mercredi 23 mai 2012 18:30:20

Pour M. Djerrad, le cercle hostile à cette démarche ne doit «pas faire un procès d’intention».

«Le pouvoir préfère des consultations bien cadrées». Cette phrase émanant du politologue et spécialiste des questions politiques, Abdelaziz Djerrad. Elle dénote, selon lui, de la volonté du Président Bouteflika de mener à bon port le processus des réformes politiques dont il est l’initiateur.  
Intervenant dans une conférence-débat organisée, hier soir, par le quotidien Algérie News, M. Djerrad a appelé le cercle hostile à ces réformes, notamment les responsables des partis politiques, à faire preuve notamment de logique dans leurs jugements. «On ne peut pas faire un procès d’intention. Il faut sortir des schémas très simplistes car personne ne peut anticiper ce qui se passera dans un ou deux mois», souligne l’orateur.
Selon lui, la carte de la prudence affichée par le gouvernement est la même que celle que prônent les pays de grandes démocraties. Pour ce qui concerne l’Algérie, cette prudence n’a qu’un seul objectif : éviter au pays de connaître le même sort que celui de la Libye et d’autres pays arabes.
Sollicité pour apporter son avis, Nacer Bournan, expert international, exige plus d’honnêteté intellectuelle. «Comprenez d’abord ce qui se passe. N’agissez pas sur des raccourcis», prévient-il.
Refusant de faire tout commentaire quant à la finalité des réformes avant la publication des textes par la Présidence, il affirme, tout de même, que «les gens choisis pour la commission des consultations sont sincères et intègres». Sur sa lancée, il assure qu’il y a une prise de conscience de la nécessité du changement. Reprenant la parole, Abdelaziz Djerrad, juge nécessaire la participation au débat de toutes les élites du pays. «L’Algérie a des compétences qui peuvent être d’une grande utilité», poursuit l’ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.
Il s’interroge sur la mise en œuvre des réformes engagées il y a près de trois mois par le Chef de l’Etat. Y aura-t-il un compromis politique entre l’opposition et le pouvoir ? Que visent ces réformes «profondes» comme annoncées par le Président de la République ? Qu’en est-il de l’intensité des réformes ? Signifient-elles une refonte technique des institutions ?  Pour le conférencier, il est important de veiller à la dimension historique de cette démarche en faisant participer la jeunesse dans tous les débats.
Fouad Irnatène

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