lundi 10 dcembre 2018 02:06:28

L'Iliade et l’odyssée

PUBLIE LE : 25-02-2018 | 0:00 | EL MOUDJAHID

La date du 24 février, que nous célébrons chaque année, renvoie à deux événements majeurs de notre histoire contemporaine, au cours desquels le destin était forcé de se plier à la volonté de la nation renaissante. Il s’agit de la création de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), en 1956, et de la nationalisation des hydrocarbures, en 1971. En effet, en pleine guerre de Libération nationale, une poignée de syndicalistes, portant au cœur la résistance et au prix de leur vie, impose la création d’un syndicat qui n’allait pas être inféodé aux syndicats de la France coloniale et qui mobilise les travailleurs, non pas pour arracher des droits corporatistes, mais pour participer activement au combat libérateur. L’indépendance, acquise en 1962, était certes héroïque quand on sait l’ampleur des sacrifices consentis, mais demeurait incomplète sans recouvrer notre entière souveraineté sur nos ressources naturelles. Et c’est ainsi que s’est engagé un autre combat libérateur, celui de la nationalisation des hydrocarbures, une décision historique prise par le Président Houari Boumediène et annoncée le 24 février 1971, par laquelle l’État algérien prenait le contrôle de la majorité (51%) des sociétés étrangères (principalement françaises) qui opéraient alors sur le sol national, mais aussi les gisements de gaz, de pétrole et les mines, ainsi que leurs infrastructures. L’ordonnance signée le 11 avril 1971 promulguant la loi fondamentale sur les hydrocarbures définissait le cadre dans lequel devrait s’exercer dorénavant l’activité des sociétés étrangères en matière de recherche et d’exploration des hydrocarbures. Le succès d’une telle démarche couronnant une décennie d’un dur combat mené par l'Algérie indépendante n’a été possible que grâce à une vision lucide et à une action réfléchie à la fois des dirigeants politiques et des animateurs de l’action syndicale, les uns et les autres ayant comme dénominateur commun, la défense de l’intérêt suprême du pays et l’engagement dans un effort de développement au bénéfice de toute la nation. À l’évidence, et au vu du contexte et des rapports de force de l’époque, à l’échelle locale et mondiale, on peut considérer, sans la moindre autoglorification, que cette démarche constitue notre Iliade et notre Odyssée, d’autant plus qu’elle a été prolongée, durant la tragédie nationale, par un comportement exemplaire de défense des outils de production face à un terrorisme d’une rare brutalité, et qu’aujourd’hui notre challenge est de réussir, sous la conduite du Président Bouteflika, à bâtir une économie diversifiée sans renoncer à nos choix fondamentaux en termes de solidarité nationale véritable et de justice sociale réelle. Une telle ambition légitime, tout à fait à notre portée, malgré l'acuité de la crise à laquelle nous sommes confrontés, est réaliste et possible, à condition de mobiliser, encore une fois, toutes nos énergies et toutes nos compétences, et de persévérer sur la voie des réformes nécessaires à l'amélioration constante de la gouvernance et de la compétitivité de l'économie nationale, pour le bien-être de chacun et de tous.
EL MOUDJAHID

Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions