L'événement

samedi 18 novembre 2017

La Femme et le marché de l’emploi : une évolution concrète

PUBLIE LE : 08-11-2017 | 0:00

- Droits de la femme : L'Algérie peut être un pays «phare» dans le monde arabo-musulman
- l’Algérie à la 1re place dans le monde arabe  et la 26e à l’échelle internationale  


«Face à un monde aux mutations rapides avec des défis majeurs, l'enjeu de la participation des femmes à la sphère économique ainsi que les principes de l'égalité et l'autonomisation de la femme: cadre constitutionnel et législatif», «Le développement de la situation de la femme dans la fonction publique», ont été, hier, les principaux thèmes débattus lors du séminaire régional des hauts cadres de l’administration UniDem.

Cette importante rencontre est co-organisée par le Conseil constitutionnel, la Direction générale de la Fonction publique et de la Réforme administrative et la Commission européenne pour la démocratie par le droit, appelée «Commission de Venise. Le thème principal retenu à l’ordre du jour a trait à la place de « la femme dans le marché de l’emploi». D’ailleurs, le président du Conseil constitutionnel, M. Mourad Medelci, a souligné la contribution très utile en écho de ce séminaire à l’article 36 de la Constitution algérienne, suite aux amendements de mars 2016. Cet article dit en substance : « L’Etat œuvre à promouvoir la parité entre les hommes et les femmes sur le marché de l’emploi. L’Etat encourage la promotion de la femme aux responsabilités dans les institutions et administrations publiques ainsi qu’au niveau des entreprises. » « Si le défi auquel nous sommes confrontés reste celui d’un grand nombre de pays qui œuvrent à la consolidation de l’égalité hommes-femmes, sans jamais l’attendre totalement, force est de constater que beaucoup de progrès ont été enregistrés y compris sur le marché du travail, mais que beaucoup reste à faire », a fait savoir M. Medelci.
Le responsable a, en effet, assuré qu’en Algérie, le constituant, reconnaissant le rôle du droit dans la dynamique de changement de la société, a adopté une démarche empreinte de volontarisme et de progressivité. « C’est ainsi qu’il a inséré cette question dans plusieurs articles de la Constitution. L’article 35, suite à l’amendement de 2008, est aujourd’hui mis en œuvre par une loi organique, qui a permis à nos assemblées d’accueillir un nombre de représentantes qui ne saurait, désormais, être inférieur au tiers (contre moins de 10% avant) », a-t-il expliqué.

19% est le taux de participation de la femme dans le marché du travail

Cette avancée notable de la place et du rôle de la femme dans l’espace politique constitue, selon lui, un encouragement substantiel, et ce nouvel article 36 de la Constitution de 2016 est lui aussi fondateur de mutations potentielles importantes dans l’espace économique et institutionnel, dont la mise en œuvre « nécessitera des mécanismes particuliers et la participation d’un plus grand nombre d’acteurs», a-t-il assuré.
Pour sa part, Mme Ghania Eddalia a affirmé que «les politiques mises en place et la protection constitutionnelle et juridique consacrant l'égalité et la parité des droits entre citoyens sansdiscrimination ni exclusion aucunes, avaient assuré tous les droits à la femme, tout en lui ouvrant les portes de la participation dans différents domaines».
La ministre a fait remarquer que la place de la femme avait été renforcée grâce à la forte volonté du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, contenue dans l'amendement de la Constitution en 2016 qui a fait de la femme
« un acteur essentiel incontournable dans le processus de développement tout en initiant le principe de parité quant à l'emploi et en encourageant sa promotion aux responsabilités», a-t-elle dit. Mme Eddalia a révélé à cette occasion que le le taux de participation de la femme algérienne dans le marché du travail est de 19%. «On doit améliorer ce taux, notamment dans le secteur économique», a-t-elle souligné.
De son côté, l'ambassadeur et chef de la Délégation de l’Union européenne (UE) en Algérie, M. Jhon O’Rourke, a affirmé que l'Algérie peut être un pays «phare» dans le monde arabo-musulman en matière de droits de la femme.
« L’Algérie peut être un pays phare dans le monde arabo-musulman par sa Constitution consacrant les droits de la femme dans une large mesure, et nous sommes persuadés que c’est un élément essentiel dans l’essor de la société et de l’économie, non seulement pour l’Algérie mais également pour d’autres pays», a-t-il indiqué. M. O’Rourke a, en sus, estimé que l’un des grands défis, aussi bien en Algérie qu’ailleurs, consiste à faire entériner les dispositions constitutionnelles dans les lois et la pratique. « Cela exige des changements dans la façon de voir et de vivre de la part de nos sociétés», a-t-il estimé.  Aussi, il a fait remarquer que l’ensemble des actions de coopération entreprises avec l’Algérie tiennent compte de la dimension du genre, énumérant par la même occasion les programmes inhérents à l’adéquation de la formation aux besoins du marché de l’emploi et au développement des filières économiques.
Par aileurs, M. O’Rourke a qualifié d'essentiel l’accès des femmes au pouvoir et aux postes d’influence, aussi bien dans les entreprises et les administrations qu’au niveau politique. « L’égalité en matière de proportion des femmes parmi les élus nous interpelle tous», a-t-il soutenu. Le représentant de l’UE a révélé l’inégalité encore existante dans des pays de l’espace européen en matière de rémunération des femmes par rapport aux hommes. «C’est un combat continu, un combat de tous les jours», a-t-il affirmé. Pour sa part, Mme Herdis K. Thorgeirsdottir, en sa qualité de vice-présidente de la Commission de Venise, a expliqué le rôle de celle-ci, notamment en ce qui concerne la promotion des droits de la femme et la lutte contre la corruption dans l’espace européen et ailleurs, dans la mesure où il s'agit, a-t-elle précisé, du seul organe consultatif relevant de l’UE à être ouvert aux membres non européens. Elle a relevé, dans ce sens, que la Commission œuvre au renforcement du pouvoir démocratique, à travers la prise de décision, la transparence et le dialogue.

Sarah A. Benali Cherif

---------------------//////////////////////

L’autonomisation de la femme sous-tendue par une protection sociale et juridique

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, a affirmé que l’Algérie occupait la première place dans le monde arabe et la 26ème à l’échelle internationale grâce aux avancées réalisées par la femme en matière de représentation politique au parlement et dans les assemblées élues. Les avancées réalisées par l’Algérie en matière de promotion des droits politiques de la femme et de sa présence politique au parlement et dans les assemblées élues, lui ont permis d’occuper la première place dans le monde arabe et la 26ème à l’échelle internationale». La ministre a rappelé que l’Algérie avait adopté différents programmes internationaux pour la promotion de la femme notamment la plateforme d’action de Beijing (Pékin), les objectifs du développement durable et le programme commun pour l’égalité des genres et l’autonomisation de la femme. L’autonomisation de la femme est sous-tendue par une protection sociale et juridique, a souligné la ministre, précisant que la loi algérienne criminalise la violence sous toutes ses formes contre la femme en vue de la protéger contre toute agression physique, sexuelle, verbale et économique, dans les espaces publics, son lieu de travail ou son entourage familial et ce à travers les derniers amendements introduits au code pénal de l’année 2015 outre l’élaboration d’une stratégie nationale pour la protection de la femme contre la violence. Concernant l’accès de la femme au monde de l’emploi, la ministre a précisé que l’»Etat tend à mobiliser tous les moyens pour favoriser l’autonomisation économique de la femme, soulignant qu’une stratégie nationale a été élaborée en faveur de l’intégration et la promotion de la femme dans le marché de l’emploi dans les régions rurales, du sud et des Hauts plateaux». Le projet de la charte de la femme travailleuse vise à faciliter l’accès de la femme au monde de l’emploi et aux postes de responsabilité, en lui assurant les moyens de concilier vie professionnelle et familiale, a-t-elle soutenu. (APS)