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dimanche 18 novembre 2018

Abdelkader Chaâbane (ancien champion du monde militaire) : "Nous avons couru pour l’emblème national"

PUBLIE LE : 22-04-2013 | 0:00

Ce cycliste très athlétique, né le 8 janvier 1954, avait pratiqué cette discipline dans sa ville natale, Blida, dans la catégorie cadets (1969). Son évolution est vraiment formidable, puisqu'en étant junior, il évolue déjà parmi les séniors. En participant, en 1972 au tour de Tunisie avec les séniors, il se distinguera de fort belle manière en se classant à la 2e place. Deux années plus tard, il deviendra champion du monde militaire. Ce cycliste hors pair avait charmé les foules à chaque fois qu'il s'exhibe. Ce cycliste qui a fait ses classes à Blida (1971), la Sempac (1973, avait vraiment progressé durant cette année 1974 qui restera une année charnière pour lui. Au NAHD, il n'y restera que six mois, à cause de problèmes financiers. En optant pour le MPA (à l'époque de la réforme sportive), en 1977, il retrouvera sa voie, puisqu'il terminera sa carrière dans ce club. Il entamera même sa carrière comme entraîneur au MPA avant de passer par Sempac, la JSM Chéraga, l'ASV Blida. Aujourd'hui, il est un peu mécontent de voir les anciennes compétences du cyclisme algérien vivre dans l'oubli et ne sont pas utilisées, alors qu'ils peuvent encore apporter beaucoup pour cette discipline.

Pouvez-vous nous parler de vos débuts, mais aussi de l'état d'esprit de l'époque, et ce malgré le manque de moyens ?
J'avais débuté très jeune dans ma ville natale de Blida, dans la catégorie des cadets. Puis, j'ai commencé très tôt à grimper les échelons. J'ai réussi, en 1972, au tour de Tunisie, à me classer à la 2e place. Ce classement m'avait énormément encouragé, puisqu'en 1974, je suis devenu champion du monde militaire. En étant appelé sous les couleurs nationales, j'ai énormément progressé. Malgré le fait que les moyens matériels n'étaient pas ce que la discipline exigait d'un cycliste, on était animé d'une farouche détermination pour faire monter l'emblème national parmi celui des autres nations.
Justement, pouvez-vous nous renseigner sur l'amour pour les cyclistes des couleurs nationales ?
Je me rappelle d'une anecdote qui nous est arrivée en 1982 en Tchécoslovaquie, alors que nous participions à une compétition sur piste. Il y avait les grandes nations comme la RDA, la Bulgarie, la Pologne, la RFA et les autres pays d'Europe. Sur les différents mats, il y avait tous les drapeaux des pays participants, sauf le nôtre. Il y avait avec moi dans l'équipe algérienne, Malek et Farouk Hamza, Mokhtar Tchambaz, Moussa Bessa. On avait tout simplement refusé d'y prendre part avant que le drapeau algérien ne soit accroché aux mats aux côtés de celui des autres pays. Après un arrêt assez long, on avait fini par régler ce problème. On avait un entraîneur russe du nom de Stanislas. Finalement, et animé d'une farouche détermination, j'avais remporté haut la main cette compétition sous les applaudissements de tous les présents. Ce fut un moment fort montrant notre grand amour pour les couleurs nationales. C'était cela le force de nos athlètes à l'époque.
 En ayant le diplôme de 3e degré et aussi une grande expérience dans le domaine, on peut dire que vous pouvez rendre encore de fiers services à cette discipline. N'est-ce pas ?
Nous aimons beaucoup le cyclisme, et notamment le cyclisme algérien qui avait sa place parmi les grandes nations. En 2009/ 2010, on a été parmi les experts désignés par le MJS. On n’a pu participer qu’à quelques réunions avant qu'on nous signifie que ne nous pouvions pas faire partie de l'AG conformément aux statuts de l'UCI.
 N'aviez-vous pas eu à travailler dans le staff technique de l'EN de cyclisme ?
J'avais participé avec l'EN lors des jeux Arabes de 2011. On avait réalisé de très bons jeux. J'y suis resté pendant une année. Puis, une mésentente avec les responsables de la FAC a fait que j'ai quitté mes fonctions. Je le regrette pour cette discipline. On fait pour ne pas encourager les compétences.
 Les sportifs algériens sont en train de remarquer une certaine effervescence dans le cyclisme algérien avec le retour du tour d’Algérie. Qu’avez-vous à dire ?
Les activités cyclistes sont toujours très bonnes. Néanmoins, et malgré le fait que le jeune Hichem Chabane avait gagné à Blida, on ne peut pas dire que le tour a apporté quelque chose pour la ville de Blida et son cyclisme. Cette discipline continue à vivre des moments très difficiles. Et il s’agit d’un euphémisme. Il faut dire que le cyclisme à Blida est en net recul, lui qui a été le pourvoyeur des équipes nationales. On regrette cette situation qui ne fait que contribuer à la disparition de ce sport dans la ville des Roses.
Êtes-vous optimiste pour l’avenir de ce sport ?
On peut dire que le cyclisme algérien connaît une situation des plus difficiles actuellement. Beaucoup de clubs sont toujours en butte aux problèmes des moyens matériels, et notamment l’impossibilité de se doter en vélos, à cause de la cherté des prix. De plus, on ne forme plus de grands cyclistes du fait que les connaisseurs ne sont pas utilisés comme il se doit, puisqu’ils sont à l’écart de la prise de décision ou de la formation. L’état de notre cyclisme est vraiment en deçà des espérances. Il faut faire confiance aux anciens cyclistes qui sont capables d’insuffler un «sang neuf» au cyclisme algérien qui en a bien besoin.                         
Entretien réalisé par Hamid Gharbi

Palmarès :
1972 (Junior) : Deuxième au tour de Tunisie (seniors)
1973 : Médaille d’argent (par équipe) et médaille de bronze (individuel)
Participation au Tour d’Algérie
1974 : Champion du monde militaire (contre la montre sur route)
1974 : Participation au Tour de Yougoslavie.  Champion d’Alger
1975 : Médaille de bronze (piste) aux jeux Méditerranéens. Participation au Tour d’Algérie
           Deuxième place au Tour d’Arabie saoudite.
1976 : Sélectionné aux JO de Montréal (Boycott de l’Algérie)
1977 : 11e place aux championnats du monde (Hollande)
1978 : Participation aux tours d’Auxerre et de la RFA.
1978 : Médaille d’or sur piste aux Jeux  Africains d’Alger
1979 : 1er place course classique à Berlin (RFA.    1er place Grand Prix de Moscou
1980 : 1er place à Varsovie (piste)
1982 : 2e par équipe aux Championnats arabes (Irak)
Vainqueur du Meeting international de la Tchécoslovaquie .

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