dimanche 27 septembre 2020 17:45:08

Vide institutionnel ?

PUBLIE LE : 08-07-2019 | 23:00 | EL MOUDJAHID

Certains, plombés d'arrière-pensées peu recommandables et d'idéologies pour le moins nocives rêvant à une situation chaotique qui pourrait éventuellement sauver leurs parrains, aujourd'hui en prison, ou leur permettre de mieux se positionner sur l'échiquier politique, d'autres, sincères et par inquiétude pour leur pays, se posent des questions sur la nature des institutions et des dirigeants une fois consommés les 90 jours attribués au chef de l'État par intérim. Pourtant, la réponse a été déjà fournie par le Conseil constitutionnel, le 2 juin, au moment où il s'était prononcé sur le rejet des deux dossiers de candidature déposés en vue de la présidentielle du 4 juillet 2019. Dans un communiqué rendu public le même jour, il déclare ceci : «Il revient au chef de l'État de convoquer de nouveau le corps électoral et de parachever le processus électoral jusqu'à l'élection du Président de la République et la prestation du serment constitutionnel.» Cela veut dire qu'il n'y aura pas de vide institutionnel, et l'actuel président intérimaire assurera la continuité de l'État et des institutions de la République jusqu'à la prochaine élection présidentielle.
À l'évidence, le rendu du Conseil constitutionnel traduit le souci de ne pas voir le pays évoluer vers un vide institutionnel, préjudiciable dans tous les domaines, et notamment la stabilité et la sécurité.
Le Conseil constitutionnel rappelle que la Loi fondamentale «prévoit que la mission essentielle dévolue à celui investi de la charge de chef de l'État est d'organiser l'élection du président de la République, il y a lieu de réunir les conditions adéquates pour l'organisation de cette élection dans la transparence et la neutralité en vue de préserver les institutions constitutionnelles qui concourent à la réalisation des aspirations du peuple souverain». Et c'est exactement à cette tâche que le chef de l'État s'attelle en appelant à la tenue urgente d'un dialogue global et inclusif. Une grande partie de la classe politique et de la société civile y a répondu favorablement, comme en témoignent les résultats du Forum national du Dialogue auquel ont participé des représentants de près d'une vingtaine de formations politiques, des syndicats et des personnalités nationales. Tenue samedi dernier, cette rencontre a abouti à des convergences importantes, et, sur la question centrale, celle d'aller le plus vite possible à l'élection présidentielle, un large consensus a été obtenu. En convenant de la nécessaire «consécration de la volonté populaire par une élection présidentielle libre et régulière», et en plaidant en faveur de l'ouverture d'un dialogue «sérieux et serein», pour revenir au processus électoral, en vue de construire une «Algérie nouvelle et introduire des réformes en profondeur», les cinq cents participants s'inscrivent dans une démarche positive, à la fois patriotique et démocratique, et font avancer les choses en évitant toute surenchère idéologique ou identitaire, contribuant concrètement à la réalisation progressive des aspirations du mouvement populaire qui en est le référent. Il est souhaitable que le dialogue global — dont la conduite devrait être assurée par des personnalités consensuelles, sans attaches partisanes, sans ambitions électorales, et auquel l'État et ses composantes, y compris l'institution militaire, ne sont pas parties prenantes dans un souci de neutralité — soit engagé le plus tôt possible, afin de ne pas trop perdre de temps et de rendre plus complexes les problèmes auxquels le citoyen est confronté. C'est aussi la meilleure façon de réduire une «transition de fait» qui est par ailleurs tout à fait constitutionnelle, et de confier la conduite du pays à un président légitime qui mènera les réformes indispensables sur la base d'un programme électoral étoffé et motivé, et que le peuple libre et souverain aura cautionné en l'élisant à la magistrature suprême. Il n’y a pas de vide institutionnel ou constitutionnel, et toutes les forces patriotiques et vitales de la nation feront en sorte qu’une transition longue et incertaine n’aura pas lieu, parce que c’est l’intérêt suprême de l’Algérie qui est en jeu.
EL MOUDJAHID

 

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