mercredi 20 septembre 2017 10:03:25

Tourisme de montagne, De Taksebt à Yakouren : Une image ternie

La population de la ville des Genêts, une ville connue pour ses chaleurs caniculaires durant la saison estivale, souffre de son éloignement des plages des villes côtières de la wilaya.

PUBLIE LE : 20-08-2016 | 0:00
D.R

Réalisé par Belkacem Adrar

La population de la ville des Genêts, une ville connue pour ses chaleurs caniculaires durant la saison estivale, souffre de son éloignement des plages des villes côtières de la wilaya. La ville est distante de quelque 40 et 65 kilomètres, respectivement des villes de Tigzirt et d’Azeffoun. Il faut près d’une heure, et une heure et demie pour rejoindre ces deux villes balnéaires aux paysages féeriques.

Le citoyen doit s’armer de beaucoup de détermination et d’une irrésistible envie pour aller en famille passer une journée au bord de la grande bleue, que ce soit à Azeffoun ou à Tigzirt, surtout s’il doit faire le trajet à bord d’un fourgon ou minibus.
La perturbation dans le secteur des transports est venue compliquer davantage le déplacement des citoyens vers ces deux localités balnéaires. Hormis pour ceux qui disposent de véhicules, les déplacements vers les plages de ces villes côtières sont similaires à un véritable parcours du combattant, de par les longues attentes au niveau des gares, le surplus d’argent à dépenser à cause de la délocalisation des anciennes gares à l’extérieur de la ville et le trajet plus au moins fatigant à cause de la multitude de virages aggravés par la vétusté des routes et des embouteillages sur deux à trois kilomètres. Pour pallier cette situation fortement contraignante, les habitants de la ville, en particulier, et ceux des autres localités de la wilaya, elles aussi très éloignées de ces plages, en général, essayent tant bien que mal de passer quelques moments de détente, histoire de se rafraîchir un peu, aux abords des points d’eau et à l’ombre des arbres les plus proches de leurs localités.

Baisse de fréquentation des familles

Le barrage de Taksebt est le  plan d’eau le plus agréable. Il accueille quotidiennement des dizaines de familles à la recherche d’air frais, de calme et de détente. Elles viennent de toutes les localités de la wilaya, l’après-midi surtout, pour contempler toute cette beauté naturelle, mais aussi et surtout pour constater l’état d’abandon de ce barrage qui pourtant étanche la soif des populations de trois wilayas, à savoir Tizi-Ouzou, Boumerdès et Alger. Cette situation dégradante que ne cesse de subir ce site paradisiaque n’encourage d’ailleurs pas les familles à s’y rendre ou du moins à s’y attarder.
La beauté du site est totalement défigurée par des centaines de milliers de bouteilles de boissons alcoolisées qui font désormais partie intégrante du décor. Ces bouteilles sont abandonnées sur les lieux par des centaines de personnes amatrices de boissons alcoolisées qui boivent tous les jours aux abords et sur les rives de ce magnifique et gigantesque lac menacé par l’incivisme des uns et le laxisme des autres. « Ces tonnes de bouteilles, de cannettes, de plastiques seront charriées au fond de ce barrage dès les premières pluies », nous dira un citoyen outré par le sort réservé à ce site qui devrait être une destination touristique par excellence. « Mais où sont les autorités de la wilaya », s’exclame un autre citoyen de passage qui découvre pour la première fois ce sublime barrage. « Il faut en finir avec cette situation d’abandon. Les autorités doivent réagir dans les plus brefs délais pour éviter une catastrophe écologique », lança notre interlocuteur avant d’appeler ses enfants à monter dans la voiture pour continuer leur route vers les Ouacifs où ils sont conviés à un mariage. La prolifération de points de buverie collective, tout au long de l’étendue du barrage, a fait grandement baisser le taux de fréquentation des lieux, notamment par les familles. Les après-midi, les lieux sont carrément squattés par les buveurs.
Hormis quelques pêcheurs à la ligne, pêchant à longueur d’année contrairement à la réglementation, qui cohabitent avec ces noceurs, on ne trouve pas l’ombre d’une famille, faute de sécurité.

Poterie et singes magot

Devant cet état de choses, certaines familles prennent pour destination de la forêt de Yakouren et ses fontaines fraîches, un lieu très animé en cette saison estivale. Là, elles peuvent pique-niquer dans des conditions plus au moins agréables, acheter au passage quelques poteries présentées sur plus d’un kilomètre, mais aussi et surtout contempler le singe magot qui dispute les espaces avec les visiteurs. La forêt de Yakouren est un lieu de villégiature par excellence. Tous les passagers venant dans les deux sens de la RN 12 s’arrêtent machinalement devant la beauté éblouissante qu’offre cette forêt, rendue encore plus belle par les colonies de singes magots qui ont élu domicile aux abords de la route. Notre visite à ce majestueux site naturel a coïncidé avec la présence d’une famille d’émigrés, originaire de l’un des villages de la wilaya de Béjaia et de France.
Les membres de cette famille, particulièrement ceux d’origine française, ont été éblouis par la beauté naturelle de la forêt de Yakouren et les objets artisanaux exposés. D’ailleurs, ils n’ont pas hésité à acheter quelques souvenirs, notamment des assiettes et des couscoussiers pour les emmener en France.
A Yakouren, le phénomène de la prolifération de bouteilles de boissons alcoolisées et d’eau minérales est également constaté, même s’il est moindre par rapport au barrage de Taksebt. Cette situation déplorable n’est pas de nature à encourager l’activité touristique dans la région, une région qui recèle pourtant d’énormes potentialités touristiques que ce soit dans les montagnes ou aux alentours de ces points d’eau (retenues collinaires, barrages) qui se doivent d’être débarrassés de ces tonnes de bouteilles, avant qu’il ne soit trop tard. Le mal que subissent chaque jour tous ces sites magnifiques nous interpelle tous, puisque c’est notre environnement immédiat qui se dégrade gravement, si des mesures urgentes et concrètes ne sont pas prises.
La wilaya de Tizi-Ouzou à travers sa direction du tourisme et de l’artisanat a inscrit dans son plan de développement le projet de réalisation de quatre ZEST de montagne à Talla Guillef, Tizi Oudjaboub (Boghni), Azrou Nthour (Iferhenoune) et Yakouren. 195 autres projets d’investissement touristiques sont aussi enregistrés à travers la wilaya, dont 26 sont en cours de réalisation, 42 en phase d’attribution de permis de construire et 36 seront attribués à l’intérieur des ZEST aménagées, alors que d’autres projets sont en cours d’études, selon la direction du tourisme et de l’artisanat de Tizi-Ouzou.    
    Bel. Adrar    



 

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