Culture

dimanche 18 novembre 2018

Festival Culturel International de la Calligraphie arabe : De l’écriture aux arabesques

PUBLIE LE : 30-05-2013 | 0:00

Grand déploiement des finesses et techniques dans le procédé artistique qui dessine avec un art qui se perpétue depuis un lointain passé, l’écriture arabe, qui se mue sous les couleurs de l’encre en une multitude d’arabesques dans cette floraison de productions de divers horizons.


Véritable tremplin pour les artistes désireux de se faire connaître dans cette discipline, la manifestation très attendue par les experts mais aussi les néophytes, qui offre aux yeux du visiteur un large aperçu esthétique de ce savoir-faire hérité depuis l’avènement de l’islam, en est déjà à sa 5e édition. Ouverte depuis mardi dernier au musée de la Miniature, de l’Enluminure et de la Calligraphie dans le somptueux palais Mustapha-Pacha à l’architecture néo-mauresque, l’exposition à laquelle étaient présents les délégations étrangères des nombreux pays arabes qui y figurent, plus d’une vingtaine au total, abrite une centaine d’exposants dont 40 calligraphes algériens et 35 étrangers parmi lesquels des artistes femmes dont la dextérité n’a rien à envier à leurs homologues masculins. Tous ces artistes calligraphes qui ont une haute maîtrise de cet art aux origines de la civilisation musulmane sont venus des pays comme la Tunisie, le Maroc, l’Indonésie, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Iran, la Turquie et de bien d’autres pays car la liste est longue. Dans le beau patio du palais situé dans la Basse-Casbah, on pouvait remarquer les allées venues d’une foule de visiteurs  et entendre les cliquetis de leurs appareils de photo pour immortaliser l’événement, des personnes affairées autour des nombreuses productions accrochées sur les cimaises dans ce décor de chambres aux murs ornés de faïences anciennes. Grand déploiement des finesses et techniques dans le procédé artistique qui dessine avec un art qui se perpétue depuis un lointain passé, l’écriture arabe, qui se mue sous les couleurs de l’encre en une multitude d’arabesques dans cette floraison de productions de divers horizons, se décline sous tous ces caractères et ses formes avec à l’intérieur du tableau des signes et des images qui sont autant de rappels de la calligraphie algérienne qui avait connu ses heures de gloire avec les frères Racim, ces derniers l’ayant dotée d’un cachet typiquement algérien. Cet art qui a connu son véritable essor avec la Révélation coranique donne à voir ici toutes une multiplication de styles et d’expression calligraphies aussi différents et singuliers les uns que les autres que  l’on découvre les uns après les autres avec des particularités esthétiques d’un créateur à un autre.
 Les secrets de l’art calligraphique arabe se retrouvent dans une discipline très prisée et qui avait surtout  à l’origine  permis la diffusion du Coran en Arabie et dans les zones d’expansions de l’islam et dont la plus ancienne écriture est le Hidjazi simple et cursive et celle Coufique plus élaborée et plus soignée et calibrée qui apparaît au IXe siècle.
Dans la présente exposition plusieurs écoles de la calligraphie se côtoient, on distingue celles arabes, latines et extrême-orientale qui permettent d’appréhender cet art dans toute sa beauté avec tout de même une différence entre la calligraphie algérienne qui innove un peu plus dans la technique dans un mélange de peinture abstraites et de matières sablonneuses et celle des pays arabes qui, si elles restituent le texte sous des formes traditionnelles n’en est pas moins classique et fidèles aux anciens procédés.
Le festival ouvert le 28 se poursuivra jusqu’au 4 juin, il sera pour les amateurs de cet art un rendez-vous incontournable qui favorisera l’émulation et l’échange d’expériences entre les artistes toutes tendances confondues, ce qui va permettre aux nombreux créateurs de développer ensemble de nouvelles techniques en travaillant sur des styles différents. Dans l’une des chambres du palais se trouve un grand manuscrit du Coran édité par le Qatar et offert au musée par la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, qui devait inaugurer le festival mais qui n’a pas pu le faire en raison d’un déplacement  en Serbie.
    L. Graba

Artciles Connexes