lundi 27 mai 2019 15:26:04

MATURITÉ

PUBLIE LE : 16-03-2019 | 0:00 | EL MOUDJAHID
Les manifestations populaires d’hier, prolongement des précédentes, se sont déroulées, comme toujours, de manière pacifique, et qui, bien au-delà de la grande diversité des marcheurs du point de vue de l’âge, du genre, du statut social ou de l’appartenance idéologique et politique, ont porté une revendication commune, juste et légitime, à savoir un changement radical du système politique. Ce qui dénote à la fois une maturité certaine et un sens aigu de la responsabilité. Les réponses apportées jusque-là sont-elles insuffisantes ou insuffisamment expliquées ? Lors de la conférence animée conjointement avec son vice-Premier ministre, le nouveau Premier ministre a exposé son propre éclairage sur la situation et ce qu’elle exige comme démarche, pour que la crise se résolve et permette au pays d’avancer, insistant sur un fait majeur, à savoir que les portes du dialogue sont grandes ouvertes. La conférence nationale, qui doit réunir majorité et opposition, société civile et personnalités nationales, est une force de proposition et de décision, et est chargée de rédiger la nouvelle Constitution et de fixer la date des futures élections.
À l’évidence, nous sommes à un nouveau tournant de notre histoire contemporaine, et il s’agit de bien le négocier en tirant les enseignements du passé et en veillant à ne pas répéter les mêmes erreurs. Un mouvement populaire de cette densité et de cette ampleur dans lequel la jeunesse occupe une place prépondérante n’est pas une tragédie, mais plutôt une occasion de donner un second souffle à notre processus démocratique. Bien sûr, l’appréhension d’un dérapage est perceptible, ce qui est tout à fait normal quand on a le sens des responsabilités. Et c’est pour cette raison qu’il ne faudrait pas tourner en rond et perdre du temps, car aller vers une deuxième République suppose une feuille de route précise, des mécanismes et des acteurs. C’est dans ce sens, que l’ancien diplomate de stature internationale, M. Lakhdar Brahimi, a livré aux médias son ressenti sur la situation actuelle en saluant les réformes annoncées par le Chef de l'État et en démentant avoir été nommé président de la conférence nationale, comme l’avaient rapporté certaines agences de presse. L’ancien ministre des Affaires étrangères, en homme d’expérience et de bon sens, affirme que si les demandes du peuple sont légitimes, et que si «nous sommes tous d’accord sur le fait que l’on refuse le cinquième mandat (…), un changement ne peut se faire en une journée. Nous ne pouvons réaliser un changement radical en excluant tous les administrateurs, responsables, etc, sinon, ce sera le chaos». Il dit prôner le dialogue, éviter autant que faire se peut la répétition des slogans, ne pas cultiver l’autisme et encore moins le dialogue avec soi-même, faire preuve d’une grande capacité d’écoute active et sérieuse, d’analyse, d’échange et de transparence, d’abord pour instaurer la confiance et le respect, ensuite se mettre au travail afin de concrétiser le large consensus attendu à travers la tenue d’une conférence nationale indépendante et inclusive. L’Algérie a les capacités et la maturité pour dépasser ce cap difficile, d’autant plus que les choses ont beaucoup évolué, puisque le départ du Chef de l’État est acté, n’étant plus candidat à sa propre succession, et que la volonté du peuple s’est clairement exprimée sur la nécessité de rénover le système politique.
EL MOUDJAHID
Presedant Suivent
 

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