mardi 18 fvrier 2020 19:04:30

 

 

Si les catastrophes naturelles et les risques majeurs sont inévitables, une politique de  prévention est fondamentale. Elle  vise à réduire leurs conséquences dommageables, en complément de la gestion de crise. Il s'agit en gros d'une démarche complémentaire : connaissance des risques, le travail d'information,  la surveillance, la réduction de la vulnérabilité, la protection, mais avant tout la prévention.

Dans cette optique, un séminaire a été organisé, hier, à Bouira, par la direction générale de la protection civile, en en présence des cadres de la DGPC et de chefs des services techniques de 24 wilayas.

Le directeur de la prévention a  déclaré à cette occasion que l'objectif de l'organisation de ce séminaire était de « rappeler » le rôle et la place « primordiale » qu'occupe la protection civile dans le processus du développement économique et de l'investissement et expliqué que la nécessité d'adopter une « nouvelle approche » quant à la gestion des risques majeurs nécessite, outre l'application « stricte » de la législation en la matière, l'adoption de recommandations qui vont dans le sens de vulgarisation de l'information technique, d'abord au profit des officiers de la protection civile, et accompagner ensuite les investisseurs et acteurs économiques « dès le début », c'est à dire « assister et suivre » les investisseurs dès la phase de création des projets à caractère économique et industriel".

Pour appuyer ses propos le colonel Nechab Farid revient sur la loi 19-02 relative aux règles générales de prévention des risques d'incendie et de panique qui dote, pour la première fois, des officiers de la Protection civile de prérogatives de la police judiciaire en matière de constat des infractions mettant en péril la vie des individus et de prise des dispositions nécessaires. « Cette loi vise particulièrement, l'organisation des entreprises qui accueillent le public, les hautes constructions comme c'est le cas des  bâtisses ou la Djamaâ Djazair qui culmine à 270 mètres de hauteur au regard des dangers éventuels qui peuvent menacer le public, les employeurs, les travailleurs et les personnes résidant dans ces constructions. Il a par ailleurs signalé qu'au regard du rythme « accéléré » du développement économique, des exigences induites par la forte concentration urbaine, les programmes de logement sans précédent, la diversification des activités économiques ainsi que l'apparition d'une nouvelle industrie des matériaux de construction et des produits d'aménagement, il était « impératif » de « revoir » la nomenclature juridique et la mise à niveau des textes de loi.

Et pour une meilleure connaissance et compréhension des risques et une meilleure coopération entre les différents acteurs, la protection civile compte organiser d'autres sessions de formation pour ses officiers et inviter l'ensemble des intervenants à y participer en vue « d’approfondir » les connaissances du cadre juridique et de « favoriser » une « meilleure » coopération, qui permettra également à la protection civile de « faciliter » l'accès au service public.

« Faciliter l'accès au service public équivaut à une meilleure gouvernance par la répartition claire des responsabilités, et l'implication de la société à travers ses associations et ses organisations comme c'est le cas pour les des bureaux d'étude et l'ordre des architectes comme premiers concernés », a détaillé le directeur de la prévention au sein de DGPC.

Mme Bradai plaide pour l'amélioration du service public

De son coté, la sous-directrice des risques majeurs au niveau de la direction générale de la Protection civile préfère utiliser plutôt l'expression « amélioration du service public ». Il s'agit d'abord, a-telle expliqué, de « rationaliser » les moyens dans les différentes phases du processus de gestion des risques. « Une prise en charge efficiente et adaptée de tous ces phénomènes à risque impose l'application des schémas préconisés », a-t-elle estimé.

Par « schémas préconisés », Mme Kheira Bradaï veut voir l’établissement dans chaque wilayas  d'un dossier de risques majeurs qui permettra aux officiers de la protection civile de s'armer de l'information et des données « réelles » permettant la mise en place d’une politique « efficace » en prenant en considération les critères inhérents à la population et à la nature des risques. « C'est une première étape qui sert en premier lieu de mise en place d'une plateforme de données facilitant une meilleure connaissance des risques majeurs, et ensuite de document qui permettra de tracer également, les grandes lignes pour faire face aux catastrophes en protégeant, en se préparant à la crise et en exploitant le retour d’expérience », a-t-elle souligné, ajoutant que l'objectif de cette rencontre et des sessions de formation est de mettre en place un « outil d’aide » à la décision pour « faciliter » la mission aux opérationnels de terrain.

Très attentif aux interventions, le directeur de l'information et des statistiques à la Direction générale de la protection civile, le colonel Farouk Achour, a précisé que la réduction des risques est « la responsabilité de tous »

Le Colonel Farouk Achour : « Favoriser la fonction de prévention en tant qu'instrument privilégié »

"L’homme avant le profit" lance le colonel Achour à demi mot. L'objectif est d'arriver à une « meilleure » préparation pour « affronter » et « accompagner » les événements d’origine naturelle, technologique ou industrielle d'une  manière « organisée » et « efficace ».

Soucieux de la sensibilisation et la prévention, le Colonel Achour, même s'il se félicite du professionnalisme de la protection civile algérienne dans l'accomplissement de ses mission, déplore  néanmoins la hausse de nombre d'intervention des éléments de la protection civile par rapport aux accidents et aux risques de la vie courante. « En dépit des campagnes de sensibilisation, une certaine culture d'ignorance des risques persiste chez le citoyen avec comme corollaire la non-adoption des bons comportements, ce qui provoque le plus souvent des dégâts et même des pertes humaines », a-t-il regretté, insistant à ce sujet sur la nécessité de « favoriser »  et de « privilégier » la prévention.

A noter à la fin que la DGPC, organisera le 16 janvier prochain, un séminaire sur la même thématique, au profit des directeurs de prévention des wilayas du sud notamment.

 

De notre envoyé spécial à Bouira : Tahar Kaidi

 

 

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