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samedi 15 dcembre 2018

Production oléicole : La sigoise, un label de qualité

PUBLIE LE : 19-01-2012 | 0:00

De mémoire de Mascaréens, et, plus particulièrement, des habitants de la ville de Sig, qu’on confond fièrement à la variété d’olives de label « La Sigoise », jamais la production oléicole, qui fait la renommée de la région, n’a été aussi affectée par un certain nombre de facteurs naturels. C’est pourquoi l’on a jugé utile de voir de plus près, et, sur place, les raisons exactes d’une telle situation qui demeure la préoccupation des producteurs de cette olive qui constitue, à l’instar de plusieurs régions du pays, un produit de grande consommation.

Selon les fellahs, la raison, essentielle, de la diminution de la production est liée à l’insuffisance de l’eau d’irrigation sans compter la faible pluviométrie qui prévaut depuis plusieurs années. Du côté des services agricoles de la direction de la wilaya de Mascara,  ce n’est pas le même son de cloche. Toutes ces informations sont dénuées de tout fondement quant à la faiblesse du rendement de l’oléiculture en présentant, preuve à l’appui, les quantités produites les deux dernières années qui selon eux étaient plus que satisfaisantes. Les mêmes sources imputent l’augmentation des prix de l’olive et de l’huile d’olive à la diminution des quantités d’olives produites dans les régions oléicoles comme Bouira, Bejaïa,Tizi -Ouzou, Tlemcen pour ne citer que ces wilayas connues depuis plusieurs décennies comme étant des périmètres producteurs de bonne qualité d’olives. De cet état de fait a découlé la fermeture de plusieurs conserveries, huileries  et unités de transformation des olives, plus particulièrement de petites unités qui n’arrivent plus à suivre le cours de ce changement dans une courbe descendante où la production d’olives est en deçà des prévisions attendues sur le plan quantitatif et par voie de conséquence, le produit de base qu’est l’olive n’étant pas disponible comme avant, ces petites unités artisanales pour la plupart tournaient à un taux faible  par rapport à leurs capacités de transformation et de conservation des olives  et une grande de main-d’œuvre exerçant dans ce secteur se trouvait dans un état de chômage forcé.
Cependant, l’espoir renaît des suites de promesses de doubler la dotation de eaux destinées à l’irrigation des oliviers après la menace des répercussions  de la sécheresse et du manque crucial de l’eau devant être consacré à l’irrigation de ces vergers passant ainsi, selon nos sources, de 13,5 millions de mètres cubes en 2011 avec une moyenne de 3 périodes d’irrigation s’étalant du début de mois de mars jusqu’a la mi-octobre, à 20 millions durant cette saison agricole, mais un seul bémol, tout cela reste tributaire des précipitations pluviales la mise en service de la station de dessalement d’El Mactaa dont la capacité théorique est de l’ordre de 500.000 m3, ce qui permettra de réserver le potentiel hydrique le nouveau barrage de Cheurfas uniquement  à des fins d’irrigation, affirme notre source et s’agissant des fluctuations de prix des olives et de l’huile tout porte  à coire que l’on ne peut pas exclure l’archétypique équation du marché  de l’offre et de la demande et les effets de la spéculation et de l’évasion fiscale même si tout cela n’est pas encore établi d’une façon irréfutable
Le nouveau barrage de Cheurfas à 25 km du chef-lieu de la daïra de Sig, construit dans les années 80 et inauguré en 1992, constitue, aux yeux de tous, une bouffée d’oxygène pour parer à toutes les déconvenues même si le feu vert pour l’exploitation de cet ouvrage  de captage d’eaux d’irrigation n’est pas encore donné et on attend avec impatience le blanc seing de la tutelle pour pouvoir précéder, sans attendre, à irriguer les oliviers en quantités d’eau suffisantes pour redonner espoir à tous ces oléiculteurs et autres conserveurs et transformateurs versés dans ce créneau qui, visiblement, tablent beaucoup sur les réelles retombées positives de cette nouvelle réalisation qui est remplie à près de 24% de sa capacité réelle, soit plus de 24 millions de mètres cubes d’eaux disponibles et tout est fin prêt pour sa mise en service.  Une commission ad hoc siégera pour arrêter le quota dont pourrait bénéficier le périmètre irrigué de Sig et les dernières pluies enregistrées peuvent contribuer à augmenter son volume de remplissage.
En vous rendant dans la ville des olives, Sig, ce qui la qualifie de leader dans la production d'olive en Algérie. Situé au nord de Mascara, la commune dispose d'une superficie agricole utile (SAU) de 4.228 ha dont 2.300 irrigués et la population active est estimée à 23.474 personnes dont 3.400 dans le domaine de l'agricole, soit 14.48%. Votre attention sera attirée par les multiples variétés d’olives et des huiles d’olives exposées à la vente devant les magasins spécialisés dans ce genre de commerce, pour assouvir notre curiosité.
 Quant aux prix affichés, nous nous sommes rapprochés des revendeurs et nous avons pu nous rendre compte qu’en dépit de tout ce qui se dit à propos  de la renommée de cette ville oléicole, les prix proposés pour l’olive et l’huile d’olives ne sont pas très abordables, contrairement à ce que l’on croyait, dans le circuit du gros et du détail et notre perplexité, en somme toute expliquée, nous a contraint à demander le pourquoi de cette tendance de l’éventail des prix des olives de salade ou dénoyautées dites  de « Tadjine ». Un citoyen et oléiculteur de père en fils, nous explique que Sig ne dispose aujourd’hui que de deux unités ou pressoirs pour l’huile d’olives appartenant à des privés mais contre toute attente, ces rameaux d’or qui faisait la notoriété de la ville n’est plus au devant de la scène tant les prix sont élevés par rapport à l’année dernière puisque ça a grimpé de 350 DA le litre d’huile d’olive à 500 DA en marché de gros pour atteindre les 700 DA  chez le détaillant.
Les plus avertis nous diront que les huileries n’ont pas fonctionné à plein temps et les rares propriétaires de ces petites entreprises se sont contentés de transformer les olives des particuliers parmi les propriétaires terriens de champs d’olives  et cette personne n’est autre que le propriétaire de l’unité de transformation nous a révélé qu’il a fait tourner ses machines pour pas plus de 120 q en 2011, « une infime quantité » qui ne subvient même pas aux besoins de la veille de Sig car la récolte était faible comparé a celle de 2009 et 2010
Les performances de  la production d'olive de table dans la région de Sig, a obtenu une reconnaissance et distinction. Selon le dernier bilan de 2011, la production d'olives de table dans la wilaya de Mascara se trouve avec les 39 wilayas ayant atteint et même dépassé leurs objectifs.
 Cette performance a été réalisée par le courage et la bonne gestion des services agricoles et l'abnégation des agriculteurs de la région de Sig (ville des olives), qui s'est positionnée, avec honneur, en tête des 1.284 communes productrices d'olives et d'huile de table à l'échelle nationale. La commune de Sig a réalisé un taux de 127% de l'objectif du contrat de performance fixé à 87.030 quintaux, en produisant une quantité de 110.770 quintaux, ce qui la qualifie de leader dans la production d'olives en Algérie.
Avec une production de 100.000 quintaux d’huile d’olives durant la saison 2010-2011, Sig, où l’oléiculture est prédominante, veut se rehausser en haut du podium contre vents et marées grâce à la perspicacité et la dévotion des oléiculteurs qui aiment leur travail et ils sont persuadés qu’avec un peu plus de temps, la production oléicole de 2012 ne sera que meilleure.
A. Ghomchi

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