L'Italie a été bloquée durant toute la journée d’hier, par une grève générale observée par tous les transports publics et de marchandises pour protester contre les mesures du gouvernement sur l'ouverture du secteur à la concurrence. Bus, tramways, métros, trains, ferrys, avions étaient à l'arrêt dans tout le pays, pour 24 heures, causant de sérieux malaises aux usagers.
Les transporteurs ont répondu à l'appel de sept syndicats qui exigeaient "de profondes corrections" au décret portant réformes structurelles, pour relancer la croissance économique. "Cette grève est une réponse au gouvernement et à sa politique qui pénalise les travailleurs, les retraités, les sans-emploi et les précaires et qui, avec le chantage de la dette, entend faire payer à tous la crise, sauf à ceux qui l'ont générée, spéculé et en réalisé des profits", en allusion aux banques, ont soutenu les syndicats. Si toutes les grandes villes ont été affectées par ce mouvement de grève, la capitale, Rome, l'a été le plus du fait de l'organisation par les syndicats d'une marche nationale de protestation, au centre- ville sur une dizaine de kilomètres. Hier était le cinquième et dernier jour de la grève des transporteurs routiers, entamée lundi dernier, avec des blocages d'autoroutes créant des difficultés de circulation aux usagers.
Cette grève largement suivie a également causé des pénuries de produits de large consommation, mais aussi des perturbations aux livraisons des stations de distribution des carburants. Cette grève a généré des pertes économiques importantes pour les distributeurs et les producteurs, évaluées à quelque 100 millions d'euros par jour, selon une organisation italienne des petits producteurs, outre la pénalisation des consommateurs. Les routiers protestaient contre la hausse des prix des carburants (1,7 euro le litre) et des péages et des assurances, jugés excessifs. A contrario, les mesures sévères anti-crise de la dette souveraine et en faveur de la relance de la croissance, lancées par le gouvernement de Mario Monti, semblaient en bonne voie, et les marchés qui étaient frileux à l'égard de l’Italie depuis près d'un an, commençaient à être rassurés.
Vendredi et jeudi, l'Italie a réussi deux émissions obligataires importantes à court terme sur le marché de la dette à des taux en forte baisse, selon la Banque d'Italie.
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