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Revue Questions internationales : L'Algérie, puissance régionale, pilier au Maghreb et influente en Afrique

L'Algérie est devenue une puissance régionale de « premier plan » dans l'espace méditerranéen, un « pilier » du Maghreb et « influente » en Afrique, a affirmé la publication Questions internationales dans son numéro de septembre-octobre.

PUBLIE LE : 24-09-2016 | 0:00
D.R

 L'Algérie est devenue une puissance régionale de « premier plan » dans l'espace méditerranéen, un « pilier » du Maghreb et « influente » en Afrique, a affirmé la publication Questions internationales dans son numéro de septembre-octobre. Ce dossier de la Documentation française, qui dépend des structures du Premier ministre français, se propose de dépasser, « sans les ignorer », les approches historiques, mémorielles ou polémiques pour considérer l’Algérie dans son environnement contemporain. « Plus d'un demi-siècle après l’indépendance, l’Algérie est devenue une puissance régionale de premier plan, pilier du Maghreb et influente dans l'ensemble de l'Afrique. Elle est aussi une puissance méditerranéenne et ses liens avec l'Europe sont nombreux », a précisé un éditorial introduisant le périodique de 134 pages, intitulé « L'Algérie, puissance régionale ». Pour l'éditorialiste de Questions internationales, l'Algérie « c’est aussi un pays qui doit surmonter les difficultés économiques récurrentes et absorber une démographie dynamique », relevant que sur le plan international, « elle s’oriente vers la recherche de grands partenariats économiques auprès de la Chine, des Etats-Unis et de la Russie ». Dans son environnement international, l'Algérie, a ajouté le périodique, « se trouve au cœur de plusieurs cercles, celui du Maghreb, celui du Sahel, celui du monde arabe et celui de l'Europe », soulignant qu'elle est devenue un « pôle de stabilité » pour le Sahel, un « acteur influent » en Afrique et un « partenaire important » du monde arabe. Avec l'Europe, ses liens de « pilier » du Maghreb sont « plus sociétaux qu'interétatiques, même si les échanges économiques sont importants », estime-t-il, soutenant que « la susceptibilité à l'égard de la France continue à orienter l'Algérie vers la recherche des partenariats alternatifs, que ce soit auprès de la Chine, des Etats-Unis, de la Russie, voire d'autres pays européens ». Plusieurs thèmes sont proposés par dossier touchant l'histoire et le poids du passé, l'évolution politique du pays et les défis économiques, en passant par les principes de la politique étrangère et de sécurité et par un regard sur la relation algéro-française. Les signataires de ces analyses sont, entre autres, les historiens français Pierre Vermeren et Gilbert Meynier, le professeur en sciences politiques Thomas Serres, le directeur et co-fondateur de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (IRSEM) le professeur Frédéric Charillon et le chercheur français d'origine algérienne Nedjib Sidi Moussa. Le numéro spécial de la Documentation française propose également un entretien avec l'ancien diplomate et spécialiste du monde arabe, Denis Bauchard, sur le thème « L'Algérie entre défis internes et périls extérieurs ». Pour sa part, l'auteur de l'ouvrage Histoire juridique des interdits cinématographiques en France (1909-2001), paru en 2007, Albert Montagne, propose un article sur « la censure de la guerre d'Algérie dans le cinéma français ».

Même étant sous une menace extérieure, l'Algérie est un « pôle de stabilité » dans sa région

Même étant sous une menace extérieure « diffuse et difficile à maîtriser », l'Algérie apparaît comme un « pôle de stabilité » dans sa région, a estimé le professeur Serge Sur, spécialiste du droit et relations internationales. « Dans une région marquée par une instabilité croissante, le pays (l'Algérie) apparaît comme un pôle de stabilité, tout en restant sous une menace extérieure diffuse et difficile à maîtriser », a écrit cet universitaire dans sa contribution au numéro spéciale (septembre-octobre) de Questions internationales, intitulé « L'Algérie, puissance régionale ». Pour lui, l'Algérie, qui est animée par une « permanente volonté » d'indépendance diplomatique et stratégique, est devenue une « puissance régionale » de « premier plan », mais elle est « toujours sous pression », soulignant dans une analyse intitulée « Un souvenir, un regret » que c'est le « plus grand » pays d'Afrique, la seconde population arabe après l'Egypte et un « verrou » contre le terrorisme. « Mais son immensité, ses frontières ouvertes sur les voisins (...) - Tunisie, Libye, Niger, Mali, Mauritanie, Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (...) - sont autant de défis sécuritaires pour le pays », a-t-il relevé, indiquant en parallèle que l'Algérie « dispose de la deuxième armée du continent, avec ses composantes terrestres, aériennes et maritimes ». « Le lien entre politique de défense et politique étrangère servie par un réseau diplomatique de qualité est puissant, le souci de cohérence constant, ce qui est un signe parmi d'autres du poids de l'armée dans le pays », a expliqué ce professeur des relations internationales, mettant en relief que l'Algérie est « enserrée » par des menaces terroristes provenant de l'extérieur de ses frontières. « L'Algérie est en effet enserrée par des menaces terroristes, qu'elles proviennent de la Tunisie, de la Mauritanie, des pays du Sahel subsaharien, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Daech qui s'implante en Libye », a-t-il estimé, notant que la circulation autour, voire à l'intérieur des frontières, la prolifération dans ses espaces des armes, la faiblesse des Etats voisins, « toutes ces données créent une tension permanente dans l'environnement immédiat du pays ». Dans ces conditions, a-t-il poursuivi, de par sa position géopolitique, de par sa politique sécuritaire et son poids militaire, l'Algérie apparaît comme un partenaire « indispensable » et « précieux » dans la lutte antiterroriste. Par ailleurs, sur le plan des relations algéro-françaises, l'auteur qui a estimé que « même tendues », elles demeurent des « relations de famille », regrettant cependant qu'elles « n'aient pas pu être normalisées, devenir apaisées et confiantes » et que la France « n'ait pas réussi avec l'Algérie le type de réconciliation mise en œuvre avec l'Allemagne ». « Voici quelques années, le projet d'un traité d'amitié entre les deux pays a malheureusement échoué. Formulons le vœu qu'un jour des hommes ou femmes d'Etat sachent sur le métier remettre cet ouvrage », a-t-il conclu. Aps

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