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Enseignement supérieur dans la région MENA : Quelle mode de gouvernance pour l’université ?

Le nombre d’étudiants algériens a connu une hausse de 289%, entre 2000 et 2015. Cette courbe ascendante est enregistrée également pour le nombre des enseignants, passant de 17. 460 à 53.622.

PUBLIE LE : 01-06-2016 | 0:00
Ph : Wafa

Le nombre d’étudiants algériens a connu une hausse de 289%, entre 2000 et 2015. Cette courbe ascendante est enregistrée également pour le nombre des enseignants, passant de 17. 460 à 53.622.

Universitaires, politiques et experts du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont relevé, hier à Alger, la nécessité d’identifier les moyens pour améliorer la bonne gouvernance et la qualité universitaires. À l’ouverture de la 5e conférence régionale portant sur l'amélioration de gouvernance et de la qualité dans l'enseignement tertiaire, Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a indiqué, de prime abord, que l’Algérie partage nombre de paris et de défis avec les pays de la région, liés à l’amélioration du système d’enseignement et de la recherche afin d’accroître la compétitivité et l’employabilité des diplômés, dont l’afflux ne cesse d’aller crescendo. Cette conférence, placée sur le thème «Changement de paradigme dans l’enseignement tertiaire», comme le rappelle le ministre, est un «espace de réflexion, de dialogue, d'échange et de coopération» entre les différentes composantes de la famille universitaire nationale et de la région MENA, pour évaluer les expertises et les expériences de chacun.
Entre 2000 et 2015, souligne le premier responsable de l’Enseignement supérieur, «le nombre d’étudiants algériens a connu une hausse de 289%. Cette courbe ascendante est enregistrée également pour le nombre des enseignants, passant de 17.460 à 53.622».
Pour le ministre, «ces chiffres et statistiques ne doivent pas cacher l’intérêt de son département à la gouvernance et l’employabilité». La décision ayant permis aux universités algériennes de participer au programme de «la carte de la gouvernance universitaire», initiée par la Banque mondiale, est fructueuse, à plus d’un titre. Cette carte d’identification axée sur la qualité, le management de l’université, son ouverture sur l’environnement social et économique, son financement et l’audit, «a permis à 22 universités algériennes de se positionner par rapport à ces critères». Pour le ministre, ce programme vient à point nommé pour «nous permettre de réformer le secteur, le moderniser et consolider la qualité d’enseignement». Il explique que les réunions cycliques qu’organisent la Banque mondiale faciliteront l’adaptation aux nouvelles pratiques du terrain, la formation de la ressource humaine des universités.

L’État débourse 20 millions de centimes/an pour chaque  étudiant

Dans son allocution, M. Hadjar revient sur la thématique choisie pour le symposium d’Alger, laquelle s’articule autour de quatre problématiques : comment affronter le défi démographique et la gestion des flux ? Comment les gouvernements et universités feront-ils face aux nouveaux défis ? Quelle méthode choisir pour intégrer la compétence, la gouvernance et l’employabilité des diplômés dans un projet de société ? Le ministre indique que les difficultés liées à la comptabilité entre enseignement et employabilité impose aux pays du MENA, la mise en place de mécanismes d’intégration économique destinés aux nouveaux diplômés.
Une formation qualitative, relève le ministre, «ne sert pas uniquement à former une ressource humaine compétente, mais aussi un atout décisif pour la paix sociale». À propos du coût élevé de l’enseignement, le Mesrs annonce qu’un étudiant coûte 20 millions de centimes/an à l’État algérien. D’où la nécessité de «diversifier le financement» de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, M. Hadjar souligne qu’à terme, «on s’acheminera vers l’universalisation du système d’enseignement».

5.000 enseignants étrangers ont visité l’Algérie en 2015

S’exprimant, lors d'une conférence de presse animée en marge de cette rencontre, M. Hadjar a indiqué, en réponse à une question sur  la mobilité des étudiants et des enseignants, que quelque 2.500 enseignants et chercheurs algériens ont visité des université de 64 pays en 2015, et que  près de 5.000 enseignants étrangers ont visité l'Algérie durant la même année. Abondant en termes de chiffres, le ministre fait part de la signature, par l’Algérie, de 1.560 conventions interuniversitaires. À une question liée à l’éventualité de voir le secteur privé gérer des universités algérienne, le ministre répond : «La loi le permet, à condition de remplir les exigences du cahier des charges.» De son côté, le responsable de la Banque mondiale, Shantayanan Devarajan, relève le paradoxe des universités du MENA qui jadis alimentaient les meilleurs universités mondiales par de brillants étudiants, avant de ne vivre de nos jours une faiblesse en matière de formation. «Seule une université du Men, dit-il, figure parmi les 500 meilleures soumises au classement mondial.»
Il convient de préciser que la conférence est organisée conjointement par le ministère de l'Enseignement  supérieur et de la Recherche scientifique, et de prestigieux organismes, tels que la Banque mondiale et le Centre pour  l'intégration en Méditerranée (CMI), ainsi que d'autres experts internationaux et partenaires, notamment British Council, l'UNESCO et l'Association des universités arabes.
Fouad Irnatene
 

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