Culture

dimanche 18 novembre 2018

Karim Chaibi, historien et cartographe à Sétif : “Le 8 Mai 1945 à travers l’image d’archives”

PUBLIE LE : 11-05-2013 | 0:00

Le 8 Mai 1945 à travers l’image d’archives », c’est sur ce thème d’actualité que s’est penché, jeudi à la maison de la culture, un jeune Sétifien émigré, Karim Chaibi, auteur d’un ouvrage intitulé De Sitifis à Sétif qui s’est penché depuis quelque temps sur un sujet de recherche. Il a été invité à le présenter en ce 68e anniversaire des massacres d’un crime resté impuni.
Loin des discours traditionnels, des anecdotes et des témoignages, Karim Chaibi, écrivain et cartographe, s’attellera dans son œuvre à replacer les vérités de ce massacre  et leur étendue sur de multiples cartes et documents d’archives «démontées » à la source par l’occupant et les replacer dans leur contexte reel pour que les rôles ne soient plus inversés.
Dans cette autre vision de l’image, l’intervenant, venu pour assister à la commémoration du 68e anniversaire du 8 Mai 1945, ira de longues années durant replacer toutes ses cartes sur le terrain de la vérité, leur trouver leur signification, une légende et les faire sortir des ténèbres de l’incompréhension imprimée par tous ceux-là qui avait  fait en sorte que la vérité ne soit jamais comprise et n’émerge au grand jour.
Des archives dont la seule légende se rapportait à ce que l’on appelait alors « les événements du Nord constantinois» et qui seront  décortiquées par ce jeune qui parviendra à présenter un travail formidable en la matière, autant pour toutes les zones qui seront touchées par ces massacres que les mouvements des légionnaires, des tabors sénégalais, de la gendarmerie — qu’il dira avoir joué un grand rôle dans cette répression sanglante —, la police et l’armée française.
Dans tous ces mouvements qui lèveront donc la confusion sur toutes ces images d’archives et attesteront de la diffusion de ces massacres, l’intervenant retracera point par point, dès l’arrivée à Sidi Bel-Abbes de la légion d’honneur le 9 mai, puis celle des tirailleurs sénégalais, en plus, comme il le précisera, du rôle décisif de la gendarmerie et l’action immédiate de la police francaise. L’impact de cette première guerre de représailles a touché Sétif, Beni Azziz,  Ouricia, Beni Fouda, Aïn El Kebira, Amouchas, Aïn Roua et Bougaa jusqu'à Kherrata et Melbou d’où on ratissait large par les bombardements à partir de bateaux et de l’aviation.
Des cartes sur lesquelles rien ne semblaient relever de cette préméditation avérée, marquée par une stratégie relevant de l’abominable mais aussi des images que Karim Chaibi remontera, fera parler lorsque ces équipements militaires lourds arriveront de Tolga, ce village de Ouled Adouane brûlant au pied de djebel Megress. A partir du 15 mai, dira-t-il, cette grande opération de rassemblement opérée par les forces françaises « pour demander pardon » à l’effet de regrouper le plus de monde en fait pour les exterminer.
« Les massacres de Sétif vont durer en deux mois », dira l’intervenant montrant par la même le colonel Bourdilla envoyé dans cette région en 1943 et en face duquel une population d’Algériens, à genoux, prête à subir le même sort, alors qu’à Melbou le 22 mai, le général Henri Martin,  responsable des troupes françaises, ne faisait pas de détail.
Une conférence basée de bout en bout sur des supports vidéo qui ont mis à nu les intentions et les actes barbares du colonialisme français.
Farouk Zoghbi

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