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Pétrole réel prix possibles

PUBLIE LE : 23-08-2016 | 23:00 | EL MOUDJAHID

Y aura-t-il, en septembre, à Alger, une première réaction consensuelle et concrète pour stabiliser les cours d’abord entre les membres de l’OPEP et, ensuite, entre ce cartel et les autres acteurs majeurs dans la production, notamment la Russie, premier producteur mondial d’or noir ? Certes, ce sera une réunion informelle qui se tiendra en marge du 15e Forum international de l’énergie qui ne semble pas emballer beaucoup d’intervenants. Que de fois une réunion de l’OPEP s’est terminée sur une «reconduction des plafonds de production», ce qui revient à dire sans aucune décision majeure ! Dernière en date, la réunion d’avril, dans un contexte de fortes baisses des cours, n’a abouti sur rien de déterminant. Ceci dit, si le problème est facile à poser dans son énoncé, à savoir quelles sont les actions à entreprendre pour stabiliser le marché dont les cours s’érodent à des niveaux inquiétants pour certains producteurs, voire catastrophiques pour d’autres ? Les éléments d’appréciation échappent, bien évidemment, aux seuls paramètres de l’offre et de la demande pour se placer sur le terrain de la confrontation géostratégique. L’Iran, éprouvée de nombreuses années par un embargo occidental, augmente la cadence de sa production et de ses exportations pour retrouver ses niveaux de production et reconquérir ses parts, d’autant plus que ce pays a lancé un plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars dans le secteur pétrolier qu’il lui faudra bien rentabiliser. L’Iran aurait déjà augmenté sa production de 27% cette année, avec une production journalière de 3,55 millions de barils et serait le 3e producteur de l’OPEP. L’Irak  dépasse les 3 Mbpj. Tandis que le premier producteur du cartel, l’Arabie saoudite, sature le marché. Qui aura le dernier mot dans cette rivalité dont les éléments sont loin de se concentrer sur l’offre de pétrole puisqu’ils débordent pour se placer sur le terrain géostratégique dont la confrontation se déroule sur plusieurs espaces ? La rivalité irano-saoudienne, la concurrence saoudo-américaine, la guerre secrète des monnaies qui se profile entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis, le niveau des stocks américains, le dynamisme ou la stagnation de l’économie mondiale, notamment celle de la Chine, deuxième importateur planétaire d’énergie fossile, les innovations technologiques qui influent sur les coûts de production y compris des énergies renouvelables…
Les regards se tournent habituellement vers l’OPEP, c’est perdre de vue que ce cartel ne met sur le marché qu’à peine le tiers des quantités commercialisées dans le monde. Le reste est produit par ce qu’on appelle les hors-OPEP. In fine, c’est dans l’accord entre la Russie et l’Arabie saoudite, (c’est-à-dire entre le plus grand producteur mondial et le plus grand producteur au sein de l’OPEP), d’une part, l’Arabie saoudite et l’Iran, d’autre part, que se trouvent les éléments stabilisateurs du marché, sans préjuger du niveau de rentabilité des champs américains qui est conditionné par les prix mondiaux. Il sera toujours temps alors d’ouvrir un second front. En effet, il faut ajouter la guerre secrète des monnaies que se livrent les Etats-Unis, la Russie et la Chine. La Russie travaillant à la mise en place d’une plateforme qui cotera en rouble son pétrole, le  SPIMEX (St. Petersburg International Mercantile Exchange). La Chine deuxième plus grand consommateur au monde de pétrole est aussi sur le coup avec le Shanghai International Energy Exchange, pour imposer le yuan sur le marché des pétrodollars.
24/08/2016

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