Culture

dimanche 18 novembre 2018

Atlas historique de l’Algérie de Karim Chaibi : Quand la géographie visite l’histoire

PUBLIE LE : 12-03-2013 | 0:00

Cet atlas des Algériens se présente comme un panorama historique s’appuyant sur de nombreux travaux scientifiques. Plus de 130 cartes accompagnées de textes et d’images proposent de parcourir l’Algérie de la préhistoire aux années 2000. » C’est en introduisant dans ce livre à chaque période une référence imagée tout en relatant avec plus d’une centaine de chapitres les principaux faits survenus au courant l’histoire de l’Algérie

Il existe mille et une manières d’appréhender un travail historique pour finaliser un projet d’écriture ayant pour fondement la fonction sociale de l’histoire depuis ses repères immémoriaux jusqu’aux segments de celle qui se produit dans le présent. Sans aucun doute une recherche fouillée sur les archives de la cartographie qui met en place une géographie qui coïncide avec les événements marquants qui se sont produit en Afrique du Nord de la plus haute antiquité à nos jours, viendrait-elle éclairer notre regard sur les mouvements sociaux, culturels, religieux et autres par le biais de cartes géographiques sous la forme d’un atlas guidant nos pas à travers la synthèse de l’espace et du temps. C’est justement l’objet de l’ouvrage de Karim Chaïbi, un guide interprète national en France, un kaléidoscope  d’anciennes cartes redessinées et conçues par l’auteur qui nous plonge d’une époque à une autre par l’image fut-elle la plus approximative de l’histoire géographique par des enseignements judicieux et prospectifs qui sont autant de cadres et de repères pour la mémoire collective d’un pays voire même d’une nation. Aussi, souligne-t-il, dans son introduction les motifs qui l’ont poussé, et, surtout, aiguisé sa curiosité pour l’élaboration et la confection d’un tel ouvrage : « La conception de cet atlas historique est issue de la volonté de diffuser au plus grand nombre un résumé pratique et dynamique des grands thèmes historiques de l’Algérie. A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance algérienne. Cet atlas des Algériens se présente comme un panorama historique s’appuyant sur de nombreux travaux scientifiques. Plus de 130 cartes accompagnées de textes et d’images proposent de parcourir l’Algérie de la préhistoire aux années Bouteflika. » C’est en introduisant dans ce livre à chaque période une référence imagée tout en relatant avec plus d’une centaine de chapitres les principaux faits survenus dans l’histoire de l’Algérie, que le lecteur curieux de l’histoire des civilisations et des peuples peut parcourir l’une après l’autre les pages de ce livre remarquablement illustré de beaux tableaux de peinture et de photographies de sites et monuments historiques, de précieuses  cartes géographiques qui resituent le contexte les paysages et les batailles résumés par une couleur et un symbole qui délimitent les frontières et racontent avec le crayon par l’entremise d’un dessin suivant une technique ancienne : « Parmi les cartes exploitées pour la rédaction de cet atlas historique se trouvent notamment une des premières cartes représentant le monde connu au IIe siècle, la géographie de Ptolémée. Cette carte a, en effet, été la référence des rédacteurs d’atlas européens pendant plusieurs siècles, une représentation forcément antique des territoires de l’Algérie actuelle. Avant d’approcher les côtes d’Alger ou de Tunis, les Européens n’ont disposé que de la toponymie romaine pour écrire sur cette région. Jusqu’au XIVe siècle, les Européens parlaient de Maurétania, de Numidia et d’Africa », indique l’auteur. Tous les instants majeurs et décisifs sont insérés d’une manière chronologique avec de une référence à une importante bibliographie, y compris des archives de films documentaires. On survole ainsi en égrenant les chapitres les événements historiques ayant concouru à façonner le visage de l’Algérie au fil des siècles entre le vaste royaume berbère de l’ancienne Numidie, colonies romaines, comptoirs phéniciens, invasions, guerres de religion — les présences des trois principales sont mentionnées par régions tout au long de l’histoire avec notamment leur plus grandes agglomérations régionales —  puis conquête coloniale française jusqu’aux régions touchées par le terrorisme intégriste pendant la décennie noire en passant par la guerre de Libération nationale et il est à signaler que dans cet ouvrage les noms antiques, coloniaux et actuels des villes algériennes sont incluses dans les pages d’un tableau récapitulatif.
Il est à rappeler pour l’information et l’indication biographique que l’auteur de cet Atlas historique, le premier du genre et qui plus est, écrit par un algérien, est né à Lyon en 1972. Karima Chaibi a étudié les langues et l’histoire-géographie à l’université Lumière Lyon II et que pendant son cursus, il est a découvert l’Algérie et exploré bien des régions de l’Est jusqu’en 1995, particulièrement les sites romains et les Aurès. Il se tourne ensuite en raison de l’insécurité vers un pays arabe, la Syrie où il effectue sa première recherche. Il retourne dans les années 2000 dans son pays d’origine avec l’exploration des montagnes, notamment autour de Sétif, ville à laquelle, il consacre en 2010 son premier ouvrage  De Sitifus à Sétif.
Lynda Graba

Atlas historique de l’Algérie », recueil de cartes géographiques, par Karim Chaibi, aux éditions Dalimen, Alger 2012.
 

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