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mercredi 19 dcembre 2018

Le Mama inaugure aujourd’hui l’exposition : « Les photographes de guerre, les Djounoud du noir et blanc » Les instantanés inoubliables de l’Histoire

PUBLIE LE : 14-05-2013 | 0:00

M. Mohamed Djehiche, directeur du musée d’Art moderne et contemporain d’Alger, accompagné du photographe et commissaire de l’exposition, M. Lyès Meziani, étaient les invités hier du centre de presse d’El Moudjahid pour la présentation, dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance, du programme de l’exposition première du genre dans la mesure où elle allie un thème politique comme la guerre de Libération nationale à une préoccupation esthétique de la représentation de l’image par des acteurs de la guerre d’indépendance et de professionnels de la photographie internationaux qui ont pris part avec un engagement sans faille aux combats libérateurs des Algériens. Les organisateurs ont choisi l’espace de notre quotidien pour faire l’annonce de cet important événement parrainé par le ministère de la Culture et l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel.
La présente exposition fait suite à quelque 35 expositions organisées depuis 2006 par le musée avec au total une moyenne de 4 expositions annuelles. Le titre de l’exposition qui fait explicitement référence aux milliers de soldats montés au front qui avaient appliqués à la lettre la devise de l’un des plus grands reporters photo qui s’appelait Cabat qui disait : « Lorsqu’on rate une photo c’est parce qu’on n’a jamais été aussi près du sujet », pour dire la nécessité du photographe d’approcher l’être humain pour saisir profondément l’émotion de l’instant présent. « Dans cette exposition qui comporte près de 200 photos avec plus de 15 photographes connus, dont 7 étrangers et 8 Algériens. Et une bonne cinquantaine inédites prises par des anonymes, toutes étaient des personnes qui ont risqué leur vie en mettant leur travail au service de l’Algérie.
Parmi les Algériens nous ne pouvons pas omettre Mohamed Kouaci, Si Kaddour Semmar, Fodil Kamel, Mohamed Tazine, Ali Larbaoui, Mohand ben Saoula, Mourad Ben Khodja et tant d’autres car le temps ne nous a pas permis de défricher toute la somme de photographies que nous avons trouvé aux archives nationales ou au niveau du CNDPI où la plupart des photos ne sont pas classées. » Le thème de l’exposition qui aurait pu tout aussi bien être pris en charge par le musée de l’Armée se déplacera cette fois au Mama pour des raisons plus esthétiques qu’historiques, selon le directeur M. Djehiche, car une photo livre un message visuel qui doit susciter de l’émotion et interpeller le spectateur. « Nous avons donc été amenés à choisir des photos qui répondaient plus à la typologie de notre musée, des choix parfois cruels car ce qui nous intéressaient c’était le cadrage, la composition mais seulement quand le photographe avait des balles qui volaient autour de lui, il ne se préoccupait pas de la qualité de l’image c’est pour cette raison que certaines photos exposées sont floues parce que ce sont des instantanés et que la prise était rapide pour ne pas perdre cet instant de l’histoire qui est en train de se dérouler », commente l’intervenant.
Contrairement aux photographes étrangers, la plupart des photographes algériens travaillaient avec des moyens dérisoires et sur le tas, les pellicules étaient développées dans le secret dans des studios en ville : « Nous avons choisi par ailleurs le titre de cette exposition un peu comme un jeu de mots pour dire que s’il y avait dans les maquis la contrainte de la guerre, toutes les difficultés et les aléas que cela comportait. 
Ces photographes, qui figureront sur les murs du musée donneront à voir des images de djounoud simples dans leurs activités quotidiennes, arrivaient à donner vie à un moment de l’histoire et surtout pour un besoin de mémoire, ces photos comme d’authentiques documents qui témoignent par l’image de la réalité de la guerre  n’étaient connues que par quelques-uns. Nous avons pu récolter pas mal de photos qui ont été réalisées par des anonymes dont on n’a aucune information.
Mais ce que je trouve émouvant dans toutes ces images ce sont les attitudes fières, ces gens qui tout en risquant leur vie semblent être sur un podium en train de braver le danger devant l’objectif », ajoute ce dernier qui précise que dans le choix de photos chaque artiste est représenté par une dizaine de photos. Il annonce en outre que des journées d’étude seront consacrées parallèlement  pendant deux jours (les 15 et 16 mai) avec la participation de plusieurs personnalités politiques comme Rédha Malek, Ali Haroun et Lamine Bechich, Ahmed Bedjaoui ou Merdaci, Tazaroute qui témoigneront de l’importance de l’audiovisuel pendant la guerre, scientifiques et médiatiques qui évoqueront le rôle et l’enjeu de ce moyen d’expression. Le Mama compte aussi rendre hommage au son à travers « la Voix de l’Algérie combattante » en consacrant un espace où les visiteurs pourront écouter la dernière émission radiophonique d’Aissa Messaoudi.
L. Graba

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