Culture

dimanche 18 novembre 2018

Palais Khedaouedj El-Amia : Il était une fois une princesse

PUBLIE LE : 14-08-2011 | 0:00

Cité séculaire chantée par les artistes et les poètes, La Casbah d’Alger, un joyau architectural aux façades chaulées et aux portes d’entrée finement ouvragées, garde, quelque part, au fond de sa mémoire, des histoires et des légendes que des générations se transmettent. Les femmes qui sont nées et grandi dans cette cité mythique se rappelleront toujours l’interdiction qui leur était faite dans leur enfance de se contempler dans une glace.
Cet interdit ou plutôt cette peur reste liée à une histoire ou à une légende que les habitants de La Casbah, à travers les temps, se transmettent. C'est l'histoire de Khedaouedj El-Amia, une jeune princesse ayant vécu à l'ère ottomane. Khedaouedj, très choyée, reçut de  Hassan Khaznadji, trésorier du dey Hussein, un miroir, achetée lors de l'un de ses longs voyages en mer. La légende raconte que la princesse Khadidja ou Khedaouedj El-Amia était d'une beauté rare. La jeune fille, qui passait auparavant ses journées en compagnie d'amies de son âge, les délaissa et se regardait désormais sans se lasser dans la glace se contemplant et admirant son charme que l'on disait hors du commun. Elle changeait de tenue et de coiffure plusieurs fois par jour. Le maquillage était, de toute évidence, trié et savamment choisi pour rehausser encore plus ses traits. Son narcissisme allait grandissant tant elle se trouvait belle au-delà de ce que l'on peut décrire. Des jours passèrent et elle commença à ressentir des picotements aux yeux puis eut des troubles de la vision. Son état empirant, son père la fit ausculter par un médecin qui ne décela rien d'anormal. Un matin, elle se mit à crier. Son père accourut et constata que sa fille bien-aimée avait perdu la vue. Malgré le concours de plusieurs éminents médecins de l'époque, Khedaouedj restera plongée dans le noir. Son souci du détail, qui la maintient rivée à son miroir, lui fit perdre la vue, dit-on. Une autre version impute la cécité de la princesse au khôl  (tracé des yeux), qu'elle utilisait. L’excès de ce fard aurait été la cause de ce drame, selon certains. Hassen, en père prévoyant, décida d'acheter un palais afin que sa fille préférée soit à l'abri des vicissitudes de la vie. Cette magnifique demeure, portant le nom de Khedaouedj El-Amia, qui abrite actuellement le Musée national des arts et traditions populaires, est connu par les habilitants de La Casbah sous cette appellation.
Sihem Oubraham

Un si beau palais sans princesse
Palais de la princesse Khadidja, Dar El-Bakri ou encore Palais de Khedaoudj El-Amia sont autant de noms donnés à ce monument historique niché dans une venelle de la basse Casbah, qui est un incontournable lieu de souvenirs et de méditation qui s'ajoute aux nombreux sites que compte le patrimoine culturel matériel de l'Algérie. Edifiée en 1570 sur le site appelé Souk El-Djemaâ, dans la basse Casbah, sur les ruines de la zaouia et du mausolée de sidi Ahmed Ben Ali, par un officier de la marine ottomane, en l'occurrence Raïs Yahia, la maison n'avait pas l'allure d'un palais, mais simplement d'une grande demeure. Elle avait été acquise par Khaznadji Hassan Pacha, trésorier du roi ottoman sous l'ère de dey Mohamed Ben Othmane qui a introduit des modifications et des extensions, lui conférant l'aspect d'un palais qu'il a offert à sa fille Khadidja El- Amia, mais qu’elle n’a jamais habité.
Sihem O.
 

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