mardi 14 juillet 2020 14:32:42

Palestine trahie

PUBLIE LE : 20-07-2011 | 0:00 | B.H.

Les pays arabes ont adopté à Doha une position qui peut faire avancer la cause palestinienne. Le futur Etat palestinien pourrait faire son entrée à l´ONU en septembre prochain et obtenir une reconnaissance internationale encore plus large que celle de l´Etat hébreu qui a vu le jour dans les conditions scandaleuses que l’on sait en 1947.
Le lobby juif aux Etats-Unis est conscient du soutien que recevra le futur Etat palestinien, et c´est pourquoi cette puissante organisation qui fait et défait les chefs de la Maison-Blanche, a sorti le grand jeu dans une conjoncture qui n´est pas plus favorable à la cause palestinienne qu’il y a 64 ans. Sous la pression d’un Congrès aux mains du lobby sioniste, Washington ne fait pas mystère de son intention d´user de son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer l´initiative prise à Doha.
Le message du Congrès à majorité républicaine s´adresse en premier lieu au président Barack Obama qui a lancé, le mois dernier, dans son discours aux pays arabes, l’idée d’un nécessaire retour d´Israël aux frontières de 1967, date de la «Guerre des six jours», pour régler définitivement la question de la création de l´Etat palestinien et rétablir durablement la paix au Moyen-Orient. Les parlementaires américains ont répondu au président Obama en invitant à la tribune du Congrès américain, Benjamin Netanyahou pour annoncer à la face du monde qu´íl est hors de question d´un retour aux frontières de 1967,  qu’El Qods soit la capitale des deux Etats, palestinien et israélien, que la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie ne s’arrêtera pas et qu’il faut oublier le droit au retour des réfugiés de 1948.
Les Etats-Unis comme l´Union européenne s´emploient, actuellement, à décourager le président Abbas de faire campagne en Europe pour recueillir l´indispensable soutien des pays européens à l’entrée de la Palestine à l’Onu.  Il sera aujourd’hui à Barcelone, siège de l´Union pour la Méditerranée. Il n´est pas sûr que les pays européens, sous la pression des Etats-Unis et d´Israël, respectent l’engagement qu’ils avaient pris de reconnaître le futur Etat palestinien. Au début de l´année la ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez, soutenait que les institutions de l´Autorité palestinienne fonctionnaient très bien et que rien ne s´opposait plus à la création d´un Etat en Cisjordanie et à Gaza, aux côtés d´Israël. Aujourd´hui, Madrid et les capitales européennes semblent avoir revu ce soutien à la baisse. Les pays européens ne reconnaîtront le futur Etat palestinien si telle est la position que prendra Bruxelles. Les «27» vont certainement aligner leur position sur celle des Etats-Unis. C´est sous la pression de Washington que les pays européens, sans exception, ont bloqué la seconde « Flottille de la Liberté», après une tournée en Europe de Benjamin Netanyahou faisant campagne aussi contre l´accord de réconciliation interpalestinien signé en avril par Hamas et Fatah, et avertissant contre tout soutien de l´Europe à l´entrée de la Palestine à l´ONU dans les frontières de 1967. Ces pressions semblent avoir eu de l’effet en Europe où l’on se limite à appeler à la reprise du dialogue israélo-palestinien. Pas à exiger la fin des colonies en Cisjordanie, condition essentielle à cette fin.  
La situation de trouble et d’instabilité qui sévit dans le monde arabe, Israël tente de l’exploiter pour faire retarder au maximum le projet d’un Etat palestinien. En attendant que soit parachevée au maximum la colonisation de la Cisjordanie. D´ici là, il n´y aura pas assez de territoires arabes au sens propre pour cet Etat dont l´espace territorial s´est réduit comme une peau de chagrin jusqu´à faire de Ariha, ville peuplée de 2 millions d´Arabes en 1947, un petit  quartier de 20.000 habitants de Tel Aviv.
B.H.

 

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