mercredi 22 novembre 2017 21:16:36

Offre et enjeu

PUBLIE LE : 07-11-2017 | 0:00 | El Moudjahid

 Élire les membres des 1.541 APC et des 48 APW parmi plus de 170.000 candidats, représentant une cinquantaine de partis politiques, des alliances et des groupes d’indépendants, dont presque la moitié ont moins de 40 ans, et dont le quart sont des femmes et le tiers affichant sur leur  CV un niveau universitaire. Voilà l’offre. Ces prétendants à la représentation politique arrivent à ces Assemblées dans une conjoncture et un environnement relativement différents par rapport aux mandats précédents. Voilà l’enjeu. Il est double,  d’abord sur le plan de la situation macroéconomique tendue pour les évidentes raisons liées à la contraction de nos recettes. Ensuite — l’une étant la conséquence de l’autre —, sur le plan de la «révolution» que doivent nécessairement connaître ces Assemblées élues. En l’absence de rente, qui rendait «facile» l’acte de gérer les collectivités locales habituées des décennies durant à envoyer des fiches techniques de projets à la centrale et attendre le chèque, est venu le temps pour les animateurs de ces institutions de changer d’apparence. Le bureaucrate doit céder la place au manager. Les élus doivent faire preuve d’imagination, d’innovation, d’audace et d’intelligence, pour saisir toutes les opportunités dans leur  territoire afin de valoriser  la richesse «dormante». Admettons que les pouvoirs publics ont anticipé cette donne. L’année qui s’annonce verra la présentation à l’APN de plusieurs projets de loi qui vont modifier structurellement ces institutions de base. On cite le projet de loi relative à la promotion de la démocratie participative, qui sera soumis prochainement au gouvernement, puis au Parlement. Il comporte plusieurs mécanismes encourageant les citoyens à s'impliquer dans la gestion des affaires locales. Si la commune doit compter sur ses propres ressources pour le lancement de certains projets — précisons, toutefois, que les grands projets qui ont une portée stratégique sur les conditions de vie du citoyen, ainsi que les actions et les efforts de solidarité en direction des catégories vulnérables restent une dimension de l’État social —, elle doit, et cela est une évidence, faire appel et associer la société civile, pour plus d’efficacité. Soulignons au passage que le projet de loi de finances, qui sera soumis au Parlement incessamment, prévoit une enveloppe de 100 milliards de dinars pour les plans communaux de développement. Une manne relativement consistante qui doit être gérée avec intelligence, surtout en ces temps de crise, pour éviter que ce milliard de dollars ne soit dépensé en travaux éternels de réfection des trottoirs qui enrichissent les «entrepreneurs», appauvrissent les communes et créent un fossé de rancœur et de suspicion, sur l’opportunité de ces travaux qui n’en finissent pas, entre l’Administration et les citoyens.
El Moudjahid

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