mercredi 22 novembre 2017 15:41:32

Mission africaine

PUBLIE LE : 24-10-2017 | 0:00 | El Moudjahid

Acquise dans la douleur et la solitude, l’expérience de notre pays dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent a fini par s’imposer comme un modèle susceptible de fournir des réponses et des stratégies adaptées à de nombreux pays confrontés aux actes destructeurs des groupes terroristes. La raison, bien qu’évidente, n’a pas été partagée ni écoutée, en son temps, malgré les alertes répétées de nos institutions. Le terrorisme ne connaît ni frontière géographique, ni barrière linguistique, ni interdits mystico-religieux. Il se nourrit de facteurs à la fois économique, socio-culturel et politique. À ce titre, il est un phénomène total et planétaire, et donc son traitement ne peut qu’être inclusif à l’intérieur des sociétés et coopératif entre États. Le Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur l'Afrique de l'Ouest, qui se tient depuis hier à Alger sous la présidence conjointe de l'Algérie et du Canada, vise justement à  mobiliser les expériences et les ressources nécessaires pour le renforcement des capacités et de la coopération internationales en matière de lutte contre le terrorisme et l'adoption d'une méthode de travail, basée sur la suprématie de la loi, en vue de faire face aux risques du terrorisme et de l'extrémisme violent. On rappelle, à ce propos, le récent rapport du PNUD qui  énumère les principaux facteurs de ralliement des jeunes aux groupes extrémistes violents en Afrique. Misère sociale, marginalisation, absence des pouvoirs publics, sentiment de frustration et d’abandon… en somme, rien de nouveau. El-Shebab, Boko Haram, El-Qaïda et d’autres groupes terroristes se nourrissent de l’effritement de la solidarité sociale, du manque de perspectives, de la crise économique et surtout du manque de confiance qu’ils portent sur leur institution. «Cette étude tire la sonnette d’alarme, en indiquant que l’Afrique, en tant que région, est de plus en plus vulnérable à l’extrémisme violent. D’où la nécessité urgente d’accorder une place plus centrale aux enjeux sécuritaires dans les stratégies de développement», selon l’appréciation du directeur du Bureau régional de cette institution onusienne  pour l’Afrique. Ces conclusions confortent la patiente stratégie mise en place par notre pays, pour contrer les manœuvres d’embrigadement de notre jeunesse dans des réseaux criminels transnationaux. En effet, par l’éducation et ses contenus qui ancrent la culture de la paix et de la tolérance, par l’économie, avec les nombreuses formules d’insertion dans le monde du travail, par des institutions transparentes, régies par la loi. Bref, un État de droit soucieux du bien-être des citoyens est la parade par excellence contre tous les discours extrémistes qui prônent la violence, sans omettre, bien sûr, le caractère transnational de ce fléau qui impose une stratégie à l’international. Le document, distribué aux participants hier au Forum mondial, note que l'Afrique, à l'instar d'autres régions du monde, est de plus en plus ciblée par le terrorisme, d'autant que ce phénomène transfrontalier a réussi à se propager, «à travers l'exploitation de la misère humaine dans certaines régions, ses actions sur les réseaux sociaux et internet, et ses tentatives visant l'endoctrinement de jeunes Africains». Aussi, il est impératif que les chefs d'État et de gouvernement africains s’entendent pour la création d'une mission de coordination chargée de la lutte contre le terrorisme en Afrique, sous l'égide de l'UA.
El Moudjahid
 

Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions