mercredi 25 avril 2018 13:19:21

Union

PUBLIE LE : 13-01-2018 | 0:00 | EL MOUDJAHID

Yennayer est certes une fête. Mais, bien évidemment, il est plus que cela. Phénomène social total, il fait intervenir dans un même mouvement, aussi bien les référents culturels qui puisent leur force dans la mémoire collective, que dans cette dynamique qui se projette dans l’à-venir, pour cimenter la cohésion, notre cohésion. Et il ne s’agit pas d’un vain mot. Les drames récents qui se déroulent, soit à huis clos, soit sous l’effet grossissant des médias, ont souvent pour origine la dislocation des réseaux de solidarité qui va de pair avec la montée intolérante des singularités qui ne conçoivent leur existence que dans la négation de l’autre. En Europe, comme en Asie, en Amérique comme en Afrique, des dynamiques suicidaires travaillent des groupes et des communautés en les mettant dans des situations explosives qui balayent les fondements même de l’humanité. Quand on feuillette les dernières pages de notre histoire récente, on réalise comment, au plus fort de l’adversité, quand le doute ou le découragement l’envahit et la douleur le marque, c’est dans sa mémoire et sa culture que l’Algérien puise la force pour se ressaisir. Durant la nuit coloniale, lors du «centenaire» de la colonisation, quand la France s’est crue définitivement chez elle en Algérie, comme durant la décennie noire sanglante, où le voisin, voire le membre de la famille était suspecté de tous les travers, c’est encore une fois dans ce qui fait notre ethos qu’est venue la victoire contre les démons. Voilà la quintessence de nos fêtes qui — au-delà de leur diversité quant à la façon que nous avons de les célébrer qu’on soit mozabite, chaoui, kabyle, targui… — sont toujours des moments de partage où le statut social s’efface. Il n’y a ni pauvre exclu, ni malade rejeté, ni parent lointain oublié. Depuis Ghardaïa, notre ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a déclaré que Yennayer nous rassemble, et que cette fête nationale est un patrimoine commun à tous les Algériens sans exception, qu’il faut valoriser et préserver. Le gouvernement a endossé un amendement à la loi fixant la liste des fêtes légales qui inclue le jour de l'An amazigh suite à la décision du Président Bouteflika de consacrer Yennayer journée chômée et payée. «Cette mesure, comme toutes celles déjà prises au profit de notre identité nationale, dans sa triple composante islamique, arabe et amazighe, confortera l'unité et la stabilité nationales, alors que des défis multiples internes et régionaux nous interpellent», avait affirmé le Président Bouteflika, à cette occasion.
El Moudjahid

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