Adhésion et désinformation


PUBLIE LE : 01-06-2019 | 23:00 | PAR EL MOUDJAHID

Le quinzième vendredi du mouvement citoyen, porté par une forte volonté de mettre fin à l’arbitraire et de construire un État de droit avec des institutions qui préservent la dignité de chacun et de tous, traduit à la fois une mobilisation qui n’a pas faibli et une maturité de la conscience politique. À l’évidence, la lutte contre la corruption, et donc l’opération «Mains Propres», grâce à laquelle des personnalités et non des moindres, des hommes politiques et des hommes d’affaires sont convoqués par la justice pour en rendre des comptes, a trouvé un large écho auprès des manifestants, même si certaines parties, politico-médiatiques, ayant un lien avec la «bande», ont tenté d’en minimiser l’impact et la portée, non sans avoir tenté de la discréditer en invitant divers prétextes. Dans les faits, il s’agit de l’une des revendications fondamentales du mouvement populaire qui n’a pas cessé de réclamer et de scander, dès le 22 février, à ce que les prédateurs (Sarraquine klitou lebled) n’échappent pas à la justice et à ce que l’argent sale ne souille pas la prochaine élection présidentielle. Une bonne partie des figures emblématiques de l’ancien régime se trouvent devant la justice. L’opération continue. L’autre aspect, celui du retour à la légalité constitutionnelle et de l’organisation de l’élection présidentielle, avance plutôt bien, malgré l’existence d’une opposition constituée de forces très hétérogènes, dont les porte-voix font croire, pour différentes raisons, que l’élection sans la transition est impossible et impensable. Cette opposition, qui a infiltré le mouvement populaire pour mieux brouiller son message, cible l’institution de l’Armée nationale populaire et son état-major, et véhicule le discours selon lequel l’élection avec les «2 B» serait une reconduction de l’ancien régime, alors qu’elle sait très bien que ces deux personnalités n’ont aucun rôle dans l’organisation et la supervision de l’élection, tâches confiées à une instance indépendante, responsable de tout le processus électoral. Et au lieu justement de se concentrer sur l’essentiel, à savoir la création de cette instance, un mécanisme qui permet de réduire toute intervention de l’Administration et d’aller vers une élection crédible, libre et transparente, cette opposition et ses relais médiatiques, internes et étrangers, continuent, au nom du «mouvement de contestation inédit» qu’elle utilise ainsi comme un simple «pont», de réclamer, au préalable, le départ de tous les dirigeants actuels, en faisant la promotion d’une marchandise qui consiste à rejeter à la fois l’élection et le dialogue, et à imposer une transition bien problématique, grâce à laquelle, dans les faits, elle assure la pérennité de l’ancien régime, tout en favorisant la montée d’une nouvelle clientèle, grâce à la cooptation que permettent des mécanismes douteux d’une «présidence collégiale» ou d’une «personnalité consensuelle», vieilles recettes expérimentées sans succès au début des années 1990, avec la tragédie dont nous continuons aujourd’hui à subir les méfaits et les traumatismes. En clair, la discussion autour d’une sortie de crise dans le cadre constitutionnel recueille de plus en plus l’adhésion et le soutien d’une bonne partie des formations politiques, des personnalités de divers horizons, constitutionnalistes, syndicalistes ou représentants du mouvement associatif. Une telle décantation n’en est d’ailleurs qu’à son début, même si la désinformation, de la part des adversaires de cette feuille de route pacifique, patriotique, républicaine et démocratique, redouble de férocité, pour la simple raison qu’elle est de nature à réduire les tensions, fait éviter au pays l’impasse et lui permet d’effectuer un saut qualitatif sur le chemin de la démocratie et de la prospérité.

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