Images choquantes ?


PUBLIE LE : 02-10-2017 | 0:00 | PAR EL MOUDJAHID

Apparemment, le fait d’avoir évoqué le douzième anniversaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale — illustré par des images terribles, il est vrai, mais qui sont bien en-deçà de ce que la barbarie terroriste a commis comme crimes collectifs et traumatismes — a quelque peu gêné certains. Ils le font savoir sur des supports médiatiques qui n’hésitent pas à s’ériger en donneurs de leçons en matière de communication audiovisuelle, usant d’un fond conceptuel archaïque datant de la guerre froide. Certains confrères devraient se taire par décence, eux qui ont fait des martyrs de la profession, un fonds de commerce, étalant souvent sur leurs unes, le sang de leurs compatriotes pendant toute la décennie noire.
La télévision publique a montré des images dures, pour rappeler à chacun et à tous, à la fois, la réalité quotidienne d’une tragédie qui a failli emporter les fondements de la République, mais qui a été contenue grâce à la résistance de nos services de sécurité et de tous les patriotes. Est-ce une manœuvre politicienne que de rappeler, par la même occasion, que le retour à la paix et à la stabilité n’a été rendu possible que grâce à la clairvoyance d’hommes politiques avisés et qui étaient convaincus que seule la réconciliation nationale est porteuse d’espoir et de perspective dans un environnement troublé, où la mise à mort des républiques était programmée. Est-ce une manœuvre politicienne que de rappeler que c’est le Président Bouteflika qui a proposé un référendum sur la question, et que le peuple algérien l’a plébiscité ? Est-ce une manipulation ou une instrumentalisation que d’insister sur l’engagement quasi charnel du Chef de l’État pour le retour de la paix après une décennie de massacres et de destruction ? À l’évidence, bien des esprits en mal d’opposition s’évertuent à nous dicter notre conduite et veulent bien que l’oubli envahisse notre mémoire. Qu’il s’agisse du passé colonial ou de la tragédie nationale, il est de notre devoir, vis-à-vis des générations qui arrivent et qui ne savent pas, de tout faire pour qu’elles sachent ce que leurs ancêtres ont vécu, ce que leurs parents ont enduré, ce que leur nation a sacrifié, pour justement gagner en sécurité et en stabilité, sans lesquelles au demeurant aucun développement n’est possible et aucun bonheur n’est envisageable. Alors des images qui ont choqué ? Peut-être bien mais cela ne relève d’aucun chantage. Il s’agit plutôt d’un devoir de mémoire et d’une pédagogie pour dire le plus clairement possible voilà ce que nous avons vécu, que cela est non seulement intolérable, mais qu’il faille tout faire pour que cela ne se reproduise plus. Car l’histoire toute récente indique que ce genre de conflit, faute d’être réglé par la concertation et le dialogue, finit dans la violence que nourrit l’ennemi extérieur, qui est loin d’être une fiction. Est-ce ce message que certaines voix et certaines plumes déplorent ? D’autant plus que les pouvoirs publics n’ont à aucun moment versé dans l’alarmisme. Bien au contraire, conscients et responsables, face à la crise financière à laquelle nous sommes confrontés et qu’ils n’ont jamais occultée, ni minimisée, ni surévaluée, ils tentent tout simplement d’apporter, avec toute la sérénité exigée, plutôt des solutions pragmatiques et réalistes, et attendent des autres, non pas une attitude dévalorisante, une sorte d’autoflagellation mentale permanente qui s’apparente à un mépris de soi, mais une critique qui motive et qui fait avancer.
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