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Fraternité humaine

PUBLIE LE : 10-12-2018 | 0:00 | EL MOUDJAHID

Il y a seulement quelques jours, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs a présidé, à Oran, en présence de l’envoyé du Pape François, la cérémonie de réouverture de la chapelle de Notre-Dame Santa Cruz, après sa restauration. Il a été également procédé à la baptisation de l’esplanade de cette église «place du Vivre ensemble en paix». La réouverture de cette église intervient après une opération de restauration et de réhabilitation à laquelle l’État algérien a consacré un financement à hauteur de 60% du coût, estimé à 340 millions de DA. Une seconde cérémonie de béatification de 19 religieux catholiques, restés attachés à l’Algérie, et décédés durant la décennie noire, a été organisée le lendemain.
Voilà deux actes concrets qui montrent que notre pays ne fait pas du «Vivre ensemble en paix», un simple slogan, mais le traduit dans le quotidien. Le Pape François, dans un message lu en son nom à cette occasion, a qualifié cet événement d’«inédit qui dessinera un signe de fraternité fort dans le ciel d’Algérie à destination du monde entier». Cette appréciation papale peut titiller notre ego national, mais on peut rappeler tout simplement, et sans verser dans l’autoglorification, que cela n’est pas une exception, quand on sait que la terre algérienne a enfanté Saint Augustin, le père spirituel de toute la chrétienté, et l’émir Abdelkader, le résistant à l’occupation étrangère, le soufi et le précurseur de la défense des droits humains. Oui, la béatification des personnalités chrétiennes, qui ont été assassinées durant la tragédie nationale, constitue un geste de reconnaissance et aide certainement à panser les blessures et à atténuer les douleurs, afin qu’une nouvelle ère s’engage, celle de la paix, de la tolérance, de l’ouverture et du partage. Oui, il est de notre devoir aussi de rappeler ici que pas moins de 114 imams ont été assassinés durant la même période, par la même main, celle de la terreur, de l’exclusion et de la haine. Et que grâce à la Réconciliation nationale, initiée par le Président Bouteflika et plébiscitée par le peuple algérien, nous avons pu renouer avec la quiétude et le développement.
Certains esprits cultivant la surenchère politicienne et certaines organisations gouvernementales ou non gouvernementales versent dans la confusion et la désinformation, en donnant une image faussée de notre pays quant à l’exercice des libertés. S’il est vrai que notre démocratie est relativement récente, et qu’il reste beaucoup à faire sur ce plan, il n’en demeure pas moins que toutes les libertés sont consacrées par notre Loi fondamentale, y compris la liberté du culte. Même si notre société est majoritairement de confession musulmane, il n’a jamais été question d’exclusion des autres cultes, dont l’exercice respecte les lois de la République. C’est une vérité que le ministre des Affaires religieuses vient de réaffirmer et que tout un chacun peut observer. Notre référent religieux, inspiré du Coran et de la Sunna, et basé sur la modération et le juste milieu, s’adapte et se renouvelle par l’Ijtihad (l’effort intellectuel). Bien entendu, il serait tout aussi peu réaliste de ne pas relever qu’il existe des idéologies violentes instrumentalisant la religion à des fins politiques, et qu’il faudrait contrecarrer, parce qu’elles alimentent les préjugés et portent atteinte à notre identité, à notre stabilité et à notre progrès. La famille humaine est une et indivisible. C’est un concept fondamental en islam, dont l’universalité est indiscutable. Il a été toujours au centre de la civilisation musulmane et des hommes qui ont contribué à son rayonnement, et il demeure le crédo de la société algérienne.
EL MOUDJAHID
 

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