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Lecture, calcul, grammaire…

PUBLIE LE : 15-05-2019 | 23:00 | EL MOUDJAHID

La scène politique nationale connaît un bouillonnement inédit, non seulement dans la rue avec les marches cycliques, mais aussi et surtout avec les discussions sur les différents supports. Deux questions semblent monopoliser l’intérêt du plus grand nombre. D’abord, il y a l’opération «Mains propres», déclenchée par la justice et qui a touché différentes sphères, à commencer par les plus sensibles, suscitant un véritable séisme politico-médiatique. Et pour cause, le fait est inédit. Le Haut Commandement de l’Armée ne s’est pas contenté d’appeler à ce que ce processus salvateur commence le plus vite possible, mais a tenu à donner l’exemple lui-même, d’abord avec l'arrestation et l'inculpation de cinq ex-généraux, pour «enrichissement illégal, abus de poste, corruption, etc.». Ensuite, pour les mêmes chefs d’inculpation, de puissants hommes d’affaires et d’anciennes personnalités de haut rang ont été convoqués par la justice, dont un ex-Premier ministre et un ex-secrétaire général du FLN, actuellement membre du Conseil de la nation, voyant ainsi la levée de son immunité parlementaire examinée afin qu’il réponde de ses actes devant la justice. Bien mieux, la «bande» à trois têtes a été neutralisée. L'enquête ouverte contre Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Saïd Bouteflika, poursuivis pour «atteinte à l'autorité de l'Armée et complot contre l'autorité de l'État», n’a pas épargné Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs.
Parce qu’une telle opération de grande envergure, qui se poursuit toujours et qui ne cesse de s’élargir (le sport comme la culture ne seront pas épargnés), a touché de très gros intérêts, si à l’évidence elle constitue une exigence du mouvement populaire, elle n’a pas tardé à provoquer des réactions très vives au sein de certains milieux politico-médiatiques qui ont des relations très étroites avec le milieu mafieux de la prédation. Ces réactions, présentées sous formes de contre-propositions à la feuille de route en cours, celle du règlement de la crise par la voie légale et constitutionnelle, sont transposées dans les marches populaires par des agitateurs professionnels avec l’intention inavouée de conforter un statu quo de la rue et conduire le pays vers l’impasse, et, pourquoi pas, vers le chaos, l’essentiel étant à la fois d’échapper à la justice (en inventant le concept de «justice de la transition») et de saborder les aspirations démocratiques du plus grand nombre.
À l’évidence, la lutte contre la corruption signifie, non seulement la récupération de l’argent du peuple, mais aussi éviter que les nouvelles institutions de la République rénovée, souhaitée et espérée, ne soient souillées par l’argent sale de la prédation. C’est pourquoi le mouvement citoyen adhère entièrement au combat de la lutte contre la corruption, tout en souhaitant, avec l’accompagnement de l’Armée nationale populaire, le retour, le plus vite possible, à la légalité constitutionnelle, et donc à l’élection d’un président de la République légitime dont la mission est de mener ce combat à son terme. Conscientes des enjeux et des impératifs de ce moment singulier, les forces de la réaction multiplient les manœuvres et fausses lectures, mais elles ne parviendront pas à tromper longtemps, avec leurs mensonges, le mouvement populaire et ses élites. 
EL MOUDJAHID

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