mardi 13 novembre 2018 18:08:49

Le Paraguay démontre qu'on peut faire un film réjouissant avec un petit budget : "7 boxes", thriller bien ficelé où la malice des uns se confronte à la bêtise des autres, vient d'être présenté au festival international du film de Toronto. Réalisé par Juan Carlos Maneglia, 46 ans, et Tana Schembori, 42 ans, deux   cinéastes d'Asuncion dont c'est le premier long-métrage, "7 boxes" (titre   original "7 cajas", 105 minutes), est le seul film du Paraguay projeté à   Toronto.  
L'industrie du cinéma paraguayenne est quasi-inexistante -- vingt films en   tout et pour tout, selon les deux réalisateurs — ce qui rend encore plus   intéressante la présence dans un festival international de ce thriller au  budget de 500.000 dollars. L'action se situe entièrement dans les ruelles encombrées, bruyantes et colorées du marché d'Asuncion. Dans ce labyrinthe surpeuplé, Victor, un   adolescent débrouillard et rêveur — campé par un acteur amateur très doué,   Celso Franco -- tente de se faire quelques sous en acceptant d'aller livrer sept caisses à l'autre bout du bazar. Une petite voisine, Lise (Lalil Gonzalez), intrépide et maligne, l'accompagne dans son périple. Prix de la course: un billet de 100 dollars, autrement dit une fortune pour ce garçon pauvre qui voudrait bien s'offrir un téléphone cellulaire dernier  cri. Le commanditaire de la course, un boucher à la mine patibulaire, a déchiré  le billet en deux. La moitié à Victor pour livrer la marchandise, l'autre moitié quand la course sera dûment remplie. Avec sa drôle de cargaison chargée sur une brouette à moitié déguinglée, Victor se fraye tant bien que mal un chemin entre les étals de bouchers, fripiers et autres vendeurs en tout genre. Mais le voilà embarqué malgré lui dans une histoire de vols, de kidnapping et de meurtres. Un homme le poursuit qui voudrait bien récupérer la cargaison pour aller la livrer lui-même et empocher par la même occasion le fameux billet   de 100 dollars.  Bientôt, il a à ses trousses toute une troupe de types louches et armés, sorte de pieds-nickelés à l'air aussi bête que méchant.  
Boui-boui chinois                      
Mais que peut bien renfermer ces caisses qui devaient apporter la richesse   à Victor et ne lui valent que des ennuis? Surtout que la police rôde et que celle qui ‘sillonne les ruelles du marché d'Asuncion n'a pas l'air commode ! Quand Victor découvre leur contenu, il regrette amèrement d'en avoir ouvert une!     
Ajouter à cette histoire folle celle de la grande soeur de Victor, de sa  copine enceinte jusqu'aux yeux et du patron du boui-boui chinois où elles travaillent qui ne leur parle qu'en mandarin, et l'on obtient un divertissement   très réussi.     
"Tana et moi créons des publicités pour la télévision. Un jour, nous avons   tourné un spot dans le marché d'Asuncion, et ça nous a donné l'envie d'y faire un film", a expliqué lundi Juan Carlos Maneglia à l'AFP."C'est un film typiquement paraguayen : le sens de l'humour de ses habitants, leur façon de parler... Même Victor et Lise existent en vrai. Victor pousse des caisses dans le marché, sa copine est une intrépide", souligne Tana   Schembori.  
Les deux amis ont dû se débrouiller pour trouver des fonds, notamment  auprès la compagnie hydroélectrique du Paraguay et du centre culturel espagnol d'Asuncion.  Présenté en 2011 au festival de San Sebastian, encore en cours de  réalisation, leur film a remporté le premier prix dans la catégorie cinéconstruction permettant aux deux Paraguayens de boucler leur budget pour terminer leur film.    

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions