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Le ministre des Affaires Religieuses et des Wakfs : « Revenir au référent religieux national »

Revenir au référent religieux algérien est une préoccupation essentielle du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, a déclaré, hier, le premier responsable du secteur, M. Mohamed Aïssa.

PUBLIE LE : 15-06-2016 | 23:00
D.R

Revenir au référent religieux algérien est une préoccupation essentielle du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, a déclaré, hier, le premier responsable du secteur, M. Mohamed Aïssa.

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, qui s’exprimait sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, a souligné que ce référent jaillit, en fait, de l’islam ancestral et que celui-ci a «toujours été modéré, au service de la société». En effet, le référent religieux algérien est conforme à la sunna authentique. Cela dit, avec l’invasion de plusieurs courants ces dernières années, peut-on considérer aujourd’hui  qu’on s’est éloigné de ce référent religieux national malikite modéré ? En réponse à cette question, M. Mohamed Aïssa affirme que le référent religieux national a ses «jalons». Poursuivant ses propos, il ajoute : «Il faut reconvaincre les Algériens qu’ils disposent d’un précieux legs, qu’ils appartiennent à quelque chose.» Et d’insister : «Nous avons un héritage et il est inconcevable de jeter cet héritage tellement riche ; un héritage qui mérite beaucoup d’intérêt et qui unifie actuellement la civilisation humaine autour du référent de l’esprit de Cordoue».
M. Mohamed Aïssa relève cette obligation de ne pas dénigrer ce référent, et «d’y revenir. Ce qui inclut une démarche que nous engageons. Il s’agit d’une réforme profonde, d’un effort  intellectuel. C’est pourquoi nous interpellons, à chaque fois, dans notre ministère l’élite intellectuelle et l’élite savante pour qu’elle participe dans ce travail laborieux et civilisationnel très  important pour l’Algérie», soutient le ministre.
Dans l’objectif de défendre l’islam algérien, Mohamed Aïssa dit qu’il faut, d’abord, «reconnaître ses principes» ; des principes qui reposent sur notre histoire culturelle et sur les approches de nos aïeux, nos ancêtres savants de l’islam, lesquelles portent sur le fiqh (jurisprudence). Aussi, «la composante de ces approches ne peut être contenue par une récitation ou une mémorisation. Il s’agit d’avoir des institutions», note le ministre. Aujourd’hui, les publications pour défendre ces référents existent. En effet, le ministère, et en réponse à ce souci, a engagé, en 2015, un énorme travail de base en publiant 86 œuvres relatives à l’effort algérien en matière  d’interprétation du Coran et des approches religieuses. Pour encadrer cet effort, les personnes incarnant le référent religieux national sont nécessaires, voire indispensables, au niveau des institutions.

Vers la création prochaine de «Dar El-Ifta»

Dans ce contexte, le ministre revient sur l’annonce relative à la création prochaine de «Dar El-Ifta», une haute instance religieuse devant voir le jour prochainement.
Il s’agit, explique le ministre, d’«une académie qui extrapolera l’ensemble des savants algériens ainsi que tous les spécialistes de jurisprudence, les exégèses du saint Coran qui seront en mesure d’aider la société algérienne à revenir vers son référent religieux national». D’autre part, poursuit-il, et aux fins «d’immuniser toute cette construction, nous avons envisagé la création d’un observatoire qui défendrait le référent religieux national en s’attaquant aux dérives sectaires et à l’extrémisme religieux, et ce par une approche intellectuelle». Ces instruments à même de faire barrage à l’extrémisme religieux ont déjà été engagés auprès du gouvernement, fait savoir M. Mohamed Aïssa. «Nous attendons les avis des ministères et nous avons déjà reçu un feed-back très positif concernant cet observatoire et avec des propositions, de surcroît. Nous sommes en train de réécrire notre projet pour qu’il soit accepté une fois pour toutes», a-t-il indiqué.
Partant de là, M. Aïssa a affirmé que «l'Algérie a excellé en matière de dé-radicalisation, dont la première lutte a été faite par les armes durant les années 1990, avant l'avènement de la charte pour la réconciliation et la paix qui a permis d'apaiser les tensions et permis aux imams formés à dé-radicaliser les jeunes et ceux qui ont été influencés par les idées extrémistes», a-t-il affirmé.         
 Le ministre a relevé que l'Algérie «fait toujours face  à la menace de l'extrémisme religieux et les dérives sectaires», précisant que son département collabore avec les services de sécurité pour luter contre ces menaces.         
 Il a fait état, à ce propos, de «tentatives d'invasion et d'intrusion de sectes qui essaient de prendre pied en Algérie». «Ces tentatives ont été détectées de l'extrême-est à l'extrême-ouest du pays, menées par toutes les sectes qui existent dans le Moyen-Orient, et qui veulent déstabiliser le pays intellectuellement, après l'avoir tenté sur le plan sécuritaire», a-t-il indiqué. Il a fait savoir que «l'Algérie ne veut pas d'une guerre sectaire, et ne veut ni de l'ahmadisme, ni du chiisme, ni du wahhabisme», considérant que ces idéologies sont étrangères au patrimoine religieux algérien, les qualifiant  de «colonialisme d'un autre niveau». Il a rappelé, à cette occasion, l'appel du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au peuple algérien à être vigilant face à des «tentatives  de division de l'Algérie sur une base sectaire et rituelle».
Remarque importante, l’accord des pouvoirs publics pour la mise en œuvre de ces instruments de lutte contre l’extrémisme religieux est attendu vers la rentrée sociale, selon le ministre.
Soraya Guemmouri

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