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vendredi 16 novembre 2018

M. Ould Kablia déplore les écrits des « nostalgiques » de l’Algérie française sur la justesse de la lutte du FLN

PUBLIE LE : 25-07-2011 | 19:32

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales,         M. Daho Ould Kablia, a affirmé, hier, qu’il considère comme « subjectifs et intellectuellement malhonnêtes » les écrits de certains généraux et « nostalgiques » de l’Algérie française qui « pensent qu’ils pouvaient gagner la guerre et que c’est de Gaulle qui a cédé, alors que l’armée française a triomphé du FLN ». « A ceux-là, je dis qu’aucune force matérielle ne peut triompher, dès lors qu’elle est portée par un peuple », a-t-il affirmé sur les ondes de la radio France Culture, dans le cadre de la série d’émissions radiophoniques sur le thème de l’Algérie, intitulées « La grande traversée : Algérie 1961 à la croisée des chemins » qui a fait appel aux témoignages d’anciens acteurs de la guerre de Libération nationale tant en Algérie qu’en France et que la chaîne diffuse du 25 au 29 juillet. « Les Français, a-t-il ajouté, ont raté 130 ans de présence en Algérie pour changer le peuple algérien. L’intégrer et tenter de faire de lui de vrais Français n’a pas été le cas. Au contraire, ils ont accéléré le divorce en faisant des Algériens des citoyens de seconde zone ».
« J’estime aussi, a-t-il poursuivi, que même si l’intention a existé, il est difficile de mixer deux peuples et deux religions différentes, on le voit dans tant de pays ». « Je considère, pour ma part, a ajouté le ministre, que la page est tout à fait tournée. J’aurais pu avoir des raisons de haïr la France puisque je l’ai combattue et nous avons été cinq à combattre la France dans notre famille, dont deux sont morts les armes à la main et je n’en tiens pas rigueur. C’était notre choix ». « C’était un risque qu’il fallait prendre. Nous l’avons pris. Je ne regrette rien et je suis fier d’avoir fait ce que j’ai fait », a dit M. Ould Kablia, également président de l'Association du MALG (ministère de l'Armement et des Liaisons générales, durant la guerre de libération). Interrogé sur le message qu’il souhaitait transmettre aux générations de demain, à l’aube du 50e anniversaire de l’indépendance nationale, il a fait part de son « regret » que des liens « n’aient pas été tissés pendant ces 50 années qui ont suivi l’indépendance » entre les deux générations. De son point de vue, « les jeunes Algériens ont eu des formations différentes, teintées d’arabisme et de religion ». « Nous avons eu la malchance d’avoir une génération d’enseignants venant du Moyen-Orient qui ont pollué l’esprit de nos enfants et nous en subissons les conséquences avec ses courants religieux étrangers à nos traditions », a-t-il ajouté. Témoignant en sa qualité d’ancien responsable du bureau des questions militaires dans la Direction de la documentation et du renseignement (DDR) du MALG, M. Ould Kablia a, par ailleurs, longuement abordé les points essentiels sur lesquels ont achoppé les négociations d’Evian entre l’Algérie et la France et qui devaient aboutir sur l’indépendance du pays. « De Gaulle est venu aux négociations avec une idée qui est celle que, grâce à son aura, il était capable d’amener les dirigeants algériens à résipiscence et tenter de  discuter  une  sortie honorable qu’il imaginait être la troisiè-me ». Mais, a-t-il poursuivi, « de Gaulle s’est trouvé confronté à trois écueils dont le plus essentiel est que l’ALN a pris des engagements dès le 1er Novembre 1954 de ne cesser le combat que s’il y a le préalable de l’indépendance ».

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