vendredi 25 septembre 2020 20:46:26

L’effondrement de Daesh ? Une question de temps

PUBLIE LE : 17-08-2015 | 23:00 | Nadia Kerraz

Les actes barbares commis par le groupe terroriste autoproclamé "Etat Islamique" (EI/Daesh) en Libye, en Syrie, en Irak suscitent la même indignation dans le monde. Les exactions horribles, les viols, les crimes et égorgements, pour ne citer que les actes les plus médiatisés, ne peuvent en effet que provoquer la plus grande indignation révulsion dans les pays, qu’ils soient occidentaux ou musulmans. Il est difficile de ne pas réagir aux images atroces mises en ligne dans un souci propagandiste ou rapportées par des témoins impuissants devant la détermination de Daesh à marquer les esprits pour imposer son idéologie. La riposte, tardive, mise en place pour tenter de contrecarrer son avancée dans les pays où il s’est implanté, n’a pas encore portée ses fruits. Un an après la proclamation du califat, et malgré la coalition de 60 pays montée par les USA, l'organisation continue d'étendre son emprise. Pourtant selon des statistiques avancées par une source américaine, les forces de la coalition ont éliminé, par leurs frappes, entre 10 et 13.000 djihadistes. "La campagne aérienne élimine mille combattants ennemis du champ de bataille chaque mois", proclame le général américain, John Hesterman. Pourtant Daesh continue de narguer les forces alliées et les autorités des pays dont des pans entiers de leurs territoires sont sous la domination des éléments de ce groupe. Faut-il y voir le signe d’une super puissance militaire dont même les forces de la coalition sont incapables d’en venir à bout ? Assurément non. Pour les analystes «la force de Daesh réside dans la faiblesse de ses adversaires". Au plan médiatique, notamment. La propagande mise en place par Daesh est telle qu’il continue d'attirer des recrues, en dépit de toutes les précautions prises, notamment en Occident pour empêcher que des jeunes combattants ne rejoignent les rangs de l’organisation.
A ces adolescents occidentaux, il y a lieu aussi d’ajouter tous les jeunes musulmans qui sont embrigadés par Daesh. Il est encore trop tôt pour évaluer le travail de déradicalisation entamé dans de nombreux pays, soucieux de protéger les adolescents contre l’emprise exercée par ce groupe terroriste. Mais force est de croire qu’il finira par payer à moyen et long terme. Car nul ne peut ignorer que la logique extrémiste se base sur une interprétation dévoyée du Coran. Ce que Daesh fait au quotidien et les exactions que ses éléments commettent sont totalement en contradiction des préceptes de l'islam... «Tuer une personne, c'est tuer l'humanité toute entière (5 : 32). La persécuter, créer le chaos constituent des péchés graves (2 : 217 )». Faut-il aussi rappeler que «le Coran parle de Paix, de Justice et des Droits de l'Homme». Qu’il «prône la liberté de conscience et interdit de punir les apostats et les blasphémateurs ». C’est pourquoi, l’effondrement de tout groupe qui au nom de l’islam sème le chaos et commet les actes les plus barbares, est juste une question de temps. Aucun musulman digne de ce nom ne saurait accepter qu’au nom de la religion qu’il pratique depuis plus d’un millier d’années, des hommes sont tués et des femmes sont violées. Reste aussi que la lutte contre Daesh nécessite aussi une détermination politique. Ce n’est pas un hasard si le groupe a pris racine dans les pays où le chaos prévaut. L’exemple de la Libye est à ce sujet édifiant. L’instabilité politique est le terreau du terrorisme. Elle est aussi l’ennemi du développement économique et favorise donc la précarité et la fragilité de larges couches de la société, exposées à la tentation de se rallier aux groupes terroristes dont les capacités financières sont conséquentes en raison des trafics et autres rackets auxquels ils s’adonnent.                       
Nadia Kerraz

 

 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions