samedi 18 novembre 2017 09:02:59

Liberté et responsabilité

PUBLIE LE : 28-10-2017 | 0:00 | EL MOUDJAHID

Demain, débute la campagne électorale. 51 partis politiques, 4 alliances et un groupe d'indépendants participeront aux élections locales, soit 10.196 listes. Deux partis politiques, le FLN et le RND, alignent des listes au niveau de toutes les wilayas, avec, toutefois, une courte tête d’avance pour le premier, présent dans la totalité des communes, tandis que le deuxième ne se présentera pas dans une vingtaine de communes. Une couverture quasi totale du territoire qui exprime l’ancrage de ces partis, mais qui n’enlève en rien au mérite de l’ensemble du spectre politique, puisque l’écrasante majorité des partis politiques, quoique avec des listes plus réduites, est en lice pour les 48 APW et les 1.541  APC, à l’instar du MPA, qui aligne 850 listes dans 46 wilayas, ou encore du FFS, en course dans 29 wilayas. D’autres ont opté pour la fusion, à l’exemple de l'Union «Ennahda-Adala-Binaa» qui part en campagne au niveau de 25 APW et 240 APC. Moment essentiel de la vie démocratique, la campagne électorale placera les médias au centre de cet événement, puisque c’est à travers eux, qu’ils soient audiovisuels ou écrits, avec de plus en plus la déferlante des réseaux sociaux, que les citoyens vont connaître un peu plus les partis politiques, faire connaissance avec les candidats et leur programme, et, au final, arriver peut-être à participer à la formation de l’opinion publique. Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, avait indiqué que la communication doit être la «plus intense possible», afin de réussir cette importante échéance nationale. Le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, Abdelouaheb Derbal, a estimé, quant à lui, que la presse représentait un partenaire essentiel, pour créer une opinion publique saine, loin des surenchères et de la désinformation. Transmetteurs et destinataires de l’information, les médias auront fort à dire, à écrire, à montrer et à commenter durant les prochains jours. Exercice délicat. Si les médias jouissent de ce droit de pouvoir informer librement sans être l’objet de pressions ou d’intimidations, ils ont aussi des devoirs, le premier d’entre eux, délivrer une information responsable. Car, si le journaliste dispose, comme tout le monde, d’une certaine liberté de parole, il s’en distingue par le fait que sa parole est largement diffusée. Une position particulière qui ne doit pas servir à «provoquer de la souffrance, rabaisser, manipuler, dominer ou humilier». Durant cette campagne de forte concurrence entre les listes, la passion sera au rendez-vous. Le journaliste doit-il reproduire des déclarations insultantes, haineuses ou diffamatoires, voire les amplifier sous prétexte de neutralité ou d’objectivité ? Quelles sont les bonnes pratiques pour rendre compte, au plus près possible, de cette activité, sans tomber dans le piège de la partialité et sans être une caisse de résonnance ? Balzac disait «Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines». On peut penser que cette appréciation est excessive, et que nos médias, au-delà de leur diversité éditoriale, s’attacheront plus à mettre en exergue les enjeux de cette échéance que les «bons mots» qui seront certainement le petit plus qui donneront de la couleur aux joutes.
El Moudjahid

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