mardi 12 novembre 2019 13:22:26

Résistance au changement ?

PUBLIE LE : 17-10-2019 | 1:00 | El Moudjahid

Plus on avance sur le chemin de la solution de la crise à laquelle notre pays est confronté, plus la résistance des éléments qui s’y opposent devient à la fois provocatrice et pathétique. Chacun sait que la décision de la tenue de la présidentielle, le 12 décembre, a été le fruit d’un long et laborieux processus de dialogue et de médiation entre tous les acteurs de la scène politique. La majorité de ceux qui ont contribué à l’élaboration de ce consensus ont retenu deux actions afin que les conditions d’une compétition ouverte et libre soient réunies, à savoir la mise en place d’une Autorité nationale indépendante des élections, qui dispose de toutes les prérogatives attribuées dans l’ancien régime à l’Administration, ainsi que la révision du code électoral et l’introduction de certaines dispositions de nature à ne pas banaliser la candidature à la magistrature suprême.
À l’évidence, cette feuille de route avance à grands pas, et on relève que 140 postulants ont déjà retiré les formulaires de souscription, et l’Autorité des élections joue déjà pleinement son rôle, bien décidée à user de ses pouvoirs et à faire en sorte que le scrutin présidentiel du 12 décembre soit une rupture avec toutes les pratiques déloyales de l’ancien système et qu’il soit réellement l’expression souveraine de la volonté populaire.
Dire que ce processus est infaillible ou ne comporte pas des insuffisances n’est ni objectif ni réaliste, mais ce qui est sûr, c’est qu’il constitue la solution la plus raisonnable et la moins coûteuse, comme il existe une forte volonté de combattre toute tutelle sur le peuple qui aspire à la transparence de l’urne et à une moralisation de la vie politique, économique et sociale, à travers la poursuite de la lutte contre la corruption. Bien mieux, toutes les aspirations légitimes du peuple algérien seront concrétisées les unes après les autres, de manière graduelle et pacifique.
L’hostilité à une telle démarche pragmatique et démocratique, consensuelle et constitutionnelle, est nourrie par deux sortes d’entité : celle qui constitue le prolongement quasi organique de la bande, et celle qui compte parmi elle des personnages ambitieux et qui veut le pouvoir sans les urnes, grâce à des instances ad hoc de transition. Les deux utilisent la même ruse : chevaucher le mouvement citoyen et se poser comme son défenseur. Les deux remettent en cause le consensus obtenu. Dans les faits, il s’agit bien de la résistance de ceux qui ont refusé le dialogue, dans le cadre de l’Instance de médiation, en posant des préalables avec la ferme conviction d’imposer leur propre feuille de route ; et leur plus grande réussite, c’est de faire échouer la présidentielle et d’accentuer les tensions et les divisions.
Aujourd’hui, l’enjeu est clair : l’élection présidentielle gêne beaucoup d’intérêts particuliers et d’ambitions illégitimes. Le «dialogue sérieux» auquel appellent aujourd’hui certaines personnes, au lieu de se porter candidates, n’est qu’un euphémisme, pour dire «négociation». Et la souveraineté du peuple n’est pas négociable. Voilà pourquoi les citoyens, et les jeunes en particulier, devront s’investir pour réussir le prochain rendez-vous électoral et faire échec à tous les manœuvriers, quel que soit le visage sous lequel ils se présentent, car il s’agit bel et bien d’une résistance au changement.
El Moudjahid

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