mardi 21 janvier 2020 02:21:43

Sahara occidental : La stratégie du statu quo

PUBLIE LE : 24-07-2011 | 0:00 | B. H.

La délégation sahraouie, représentant le Front Polisario, a pris part aux négociations informelles avec le Maroc, qui ont eu lieu du 19 au 21 juillet dernier à Manhasset, (New York), ne cache  pas son malaise après l’échec prévisible de ce huitième round. Déjà, à la veille de l’ouverture de cette énième rencontre qui sera suivie d’une autre en septembre prochain, aucun expert de la question sahraouie ne se faisait la moindre illusion sur des progrès pouvant ouvrir la voie vers des négociations sur le sort de cette ancienne colonie espagnole, occupée militairement par le Maroc en 1975. Il s’agit de la dernière colonie en Afrique dont le processus de décolonisation n’a pas été parachevé. Les Sahraouis attendent des Nations unies qu’elles fassent valoir la légalité internationale comme elles l’ont fait pour Timor-Est un cas similaire, en tous points, au problème du Sahara occidental. Cette ancienne colonie portugaise annexée par l’Indonésie a recouvré son indépendance après l’organisation d’un référendum d’autodétermination accepté par l’ancienne puissance coloniale, le Portugal et le gouvernement indonésien. Le Sahara occidental a fait les frais d’un arrangement il  y a plus de 35 ans, entre le Maroc et l’Espagne qui espère obtenir le silence de Rabat sur le statut des deux présides de Ceuta et Melilla, considéré par Rabat comme «villes occupées». La recherche d’une solution à ce conflit, vieux de plus de trois décennies a été compliquée par les ambitions géostratégiques de la France dans la côte ouest de l’Afrique. Récemment, le président Mohamed Abdelaziz dénonçait devant des membres de la société civile française, la stratégie de la France qui consiste à empêcher l’émergence d’un Etat sahraoui hispanophone dans une région constituée d’anciennes colonies françaises.  Bien que la question du référendum d’autodétermination au Sahara occidental soit soulevée par toutes les résolutions du Conseil de sécurité, Paris a toujours manœuvré pour bloquer l’unique alternative qui permette de mettre fin à ce conflit en offrant la possibilité au peuple sahraoui de choisir entre l’intégration au Maroc, l’autonomie que propose, aujourd’hui, le roi Mohamed VI et le droit à l’indépendance. Fort du soutien inconditionnel de la France qui n’hésitera pas à user de son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer toute solution conforme à la légalité internationale dans le cas du Sahara occidental, exactement comme le font systématiquement les Etats-Unis en faveur d’Israël, le Maroc est resté inflexible à Manhasset.  Pas d’autre base de travail que son plan d’autonomie et pas question d’un référendum d’autodétermination comme c’est stipulé dans toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu sur cette ancienne colonie espagnole. Les craintes des Sahraouis se sont vite vérifiées et, malgré tout, la délégation du Front Polisario s’est rendue à New York pour ne pas se laisser piéger par la manœuvre de Rabat  visant à faire assumer au mouvement sahraoui la responsabilité de la rupture du dialogue direct. Le Représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU, M. Christopher Ross, entend rester optimiste tant que ce dialogue restera ouvert. Dans son communiqué de jeudi dernier, il a valorisé ce qui est positif : le «climat de travail» et l’acceptation par les deux délégations de reprendre leurs négociations en septembre prochain «pour trouver une solution juste, durable et mutuellement acceptable dans le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui». Les Nations unies attendent plus de flexibilité des parties impliquées dans le conflit du Sahara occidental afin, selon le communiqué de M. Ross, «approfondir leurs positions respectives» sur le fond du problème qui est le «statut final» du territoire sahraoui. C’est tout le problème aux yeux du Représentant du Front Polisario à l’Onu M. Ahmed Boukhari, qui fait observer que les Marocains ont tout fait pour orienter le débat sur des «questions périphériques qui sont certes importantes (les visites des familles sahraouies entre Al Ayoune et Tindouf, le déminage des zones contrôlées par le Front Polisario, etc.) pour éviter d’aborder la question du référendum d’autodétermination».  
Derrière l’intransigeance marocaine, il y a la France alors que, comme dirait Boukhari,  «L’ONU est parvenue à la conclusion que pour faire avancer ces négociations, l’avis du peuple sahraoui est incontournable.  
 

 

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