Régions

mercredi 19 dcembre 2018

Célébration du printemps à Khenchela : Une tradition toujours vivace

PUBLIE LE : 12-04-2012 | 0:00

Le retour du printemps, à Khenchela, est fêté, depuis des temps immémoriaux, selon une tradition ancestrale qui résiste et refuse de mourir.

Les familles, à la campagne comme à la ville, tiennent toujours à saluer le retour de la saison du renouveau par des réjouissances qui durent pendant  tout le mois de mars pour se prolonger jusqu’à la mi-avril. Perpétués de père en fils par la transmission spontanée, les rites et les traditions entourant la célébration du retour du muguet sont aujourd’hui devenus des sujets d’étude pour les universitaires, les chercheurs et les associations s’intéressant aux traditions populaires, et qui œuvrent, non seulement, à leur  sauvegarde, mais, aussi, à leur promotion au rang de patrimoine national immatériel. Une manifestation sur ce thème est, annuellement, organisée à chaque début de printemps, à la maison de la culture de Khenchela afin de stimuler, encourager et promouvoir toutes sortes de productions et créations liées à ce  patrimoine.  Cette manifestation constitue une sorte de foire, ou kermesse, pour les associations, les créatifs et les artisans de la région pour faire revivre  les traditions ancestrale entourant la célébration du printemps et promouvoir toutes sortes de produits en liaison avec elle.          
Les mets et les pâtisseries traditionnels qui étaient servis, à l’occasion  des réjouissances de la célébration du printemps, et, qui ont su survivre à l’usure  du temps, mieux que n’importe quel autre aspect de la fête, sont remis au goût du  jour, à l’occasion de cette manifestation. Les participants, venus de tous les coins de la wilaya, rivalisent d’ingéniosité et d’efforts pour présenter les meilleurs plats de chakhchoukha, de Zeriga, de Dechicha, de Mermouch, de R'fiss Ziraoui, de Bradj et d’autres mets du genre  qui continuent, à ce jour, de faire partie des plats servis à l’occasion des réjouissances célébrant le printemps.  Ces préparations ayant en commun le beurre, le miel, les raisins secs, l'eau de rose, en plus de la semoule de blé dur ou d'orge, ne sont pas seulement  mis en valeur pour leur aspect culinaire, mais, aussi, pour "l’esprit" qui les  accompagne. Ces plats ont, en effet, cette précieuse vertu de permettre au riche comme au pauvre de pouvoir offrir un repas qui rassemble amis et famille dans une ambiance de douce convivialité, sans être mis dans la gêne financière ou verser  dans la surenchère des artifices des rencontres mondaines à la mode d’aujourd’hui.          

Retrouvailles familiales

Dans cette région des chaouias, le printemps demeure toujours, en effet,  synonyme de conviviales retrouvailles familiales autour d’un de ces copieux  plats du terroir qui se prolongent souvent par un thé à la menthe, un rituel tout aussi enraciné dans la tradition ancestrale. L’exposition de ces mets rustiques est, aussi, une occasion pour ressusciter les ustensiles traditionnels qui servent à leur préparation et à leur présentation,  ainsi que les plantes qui servent à les aromatiser.
 La manifestation organisée en célébration du printemps est, également, une occasion pour sauver de l’oubli des connaissances traditionnelles millénaires  relatives à l’observation des saisons et à la vie en harmonie avec la nature,  telle qu’elle en pratique chez les ancêtres à travers les siècles, voire les  millénaires.
Avec des moyens rudimentaires, ou, carrément, à l’œil nu, les anciens savaient en effet reconnaître les signes du début du printemps ou de n’importe quelle autre saison pour y adapter leur façon de vivre, leurs activités agricoles  et pastorales. Les mythes et les rituels qui entouraient la célébration du printemps, et qui ont tendance à disparaître de nos jours, sont, également, mis en relief  lors de cette manifestation, avec pour crédo : sauvegarder l’imaginaire collectif.
 

Artciles Connexes