mercredi 22 novembre 2017 15:34:06

Fuite en avant

PUBLIE LE : 09-11-2017 | 0:00 | EL MOUDJAHID

En réaffirmant que «l’autonomie» est l’unique voie pour le règlement de la question du Sahara occidental, qu’occupe le Maroc depuis plus de 40 ans, le roi Mohammed VI maintient ainsi le statu quo, foule aux pieds les résolutions onusiennes et perdure dans sa fuite en avant.
En commémorant l’anniversaire de l’occupation de ce territoire reconnu par l’ONU comme n’ayant aucun lien avec le royaume, le Roi invoque son grand-père pour redéfinir les lois internationales.
Au lieu de reconnaître l’existence d’un peuple sahraoui qui n’aspire qu’à la paix après la longue nuit coloniale espagnole, le roi et son makhzen, pour des raisons de rapine et d’exploitation de ses ressources naturelles, ont choisi la voie du mensonge historique, de l’hostilité déclarée et de la confrontation. Car, dès le départ du dernier soldat espagnol, il s’est jeté à bras raccourcis sur ce territoire, à travers le spectacle bouffonesque d’une «marche verte» appuyée par une couverture aérienne militaire d’une puissance étrangère à la région afin de combattre les résistants sahraouis du Polisario et les contraindre à l’exil. Pour ceux qui ont la mémoire courte, notamment les organes de propagande du royaume et les médias qui les soutiennent — parce qu’ils sont nourris à la mamelle publicitaire — il faut juste rappeler qu’après le retrait de l’Espagne, l’invasion, puis l’occupation du Sahara occidental en 1975 se sont effectuées, au Nord, par le Maroc, et au Sud, par la Mauritanie, avant que cette dernière ne décide de se retirer en août 1979, car ne pouvant plus supporter la guerre d’usure de trois ans et demi menée par le Polisario, qu’elle a fini par reconnaître comme seul représentant légitime du peuple du Sahara occidental. Cette sage et réaliste position aurait dû inspirer la partie marocaine et gagner ainsi la reconnaissance et l’amitié d’un voisin qui a longtemps souffert de l’occupation coloniale, et par là-même accélérer la réalisation du rêve maghrébin, celui de la fraternité, de l’unité et de la complémentarité, d’autant plus que les peuples de la région partagent la même histoire, la même religion, la même culture et les mêmes aspirations, et disposent d’énormes ressources et potentialités. Mais, c’est oublier la cupidité et l’arrogance d’un monarque aveuglé par son rêve prussien et encouragé par des puissances qui voyaient dans l’émergence maghrébine plutôt une menace qu’une opportunité, malgré le discours avenant et paternaliste qu’elles n’ont pas cessé de distiller jusqu’à présent. Il est désormais clair que tant que le royaume n’a pas réussi à écouter la voix de la raison, persiste dans cette posture coloniale et refuse obstinément la solution pacifique décidée par la communauté internationale, celle de tenir, dans les plus brefs délais, le référendum d’autodétermination, il ne peut qu’assumer seul les conséquences qui en découleront. Il est désormais clair aussi que le Maroc entend rendre impossible la mission de M. Horst Köhler, le nouvel envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, chargé de relancer le processus des négociations.
EL MOUDJAHID
 

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