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vendredi 16 novembre 2018

Sidi Bel-Abbès : Hommage au premier président de l’APW, Allal Mustapha

PUBLIE LE : 31-01-2012 | 0:00

Survenue il y a trois semaines à peine à la suite d’une longue maladie, la disparition du pharmacien Allal Mus-tapha, qui fut le premier président de l’APW de Sidi-Bel-Abbès, boucle assurément une des pa-ges glorieuses  de la cité de la Mekerra pour évoquer des souvenirs ou rappeler tout bonnement l’engagement d’une élite pour l’indépendance et le développement du pays. Oui, une élite à l’image du Dr Hassani Abdelkader, qui fut également le premier président de l’APC du chef-lieu, de l’homme de lettres Azza Abdelkader, Amir Benaissa, des Kharroubi, Mohammedi, Belkhodja, Bestaoui et autres si dévoués pour la cause nationale et au service d’une société.  Il n’est d’ailleurs pas du tout fortuit si une grande foule a accompagné le défunt à sa dernière demeure pour lui rendre un dernier hommage et lui témoigner surtout sa reconnaissance au vu de ses actions caritatives car il fut le président du comité de wilaya du Croissant-Rouge algérien durant de longues  années… Enfant du vieux quartier El Graba, Mustapha est né le 23 février 1925 pour grandir dans un milieu familial guidé par la foi et l’esprit des valeurs. De l’école primaire au lycée Laperrine autrefois, le parcours de l’élève est sans faute relevant par là ses aptitudes et son désir de réussite comme pour manifester une certaine forme de résistance. Il parvient au milieu du  cycle secondaire à créer avec quelques copains une section de Scouts musulmans en 1940, exprimant ainsi son attachement à la cause nationale et déclarant son adhésion au mouvement nationaliste fortement implanté dans ce quartier. Cependant les activités intenses qu’il mena ne l’empêchent pas de se concentrer sur ses études. Il intègre ainsi la faculté de pharmacie de Paris jusqu’en 1950 année au cours de laquelle il obtient son diplôme avant de se spécialiser en biologie clinique. Durant son séjour dans la capitale française, il fait partie de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord dont il est secrétaire général pendant deux ans, se permettant de créer un club sportif au sein duquel il fut joueur et animateur. Pour des raisons familiales, il rentre en Algérie pour se consacrer à la cause nationale avant qu’il ne soit arrêté et interné en 1958 au camp de Lodi (Médéa), avec interdiction de séjour dans le département d’Oran. A l’indépendance, il sera conseiller municipal administratif avant d’être nommé en 1965 président de la délégation spéciale  communale pendant deux ans où il fait valoir son savoir-faire dans l’organisation de cette instance de base et où il se se distingue par son dévouement pour la population. Parallèlement, il se consacre à la réorganisation du laboratoire de l’hôpital et crée la pharmacie militaire.
Vocation oblige, il s’occupera également du Croissant-Rouge algérien dont il devient le premier représentant au niveau de la wilaya, avant d’être élu membre de l’APW de la grande wilaya d’Oran. Avec la création de celle de Sidi-Bel-Abbès, il sera le premier président de cet organe de délibération, aux côtés des Hassani, Djamel Ould Abbès, Reguieg Khaled, pour participer à la mise en place des structures de la nouvelle wilaya et contribuer à son développement et à son équipement. Un équipement traduit par la réalisation de l’ENIE, de PMA et de la SNLB de Telagh, et par l’ouverture, en 1978, du centre universitaire, aujourd’hui l’université Djilali-Liabès. En som-me, un mandat riche en événements et en enseignements, amenant le défunt à se retirer discrètement de la scène et à se consacrer exclusivement aux activités du Croissant-Rouge. Epuisé et quelque peu atteint par le poids de l’âge, il prend sa retraite définitivement en 2008 comme pour feuilleter les pages d’un parcours et méditer parfois sur l’esprit d’une génération franchement assez singulière par son attachement au pays et son sens de la responsabilité… Une génération représentée vraiment par son élite. 
 

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