90 minutes


PUBLIE LE : 18-09-2017 | 0:00 | PAR EL MOUDJAHID

Événement de la rentrée, attendu depuis la nomination par le Président Bouteflika de M. Ouyahia au poste de Premier ministre, la présentation par ce dernier du Plan d’action de son gouvernement a été, bien évidemment, une occasion pour remettre les pendules à l’heure concernant quelques questions qui ont agité un microcosme politique dans son bocal algérois. Le Plan d’action, comme tout citoyen peut le vérifier sur le site du Premier ministère, est une feuille de route pour la concrétisation du programme du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en poursuivant la politique nationale de développement social, pour offrir une vie meilleure au citoyen. Hier, en présentant son plan d’action, M. Ouyahia, en 90 minutes, l’a largement rappelé, en déclarant que le bien-être de la population, la justice sociale et la solidarité nationale restent des choix cardinaux. L’éducation, la santé, la lutte contre le chômage feront ainsi l’objet d’une attention soutenue, d’autant plus que les pouvoirs publics entendent renforcer les mécanismes de lutte contre la fraude et toutes les pratiques illicites qui détournent les aides de l’État de leurs bénéficiaires légitimes. Toutefois, aucune précipitation ou démarche à la hussarde, a rassuré le Premier ministre. «Les subventions publiques directes ou indirectes feront l’objet d’une rationalisation, précédée d’une bonne préparation, pour éviter les injustices et les incompréhensions», a-t-il avancé, précisant qu’en attendant la finalisation de ce dossier au niveau des administrations publiques, puis les consultations dont il fera l’objet, «l’ensemble des subventions en place sur les produits de base demeureront en vigueur». Le Premier ministre ne pouvait, par ailleurs, faire l’impasse sur le financement non conventionnel, auquel son gouvernement a décidé d’avoir recours. Une option qui a été, ces derniers jours, largement commentée, à défaut d’être analysée en tenant compte des avantages comparatifs qu’elle permet si on la met en rapport avec le recours à l’endettement extérieur dont les conséquences seront (encore une fois) désastreuses sur le front social, ruineuse sur le plan financier et destructrice pour les entreprises de production. Cet argent «non conventionnel» ne servira pas à garnir nos tables pour une consommation, mais de carburant pour nos entreprises, sources d’emploi et de richesse. Le Trésor «financera le remboursement de ses importantes dettes vis-à-vis de la Société nationale des hydrocarbures ou des banques publiques engagées dans l’assainissement de Sonelgaz, de sorte que les banques publiques retrouvent des liquidités qu’elles utiliseront pour le financement de l’investissement économique». C’est cette «nuance» que ne semblent pas vouloir comprendre certains fins analystes et hommes politiques qui restent au niveau de généralités pour mieux taquiner les éléments anxiogènes qui travaillent notre société. Pourquoi persister à dire, avec cette mauvaise foi, que «la planche à billets» servira à injecter sur le marché de la consommation de l’argent qui ne servira qu’à enclencher une spirale inflationniste ? Cet argent ne rentrera pas dans le tiroir-caisse du marchand de légumes, de volaille ou d’alimentation générale. Ils le savent, et pourtant persistent dans un discours fait de généralités et de contrevérités. Le financement non conventionnel n’est pas un tour de passe-passe financier, mais une décision éminemment politique, parce qu’elle permet l’indépendance financière que refusera tout organisme étranger si on le sollicite.
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