Société

dimanche 18 novembre 2018

Crasc d’Oran : Vingt ans au service de la recherche

PUBLIE LE : 12-07-2012 | 0:00

Vingt ans dans la vie d’une institution culturelle c’est peu et assez suffisant en même temps pour dresser un bilan qui n’atteint toutefois pas à l’exhaustivité. D’autant plus que faire le bilan d’un centre pas tout à fait comme les autres n’est pas une sinécure. Et pour cause. Pourtant il y a quelque part une dialectique : l’investissement moral est-il en adéquation avec l’investissement matériel, celui-ci à son tour cadre-t-il réellement avec les besoins de la pensée spirituelle ? Débat d’école certes mais débat de fond tout de même. Ceci relevé, le parcours du centre en deux décennies s’est traduit pour la case chiffres par « pas moins de 250 projets de recherche articulés autour de trois segments : les projets d’établissement (PE) ; les projets nationaux de recherche (PNR) et enfin les fameux PC ou projets de coopération.»
Et si au départ et pour des raisons évidentes le décollage fut quelque peu laborieux, au fil du temps et de la notoriété de l’institution boostée par les nouvelles compétences, l’établissement s’est étoffé et a pris la pleine mesure de ses multiples ambitions.
Il faut savoir par ailleurs qu’outre ces trois types de projets se greffent d’autres non moins importants, respectivement les quatre divisions de recherche et les douze pôles de recherche. Quant au centre en lui-même il suivra le cheminement linéaire suivant : centre de recherche de développement, par abréviation CRD, au départ soit en 1992, avant de passer à un autre statut celui d’établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) en 2002, lui-même révisé en 2008. Mais la mue, ou plutôt la métamorphose, ne s’arrêtera pas là. En effet, quatre ans plus tard, autrement dit en 2012, le centre se dote de deux unités de recherche. L’une embrassant la culture, la communication, les langues, la littérature et les arts — Ucclla — domiciliée pour rappel à Oran même, l’autre dénommée unité de recherche sur les systèmes de dénomination en Algérie — Rasyd — implantée à Alger.
Une fois l’honorable institution bien assise sur un organigramme rigoureux et des organes aux attributions et champ de compétence tout autant empreints de rigueur, Conseil scientifique, Conseil d’administration et Direction, ces derniers conduiront, de concert, « un processus de montage institutionnel d’un centre de recherche national faisant d’une pratique, celle de l’évaluation un outil de gestion concernant aussi bien l’activité de recherche à travers la production des connaissances que celle des ressources humaines... ». C’est ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable les deux n’étant pas antinomiques. S’agissant de la valorisation de la production de recherche, là aussi force est d’admettre que ce chapitre a fait l’objet d’une sollicitude particulière  puisque trois types de publications verront le jour : les ouvrages et cahiers, les revues puis les bulletins d’information. Juste un petit chiffre pour mesurer un tant soit peu l’investissement intellectuel « sur les vingt années d’existence le nombre total de productions est de 231. »
Dans le même ordre d’idées une revue comme Insaniyat a fini par s’imposer comme un ouvrage pédagogique de référence dont l’espace d’expression est convoité par des chercheurs émérites, autant d’ici que d’ailleurs, c’est dire... Mieux et tous les spécialistes en conviennent « Insaniyat a permis de donner de la visibilité en priorité aux travaux de recherche en anthropologie et en sciences sociales tout en participant à la consolidation de la communauté scientifique dans ce domaine. »
Revue d’excellente facture donc et qui peut être consultée en ligne sur le portail du web. Elle sera par la suite enrichie par une autre publication, la Revue africainer des livres —RAL — à l’initiative du Codesria qui signera son acte de naissance en 2004 et constituée sur la base d’une coopération régionale soit respectivement Dakar, Addis-Abeba et Oran, bien sûr. Toujours à propos de cette institution deux grandes catégories de chercheurs y activent : les chercheurs permanents et les chercheurs associés.
Ces experts apportent au Crasc « une vitalité et une réalité à sa dimension nationale. Sur les vingt années près de 500 enseignants-chercheurs ont activé au sein du centre ».
D’autres missions sont évidemment dévolues à ce centre chargé notamment de « mener des études et des expertises. C’est ainsi que sur 20 ans, 26 études et expertises ont été réalisées pour le compte de différents ministères, outre des organisations internationales à l’instar des Pnud, Unicef, l’Unfpa, etc. ». Bref, que voilà, n’est-ce pas une institution qui a abattu un travail de titans et qui ne compte sûrement pas s’arrêter en si bon chemin.
Dont acte...
Amar Zentar

Artciles Connexes