jeudi 15 novembre 2018 14:31:50

Victime et acteur

PUBLIE LE : 30-08-2018 | 0:00 | EL MOUDJAHID

La campagne nationale pour le nettoyage de l’environnement, lancée aujourd’hui à travers tout le pays, à l’initiative du ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables, devrait constituer un signal déclencheur fort, un signal d’alarme sur l’état de dégradation intolérable de l’environnement et du cadre bâti, toutes choses qui dénaturent outrageusement l’image de nos villes, offrant, en certains endroits, un spectacle de cloaques repoussants, montagnes d’immondices, de monceaux de plastique, de sacs de pain gaspillé… La liste n’est pas exhaustive, et les éboueurs, dangereusement ballottés derrière des camions débordant d’ordures et multipliant les rotations, sont dépassés par l’ampleur du phénomène. Certes, une campagne reste, par son caractère ponctuel, un cautère sur une jambe de bois, mais elle n’en restera pas moins un rappel pour l’instauration et la pérennisation d’une culture du respect de l’environnement.
L’initiative de Mme Zerouati, qu’il convient de saluer à sa juste valeur, aura indéniablement le mérite de mettre en lumière un paradoxe inacceptable.
D’un côté, l’existence avérée et concrétisée chaque jour sur le terrain de la volonté politique des autorités de protéger et de préserver l’environnement par l’affectation d’enveloppes financières conséquentes, l’adaptation et la modernisation constantes des équipements et des moyens de collecte des déchets, l’investissement croissant dans la gestion et le recyclage et la valorisation des résidus ménagers. Autant de démarches qui démontrent chaque jour que Dieu fait la volonté et la résolution déterminante des autorités publiques, tous secteurs confondus, de donner leur plein sens aux stratégies de protection de l’environnement intersectorielles. Cependant, et c’est là où réside le paradoxe, ces objectifs ne peuvent être réalisés en l’absence d’un minimum de civisme du citoyen. Il est alors curieux de constater que ce même citoyen qui se plaint de la dégradation de son cadre de vie est également le premier acteur de cette situation désolante et qui continue de perdurer.
La culture du civisme n’est pas une politique que l’on décrète, elle se fonde sur chaque petit geste de chacun de nous, pour préserver l’environnement.
Cette culture doit trouver sa source au sein de la famille, à l’école, à la mosquée et surtout par l’exemple de tout un chacun, car une campagne aussi bien menée soit-elle n’est pas la panacée, loin s’en faut.
Nous sommes tous acteurs et complices de cette situation, pourquoi ne pas l’être dans le sens de l’amélioration de notre cadre de vie ? C’est juste facile.
 El Moudjahid

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