théâtre, dans un premier temps, puis carrément des sociétés privées ont vu le jour, grâce à des maisons d’édition aussi, mais en vain. L’État viendra au secours des premières tentatives, avec un apport financier et un apport en infrastructures, mais, là aussi, le vent du changement de cap s’essoufflera rapidement et sans un autre appui — cette fois plus conséquent de l’État — tout aurait été à l’arrêt total dans tous les domaines de la création artistique, excepté, peut-être, celui de la musique et de la chanson.  
Pour ne citer que quelques exemples, le Fonds d’aide à la création cinématographique est relancé, et au bout des courses, des films sont produits, l’aide à l’édition a bénéficié d’un forte aide avec l’achat de 1.500 exemplaires de titres édités, et ce sont alors 1.000 ouvrages annuels qui sont comptabilisés. 
51 ans après l’indépendance de l’Algérie, l’Algérien investit dans l’import-import et alourdit chaque année la facture des importations, mais ne misera pas un dinar sur la construction d’une 
salle de cinéma où d’un théâtre, ni ne mettra un sou pour la production d’un film ou d’une pièce théâtrale, ni par ailleurs dans 
 
l’édition d’un livre. Le constat est là. L’État, saisissant l’importance du secteur de la culture, met toujours la main à la poche et puisera l’argent nécessaire pour que soit maintenue l’activité culturelle en Algérie. Et c’est tant mieux, pour l’instant, faute d’une autre alternative.
Abdelkrim Tazaroute
 

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