dimanche 15 dcembre 2019 10:33:31

Forum d’Alger sur l’énergie organisé par le journal Liberté : Sanctuariser nos réserves de pétrole et de gaz pour préparer le long terme

Organisé par le quotidien Liberté en coordination avec le cabinet Emergy (International strategic consulting), un forum portant sur le thème « Les convulsions de la scène énergétique internationale et les perspectives à long terme.

PUBLIE LE : 27-02-2011 | 21:06
D.R

Organisé par le quotidien Liberté en coordination avec le cabinet Emergy (International strategic consulting), un forum portant sur le thème « Les convulsions de la scène énergétique internationale et les perspectives à long terme. Epuisement des ressources, nouveaux pôles de la croissance mondiale, lutte pour le leadership et l’accès aux ressources », s’est tenu samedi à l’hôtel Sheraton, Club des Pins.
La problématique générale a mis en évidence,  compte tenu  des communications qui ont été présentées par les conférenciers, des tendances lourdes qui vont marquer fortement le paysage énergétique mondial dans les toutes prochaines décennies.
Pour le Dr Mourad Preure, on assiste déjà à une fracture qui s’exacerbe entre le Nord riche et opulent et le Sud de l’hémisphère au double plan du développement dans sa globalité que de la consommation en énergie. Il observe que le marché pétrolier n’est jamais à l’abri des crises cycliques qui le secouent notamment au Proche-Orient et il s’interroge sur l’hypothèse évidente à ses yeux, d’un nouveau partage du monde axé sur une redistribution de l’énergie. Le nouveau centre de gravité du monde bascule vers l’Asie et la Chine, a-t-il indiqué.
Ali Hached, conseiller principal et représentant du ministre de l’Energie et des Mines, n’exclut pas la thèse de tendances lourdes qui ne changeront pas, car la demande de consommation d’énergie est en augmentation croissante. Le problème réside dans le mixe énergétique. Le pétrole et le gaz demeureront les principales ressources  durant les 20 prochaines années. Il juge nécessaire d’organiser une transition énergétique dans ce cas de figure. La première énergie de transition est le gaz. Les énergies renouvelables se mettent en place. Leur utilisation est incontournable et l’Algérie n’y échappe pas.   
Claude Mandil, ancien président de l’Institut français du pétrole, et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), déclare s’exprimer en son nom personnel et estime que le problème des changements climatiques sera de plus en plus présent dans le monde. Il faut le prendre au sérieux, faisant remarquer que la Chine accomplit des progrès pour réduire ses émissions de CO2. Il parle de nouvelles politiques de réduction d’émissions de CO2 sans que pour autant,  on décèle une volonté avérée de régler le problème définitivement. Le scénario 450 ppm de l’AIE  privilégie le gaz et le conférencier rappelle que ce scénario exige des décisions héroïques et un développement technologique capable de  le mettre à l’œuvre. Il bat en brèche et  dément la théorie du « Peak Oil » car la quantité de pétrole brut n’est pas connue. Cette théorie ne concerne que le pétrole brut conventionnel que l’on ne consomme pas. Il est surtout question de pic de l’offre et non pas de la demande. Le centre du monde n’est plus du côté de l’Atlantique, mais il s’oriente vers Asie. La Chine représente l’essentiel de l’augmentation de la demande de consommation d’énergie. Son rôle est prépondérant. Il estime que la part de marché de l’OPEC ira en s’amplifiant, augurant d’un âge d’or pour le gaz à condition que les prix ne soient pas excessifs. De surcroît,  le monde s’engage vers une demande croissante d’électricité qui est une source d’énergie commode, vers un développement progressif du nucléaire, des énergies renouvelables, du charbon.
Le gaz va occuper une place de choix  à l’avenir car la demande va augmenter de 50% jusqu’à l’horizon 2025. Il évoque la possibilité de voir la bulle gazière prendre une courbe descendante. Le gaz a un bel avenir devant lui, mais ses prix ne doivent pas être indexés sur ceux du pétrole.
 L’Algérie, remarque-t-il, est handicapée par son éloignement de l’Asie de l’Est car elle est naturellement tournée vers le bassin atlantique. Son atout principal reste le gaz. Il juge que l’Algérie doit éviter que ses contrats de gaz soient indexés sur ceux du pétrole.
Dans son intervention, M. Bouterfa, PDG de Sonelgaz, rappelle que le quart de l’humanité n’a pas encore accès à l’électricité, que l’Afrique, gros producteur d’uranium, ne dispose que de deux centrales nucléaires en Afrique du Sud. Il perçoit une certaine hypocrisie de la part du monde développé. L’accès à l’électricité suppose une maîtrise de la technologie dont il est légitime de penser à sa juste répartition. C’est un nœud gordien qu’il va falloir trancher pour espérer parvenir à un équilibre entre les pays riches et les pays pauvres.
Peut-on concevoir de réduire la fracture  quand le transfert de technologie ne s’opère pas. La consommation de l’énergie est faible dans les pays du Sud puisqu’elle est de l’ordre de 0,5 t par habitant alors qu’aux Etats-Unis,  elle avoisine les 20 t par habitant par exemple. Il pense que les pays riches doivent s’arracher de l’ « égoïsme » étriqué dont ils font preuve à l’égard des pays pauvres afin que ces derniers puissent accéder au développement. Il est temps de décider pour quel modèle de développement énergétique le monde doit opter au moment même où des empires technologiques s’installent progressivement à notre insu et remplaçant les anciens empires coloniaux.
Amor Khelif, professeur d’économie à l’université d’Alger, pense que les contours de la transition restent flous. Elle reposera de moins en moins sur le pétrole conventionnel mais certainement sur le gaz, le nucléaire. Pour cet économiste, le monde va connaître une raréfaction du pétrole et du gaz. Il s’interroge sur la question de savoir si nous sommes en phase d’assurer une transition sans heurts, de forger un modèle énergétique sécurisé dans ses deux aspects approvisionnement et garantie d’un prix équitable pour les producteurs.
Il faut choisir entre une transition calme et concertée et une transition chaotique.
Il remarque que l’Algérie a des ressources énergétiques qu’elle doit mettre au service de sa consommation interne dans le long terme. Il faut sanctuariser, a-t-il martelé,  nos ressources énergétiques en les protégeant par la Constitution et mettre en adéquation nos potentialités avec notre économie nationale. Cet aspect essentiel, de son point de vue, semble quelque peu perdu de vue par nos dirigeants.                                                                                                                            
M. Bouraïb  
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions