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Le ministre des Moudjahidine, à propos des relations Algéro-françaises : La normalisation passe par le règlement du dossier de la mémoire

Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé, jeudi, que les relations bilatérales n'atteindront jamais «un haut niveau», tant que les dossiers liés à la mémoire restent en suspens, soulignant que le chapitre de l'histoire occultée par la France posera toujours un problème.

PUBLIE LE : 01-07-2016 | 23:00
D.R

Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé, jeudi, que les relations bilatérales n'atteindront jamais «un haut niveau», tant que les dossiers liés à la mémoire restent en suspens,  soulignant que le chapitre de l'histoire occultée par la France posera toujours un problème.

Le ministre qui intervenait sur les ondes de la Chaîne 1, de la Radio nationale,  a affirmé que les relations entre l’Algérie et la France, ne pourront devenir «normales» qu’une fois le dossier de la mémoire et de l’Histoire sera traité.  Un dossier qui comprend notamment  la question des archives, celle des disparus et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires.  
Dans ce contexte, il indiquera que l'Algérie exige «l'indemnisation des victimes des essais nucléaires et des préjudices causés sur l'environnement».
«Nous ferons appel à des experts juridiques et à des médecins pour régler définitivement les dossiers des victimes des essais nucléaires», a-t-il promis, soulignant que «la France ne peut pas nier ses crimes commis à Reggane».
Abordant le sujet des archives, le ministre a indiqué que «L’opération de récupération de l’archive de France est toujours en cours,  mais nous ne somme pas satisfaits», puisque précise-t-il. L’opération n’a pas dépassé le stade de réunions et de prise de pouls des deux parties.
 Le ministre a assuré que «l'Algérie est déterminée a récupérer tous les documents historiques, à compter des années 1830, début de la colonisation française». «L'Algérie ne renoncera pas aux revendications relatives à la récupération des archives inhérentes aux différentes révoltes populaires contre l'occupant français», a souligné le ministre. «Nous avons récupéré jusqu'à présent 2% seulement de nos archives. Les 98% restants sont entre les mains des Français», a-t-il précisé.
M. Tayeb Zitouni a mis l'accent sur la nécessité de récupérer toutes les archives même celles classées secrètes pour pouvoir régler les questions liées aux disparus durant la guerre de Libération et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires. «Ce sont des dossiers fortement liés. Nous ne pouvons pas régler l'un sans l'autre. Il faut se référer aux archives nationales pour pouvoir indemniser les victimes des essais nucléaires», a-t-il expliqué.
Le ministre est revenu à la même occasion sur le sujet des disparus pendant la période coloniale, soulignant que les statistiques initiales au niveau du ministère des Moudjahidine font état de l’existence de plus de 2.000 disparus», et le processus se poursuit en dépit du fait que la France tente de présenter des chiffres inférieurs , a-t-il dit.
Amené à s’exprimer au sujet de la restitution des cranes de résistants algériens du début de la colonisation française, dont les restes mortuaires sont au Musée de l’homme de Paris, le ministre a précisé que son département œuvrait actuellement en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour une "prise en charge optimale de cette question dont l'histoire remonte à plus d'un siècle". Le ministre a avoué ne pas être satisfait de l’histoire telle qu’elle est écrite actuellement et suggère aux historiens d’entamer l’écriture de la véritable histoire de cette période tout en mettant à leur disposition archives, témoignages, enregistrements, documents…
 M. Tayeb Zitouni  a précisé dans cet ordre d’idées qu'à travers l'écriture de l'Histoire, les nouvelles générations seront "davantage imprégnées" de la Révolution de Novembre 1954, laquelle demeure «une des grandes révolutions qu'a connues l'Histoire de l'humanité».
En ce sens, le ministre s'est dit «satisfait» du travail effectué jusque-là, dans la mesure où, a-t-il ajouté, plusieurs moudjahidine qui étaient «récalcitrants» ont accepté de livrer leurs témoignages, alors que d'autres se sont mis à rédiger leurs mémoires.
Pour M. Zitouni, il y a une certaine prise de conscience quant à l'écriture de l'Histoire et ce, à la faveur des mesures prises par le ministère des Moudjahidine, en dotant notamment chaque musée au niveau national d'un conseil scientifique, qui sera appelé à organiser des séminaires et rencontres sur l'Histoire et la Révolution. Il a également indiqué que son département a signé des conventions avec plusieurs ministères pour recueillir et écrire les témoignages des anciens moudjahidine, ajoutant que des films-documentaires et des témoignages-vidéo, ainsi que des ouvrages, sont réalisés au niveau des wilayas et remis à la Télévision algérienne.
 Salima Ettouahria

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