mercredi 22 novembre 2017 15:27:45

Evaluer et évoluer

PUBLIE LE : 22-10-2017 | 0:00 | EL MOUDJAHID

L’Algérie commémore, aujourd’hui, pour la cinquième fois consécutive, la Journée nationale de la presse, instituée en 2013 par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. La date choisie renvoie à une forte symbolique puisqu’elle coïncide avec la parution, le 22 octobre 1955, du premier numéro d’El-Mouqawama El-Djazaïria (ou Résistance algérienne), organe du Front de libération nationale qui a précédé la publication du titre El Moudjahid, devenu, dès 1957, le porte-parole de la Révolution algérienne. Ce bulletin de deux feuillets, dirigé par Salah Louanchi, avec trois éditions publiées dans trois lieux différents, France, Maroc et Tunisie, dont le tirage était très modeste, distribué sous le manteau, surtout dans les cafés, était destiné, aussi bien à l’émigration algérienne qu’à la population française. Ce petit ruisseau venait en fait de casser le puissant monopole d’une presse coloniale qui exerçait un pouvoir de désinformation absolu vis-à-vis des Algériens, des Français et du reste de la planète. Ce rai de lumière, par lequel la Révolution algérienne se révélait au monde en portant un message universel, celui de la liberté, de la justice et de la dignité humaine, ne cessera de gagner en rayonnement.  
L’indépendance offre à la société algérienne une presse écrite quotidienne régulière, dont elle a été privée durant toute la période coloniale. Sans parler de la télévision et de la radio. L’une comme les autres vont accompagner le processus de développement, tout en veillant à ne jamais tourner le dos à tous les «damnés de la terre», mouvements de libération  africains ou résistants à certaines dictatures européennes et latino-américaines. Malgré la modicité des moyens dont elle disposait, la presse nationale a fourni au citoyen l’information dont il avait besoin, et porté haut et fort la voix du pays. Depuis l’avènement du pluralisme politique, le paysage médiatique a été complètement bouleversé. Il s’agit d’une étape qualitative au cours de laquelle on a assisté, dans l’insoutenable contexte de la déferlante terroriste, à la naissance de dizaines de quotidiens, de centaines de publications répondant aux goûts multiples des publics. Oui, on a assisté à un foisonnement de titres dont la liberté de ton nous est jalousée dans l’espace géopolitique dans lequel nous évoluons. À ce développement sans précédent de la presse écrite, s’est ajoutée une ouverture audiovisuelle qui a vu l’émergence de dizaines de chaînes de télévision. Bien entendu, ce changement radical de la scène médiatique, enrichi depuis par une presse numérique de plus en plus offensive, n’est pas sans dysfonctionnements et sans poser des questions auxquelles il faudrait trouver des réponses. Les pouvoirs publics y veillent. Au niveau d’abord de l’encadrement juridique, avec l’adoption de lois sur la presse écrite et audiovisuelle, et des projets de loi sont en préparation avancée concernant par exemple la presse électronique ou la publicité. Sans oublier la mise en place des autorités de régulation, dans la logique non pas de restreindre les libertés, désormais consacrées dans la Loi fondamentale du pays, mais de mieux les respecter, avec un sens plus élevé de la responsabilité.
À l’évidence, dans ce monde qui n’arrête pas de changer, il ne suffit peut-être pas de s'adapter et de tenter d’anticiper afin de mieux évoluer. Nous n’y sommes pas encore, mais il suffit peut-être, face à la crise à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, de ne pas nourrir constamment des tensions inutiles, de s’écouter les uns les autres, de comprendre les enjeux et de fédérer les énergies, pour arriver à construire une presse forte et libre, éthique et professionnelle, au service non pas d’intérêts étroits et de quelques-uns, mais du citoyen et de l’Algérie.
EL MOUDJAHID
 

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