vendredi 13 dcembre 2019 15:43:05

La justice au service du peuple

PUBLIE LE : 03-12-2019 | 0:00 | EL MOUDJAHID

Le procès, unique dans les annales judiciaires, s’est ouvert, hier au tribunal de Sidi M’Hamed. L’inculpation concerne deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, actuellement en détention provisoire à la prison d’El-Harrach, ainsi que des ex-ministres impliqués dans les dossiers de corruption liés au montage automobile. Les affaires portent notamment sur l'octroi d'indus avantages à des opérateurs du secteur. De nombreux patrons de sociétés de montage de véhicules sont également incarcérés et seront jugés par ce même tribunal. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, n’a pas manqué de signaler que ces dossiers sont très lourds, et «vous serez étonnés par ce que les magistrats feront», a-t-il indiqué, soulignant que «le peuple pourra juger de l'accomplissement, ou non, par ces magistrats de leur travail».
Jamais une affaire de justice n’a pris pareille ampleur. Il s’agit d’un évènement qui a défrayé la chronique judiciaire. Ce que les médias, pour ne citer qu’eux, n’ont pas manqué de relever. C’est ainsi la preuve que, désormais, nul n’est au-dessus de la loi. Le temps de l’impunité est irrémédiablement révolu. L’opinion publique, dans un passé pas très éloigné, se désolait d’observer que le secteur de la Justice était, selon la formule consacrée, sous influence, ouvertement décrié, pour ses nombreux dysfonctionnements structurels. Des directives étaient imposées pour mettre sous le coude des dossiers compromettants. Les magistrats indociles ou rétifs à l’égard de ces injonctions et autres oukases se voyaient souvent sanctionnés. Nombre de citoyens justiciables étaient souvent victimes de l’incompétence, de traitements expéditifs de leurs affaires, voire de l’irresponsabilité.
Nos concitoyens, qui attendaient beaucoup des quelques procès à grande portée médiatique, se retrouvaient désabusés par des verdicts pleins de clémence ou de mansuétude par rapport à la gravité des chefs d’inculpation. Beaucoup de slogans vides de sens, d’effets d’annonce tapageurs tenaient lieu de palliatifs, véritables cautères sur une jambe de bois. Il devenait alors urgent d’assainir l’appareil judiciaire et de lui redonner sa véritable vocation. La volonté existe, et elle se concrétise doucement, mais sûrement. L’enjeu central étant de relever le défi de la crédibilité. D’autant qu’elle représente une revendication fondamentale du mouvement populaire du 22 février 2019.
 Les citoyens ont réclamé une justice impartiale et équitable. Ils ont été entendus. Les autorités, et à leur tête le haut commandement de l’ANP, se sont engagées à satisfaire les aspirations citoyennes. En cette phase cruciale que vit notre pays, l’indépendance de la Justice est un gage avec lequel on ne transigera plus dorénavant. Dès demain, le tribunal de Sidi M’Hamed, théâtre d’un procès retentissant, saura garantir un jugement juste et équitable, et prouver que l’indépendance de la Justice est une réalité tangible.
EL MOUDJAHID
 

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