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mercredi 19 dcembre 2018

Le ministre des ressources en eau à Ghardaia : «La vallée du M’zab désormais à l’abri des inondations»

PUBLIE LE : 12-12-2012 | 0:00

L'intervention du premier responsable du ministère des Ressources en eau a été axée essentiellement sur la conciliation des exigences du développement des moyens de protection contre toute forme d'inondation con-nue par le passé et celles de l'environnement. Parce qu'ils concernent directemen la sécurité des habitants, les problèmes d'assainissement et d'en-vironnement nécessitent le développement et l'application de méthodes de prévention et de protection, comme ils exigent l'implication direc-te des pouvoirs publics.

La visite d’inspection et de travail de M. Necib a concerné notamment les communes de Daya ben Dahoua,  de Ghardaïa, d’El Atteuf et de Bounoura, et a été axée autour des principaux projets en cours, achevés ou en voie de l'être. Ces derniers concernent tout particulièrement trois digues de retenue des eaux, à Oued Labiod, Oued Laadira et Oued El-Haimer (en amont de la commune de Daya), pour un coût global estimé à 31,44 milliards de centimes. Dans une déclaration à la presse en marge de sa visite, le ministre a déclaré que «la principale préoc-cupation est d’inspecter les projets de protection de la vallée du M’zab». Il s’agit des trois barrages Boubrik, Labiod et Laâdhira, en cours de réa-lisation, qui protégeront la vallée du M’zab des inondations. Plus d’une centaine de petites diguettes sont aussi réalisées en vue de contenir les affluents des oueds et éviter qu’ils n’atteignent les agglomérations. Le ministre a rappelé les inondations qui ont dévasté la vallée du M’zab en octobre 2008, un souvenir toujours aussi vivace dans les esprits des habitants de la région qui vivent dans l’angoisse de voir les oueds sortir de leur lit de nouveau. Dans ce sillage, il a rassuré les habitants «de la qualité des travaux réalisés qui vont sûrement permettre de réduire le débit des eaux et d’éviter des crues importantes et une autre catastrophe dans la région». Les trois infrastructures, une fois livrées, « le débit sera restitué en aval et l’oued ira vers des zones sans risque», a assuré le ministre. La protection de la vallée concerne aussi la réfection des murs des berges ainsi que le curage de l’oued M’zab. «Le projet peut supporter des crues de 12 000 m3», a-t-il dit. «Cela reflète les efforts consentis par l’Etat et les autorités locales pour la réalisation de toutes les infrastructures et les aménagements qui œuvrent à sécuriser définitivement la vallée du M’zab», a-t-il ajouté. En ce qui concerne les pro-jets des stations d’épuration de Berriane et Grara, M. Necib a affirmé qu’« ils seront achevés en 2013 ».

97% de la population desservie en eau potable traitée
Pour ce qui est de la distribution de l’eau dans la région de Ghardaïa, les quantités mobilisées sont de l’ordre de 568 hm3/an, dont 286 hm3/ an de volume mobilisé. 60% de ces quantités vont toutefois vers l’irrigation, 36% pour l’alimen-tation en eau potable, et 5% pour le secteur industriel. M. Necib a affirmé que «sur le plan des potentialités en matière de ressources en eau, la wilaya se trouve dans une situation satis-faisante».
Selon lui, «la distribution d’eau est régulière, mais il reste toujours à fournir plus d’efforts sur le plan de la gestion du service public». Dans ce contexte, il a déclaré que «le transfert de la gestion de Hassi Lefhal et Hassi El Guerra à l’ADE permettra d’augmenter la maîtrise en matière de gestion par une couverture totale des 13 communes de la wilaya». S’agissant des capacités de stockage, la wilaya dispose de 107 ouvrages d’une capacité globale de 120 000  m3 permettant une autonomie de 34 heures. Quant au réseau d’adduction, il est de 11,4 km, alors que le  réseau de distribution est de 1 350  km. Par ailleurs, pas de moins de 97% de la population de la wilaya de Ghardaïa dispose d’un raccordement direct à l’eau potable traitée, selon le responsable à la Direction locale des Ressources en eau. La région dispose aussi, selon le directeur de l’hydraulique, de 470 forages en service qui pro-duisent une moyenne de 360 hm3/an dont 268 millions de m3 réservés à l’irrigation, 80 millions de m3 pour l’AEP et 50 millions pour le secteur industriel. «Tous les abonnés, au nombre de           7 701, bénéficient d’une eau potable traitée pour une plage horaire de distribution située entre 16 et 24 heures/jour, selon le quartier, et avec une dotation journalière moyenne de 170 litres/jour par habitant», a-t-il indiqué. Dans les localités de Zelfana et El-Ménéa, la dotation journalière par personne atteint les 500 litres, «dépassant largement les normes des pays développés». Le même responsable a, néanmoins, appelé les citoyens à «la modération dans l’utilisation de l’eau potable et à la lutte contre le gaspillage de cette ressource vitale». À noter que 1,3 million de kilomètres linéaires de réseaux d’AEP a été réalisé pour raccorder les foyers

Une station de traitement des eaux usées à El Atteuf
Il s'agit d'une usine qui nettoie et épure, en amont, les eaux usées domestiques où ces dernières sont progressivement affranchies de leurs substances polluantes pour être rejetées en aval, propres pour l'irrigation des produits agricoles. D'une capacité de 46 000 m3/jour dans la vallée du M'zab, prévu en aval de la commune d'El-Atteuf, au lieu-dit Kef El-Doukhan, à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de Ghardaïa, ce mégaprojet, initié dans le cadre d'une stratégie intégrée d'assainissement et de protection contre les crues de l'oued M'zab, s'étend jusqu'à 2030. Réalisé sur une superficie globale de 60 ha sur l’exutoire naturel  de l’oued M’Zab, le coût de l'ouvrage est estimé à plus de 3.8 milliards de dinars. Cette station de lagunage comporte 16 bassins de décantation, dont 8 primaires, profonds, fonctionnant en «anaérobie», et 8 autres secondaires  de grandes dimensions fonc-tionnant en «aérobie». Elle permettra d’obtenir des eaux épurées répondant aux normes internationales. Selon le responsable du projet, cette nouvelle station est considérée comme une «station unique au monde» qui fonctionne naturellement par système gravitaire, sans pompage ni énergie.  
S. O.