lundi 24 septembre 2018 21:28:31

Liberté et responsabilité

PUBLIE LE : 12-09-2018 | 0:00 | EL MOUDJAHID

En une semaine, deux faits liés à l’actualité cinématographique ont suscité une large controverse. Le premier est relatif à l’interdiction de la projection du documentaire Fragments de rêves, au festival de Béjaïa. La raison ? Il n’a pas reçu de visa d’exploitation, parce que la Commission de visionnage, qui relève du ministère de la Culture, a émis un avis défavorable, car «son contenu fait la promotion de certains activistes sur Internet, condamnés par la justice». Quoi de plus simple, de plus clair et de plus raisonnable ! 
S’agissant du film sur Larbi Ben-M’hidi, le réalisateur a reçu des réserves et des observations de la part de la commission ad hoc du Centre de recherche, qui relève du ministère des Moudjahidine. De manière plus concrète et selon le même ministère, le réalisateur n’a pas respecté son contrat et ne s’est pas conformé au texte du scénario approuvé.
En d’autres termes, une fois l’argent empoché, le réalisateur s’est cru libre de remodeler, à sa convenance, le scénario. Et c’est sans doute pour cette raison qu’au lieu de se rapprocher de ses principaux bailleurs de fonds, à savoir les deux ministères, afin de travailler à lever les réserves émises sur la copie finale du film avant sa sortie dans les salles, il a préféré ameuter la presse et les réseaux sociaux en se faisant passer pour une victime du manque de la liberté d’expression !
Une telle agitation s’inscrit dans la logique de la désinformation et du détournement du sens. Au lieu de se conformer stricto sensu au scénario et au contrat signé entre partenaires, le réalisateur accuse les pouvoirs publics, sans lesquels aucune image de ce film n’aurait vu le jour, d’être des «bureaucrates» et des «gens qui ne connaissent pas le cinéma». En faisant croire que le film lui appartient et qu’il est libre d’en faire ce qu’il veut, à l’évidence, il trompe l’opinion publique et se ment à lui-même. Non, le film n’est pas sa propriété exclusive, et il est tenu de respecter ses engagements, c’est-à-dire le contenu du scénario et le contrat signé avec ses partenaires. Et que tout le discours servi aux médias sur sa prétention d’en faire un film politique au lieu d’un film de guerre ne peut cacher la réalité, celle d’une responsabilité qu’il refuse apparemment d’assumer en se livrant à l’exercice peu honorable de l’invective en médiatisant le différend. La liberté et la créativité, c’est assurément bien, mais sont-elles concevables sans la responsabilité tant juridique que morale ?
 EL MOUDJAHID

Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions