Reconstruire


PUBLIE LE : 24-09-2017 | 0:00 | PAR El Moudjahid

La réforme de l’ONU est au centre des débats depuis plusieurs années. Tous les États membres souhaitent voir apporter des changements à son fonctionnement actuel. Et notamment au niveau de son principal organe, le Conseil de sécurité, dont la composition et le fonctionnement restent hérités de la Seconde Guerre mondiale. Au programme de la 72e Assemblée générale qui se tient à New York, l’idée de réforme est ainsi relancée de plus belle par plusieurs pays. Reste que cette réforme, revendiquée par tous, est envisagée différemment d’un État à un autre, et d’un groupe de pays à un autre. En fait, elle se décline selon les intérêts des uns et des autres, quand bien même tous affirment vouloir une organisation et surtout son principal organe refléter l'évolution de la réalité mondiale. Et pour cause, des pays et des continents comme, l’Afrique ou l’Amérique du Sud au poids économique conséquent sur la scène mondiale, ne sont pas représentés de manière permanente au sein du Conseil de sécurité, et n’ont ainsi aucun moyen de défendre leurs points de vue politique, sécuritaire et économique devant le Conseil de sécurité, en raison, notamment, de la mainmise de ses cinq membres permanent dotés du droit de veto. Si ces pays siégeaient au Conseil de sécurité, ils auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix et pourraient ainsi s’opposer au diktat imposé par les États détenteurs de ce droit de veto et dont ils font souvent un usage sur mesure, voire abusif, alors que les décisions du Conseil de sécurité s'imposent aux 193 membres de l'ONU. Ainsi, si l’Afrique et le monde arabe bénéficiaient de sièges permanents, il est permis de croire que d’autres solutions auraient été retenues pour les conflits qui les rongent, voire que ces crises et conflits armés dévastateurs, déstabilisateurs et cause de leur insécurité ne se seraient pas complexifiés, car internationalisés. Mais cette réforme souhaitée par ceux qui pâtissent en premier lieu du fonctionnement actuel du Conseil de sécurité n’est pas celle que souhaitent les plus puissants. Et pour cause, elle ne sert pas leurs intérêts. Ainsi, pour la première puissance mondiale, les États-Unis, la réforme souhaitée est celle qui leur permettra de se désengager financièrement auprès de l’instance onusienne, car, affirme le Président Trump, il n’est plus possible pour son pays de continuer à contribuer au budget de l’ONU en s’acquittant de la plus importante cotisation financière. Autant dire donc que la mise en œuvre d’une réforme conforme aux vœux de la majorité des États membres sera renvoyée aux calendes grecques. Pourtant, elle est plus que jamais nécessaire.
El Moudjahid


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